TROISIÈME PARTIE
appui, quel appui pourrais-je vous prêter? et que puisje faire?
— Parler à votre fils, dit M. Naudié en hésitant beaucoup... ou bien à votre mari, peut-être...
— Oh ! mon mari ! ces choses-là ne sont pas de son ressort !
Elle parut hésiter :
— Henri... peut-être... si vous le désirez expressément, cher monsieur?
— Vous ferez ce que vous croirez devoir faire, conclut M. Naudié.
Il la quitta découragé, une flèche de plus dans le cœur.
Au pas ralenti de leurs chevaux, Henri et Jane suivaient la route droite et dépouillée qui ramène de La Pallice. Ils l'avaient choisie plutôt que le chemin plus pittoresque qui longe la côte; car, sous un ciel encombré de nuages, la mer dégageait une tristesse qui les avait gagnés. D'une teinte de fer, morne dans le silence du vent, elle s'enveloppait de brouillards que coupait seulement la ligne noire de la digue avec la tourelle, noire aussi, dont la cloche avertit les marins ; et elle faisait mal à voir, son calme sinistre semblait plus menaçant que des orages. Sensible à l'excès aux impressions de nature, Honri fuyait ce spectacle, qui cependant avait sa beaulé. C'est pour l'éviter qu'ils se trouvaient ainsi sur le grand chemin — non plus gai, certes, dans sa nudité, parmi les champs vides ou coupés de laides maisons, mais œuvre des hommes, portant la marque apaisante de leur médiocrité, n'ouvrant