‹ Le ménage du pasteur NaudiéChapitre 82 sur 126 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

sont point pour les hommes de voire état! Il me ^emble que je lis dans les journaux : « Un drame affreux vient de se passer à La Rochelle.. M. le pasteur Naudié... » Regardez-vous dans la glace, mon ami : comment voulez-vous que cela nous arrive? Alors, que vous reste-t-il?...

Et, d'un ton d'ami sérieux qui donne un bon conseil :

— 1\ vous reste à demeurer fidèle à vous-même, à votre état, à votre caractère... Voilà!

Sur ce mot, elle sortit, sans hâte, en passant devant lui.

Les dures paroles de Jane firent s'envoler d'un coup les dernières illusions de M. Naudié. Leur cruelle franchise avait déchiré son optimisme : il voyait clair maintenant dans son cœur et dans sa destinée. Il connaissait son mal ; il savait que, d'une heure à l'autre, il pouvait se trouver aux prises avec la pire des certitudes, trahi ou abandonné. Et l'homme qui saignait à cette abominable pensée, ce n'était point le sage pore de famille, respectueux des règles, attaché par les liens de l'éducation, du caractère, de la profession à un ordre dont la rupture lui eût semblé une honte plus encore qu'un malheur. C'était l'autre homme, de chair et de sang, qui subsiste sous le vernis des traditions et des mœurs, toujours pareil à lui-même pour se cabrer sous la douleur. Un rapide examen de la situation, entin reconnue dans sa réalité, le persuada bientôl qu'il n'y trouverait, par lui-même.

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