‹ Le mendiant ingrat:Chapitre 29 sur 109 · De Gourmont, tu me désenchantes · texte numérisé non relu

De Gourmont, tu me désenchantes

Impossible, je crois, d'aborder avec cet homme les points élevés. Spirituel, assurément, et doué, croirait-on, de quelque générosité intellectuelle, il n'aime pas TÂbsolu et déclare n'apercevoir aucun objet digne d'enthousiasme. A propos de mes contes, il me reproche ma dureté pour les Allemands, qu'il ne juge pas inférieurs aux Français. La supériorité de racCy évidemment, n'existe j||l pas plus pour lui que la présence réelle de Dieu dans les événements humains. Il parle des Slaves qui noieront Germains et Latins, et des Chinois qui noieront le monde entier. Opinion dont l'extrême banalité me surprend et me déconcerte.

Ma femme lui dit, alors : — Vous êtes pour l'évolution et Léon Bloy est pour le miracle.

Délimitation précise qu'il ne parait pas comprendre.

Enfin, ce ne sera rien de plus, j'en ai peur, qu'une amitié quelconque. Tant pis!

De Gourmont a été trop l'ami de Huysmans. Il a gardé, non seulement la plupart de ses points de vue, mais encore quelques-uns de ses gestes.

Quand on sait de quel néant Huysmans est le tabernacle, c'est à faire peur.

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