Mol décisif de mon éditeur Ghamuel
— La bicyclette tue le livre.
(1) Sans réponse et sans effet. N'avais-je pas écrit au même, le mois précédent, que «J'ignore éternellement la politique » t
22. — Une chrétienne me dit ceci : — Il est nécessaire d'avoir un mari pour être vierge.
A quoi je réponds, avec toute l'Eglise : — La virginité intégrale est en proportion du désir surnaturel de la maternité. C'est à force d'être Mère de Dieu, que Marie est parfaitement Vierge.
A une jeune Scandinave catholique, amoureuse d'un juif converti :
« Je ne vous félicite pas de votre choix, pauvre flllo... Dès Torigine, la Race juive a été séparée des autres races humaines, si profondément séparée et mise en réserve pour les Desseins ultérieurs, que le mélange avec les Juifs a toujours été regardé, chez tous les peuples, comme une sorte de sacrilège.
» Si vous désirez devenir la femme d'un Juif, même convertit vous vous exposez à une malédiction effrayante, et je vous le dis de la part de DieUj — malgré Tavis do tous les prêtres lâches ou imbéciles que vous pourriez consulter. »
25. — Mise en vente de mes Cochons et assassinat de Carnot, poignardé, hier soir, à Lyon...
Suite de mon destin. La mauvaise fortune est acharnée au point de ne pas reculer devant l'assassinat d'un Président de république, pour me priver d'un succès possible.
26. — Je sonne longtemps chez Tailhade, la concierge m'assurant qu'il est chez lui et m'en donnant une indubitable preuve. Déterminé à pousser l'expérience jusqu'au bout, je vais rôder sous l'Odéon et je reviens, une heure après.
Nouveau carillon. A la fin, une femme à moitié nue entr'ouvre la porte et me déclare qu'il est sorti. J'en conclus qu'il doit être au pays du Mufle. (1).
Cet homme n'a pu trouver le moyen de venir chez moi, depuis cinq semaines qu'il s'est évadé de son hôpitaL
^ A un ami, entrepreneur de maçonnerie, qui s'est inexplicablement éloigné :
« Mon cher ami, La brochure que vous recevrez, en même temps que cette lettre, vous apprendra exactement de quelle manière j'ai dû quitter le Gil Blas^ si vous ne le savez déjà.
» Voulez-vous chercher pour moi, dans n'importe quel bureau ou chantier, un emploi quelconque ? Le moment est venu d'oublier que je suis un artiste, un
(1) L'un des plus vils insulteurs de Laurent Tailhade, lorsqu'il agonisait de sa blessure et que, seul contre tous, je pris sa défense, fut Edmond Lepelletier.
Récemment, Tailhade le nommait « cher et vénéré Maître », dans des chroniques, laborieusement imitées de moi, que tout le monde a pu lire.
écrivain, et de me souvenir que j*ai le devoir de nourrir les miens. Les privations qu'on endure, depuis deux mois, ne peuvent plus être supportées.
»» J'acœpterais donc n'importe quoi, fût-ce une besogne à*homme de peine^ plutôt que de voir périr ceux qui m'ont été confiés.
» J'ai compris, il y a plus d'un an, que vous ne désiriez plus nous voir et je me suis résigné, comme j*ai pu, à cette injustice envers de très-pauvres gens qui ne vous avaient jamais offensé.
» Mais j'espère que vous retrouverez votre âme pour me rendre ce dernier service qui doit vous être facile. Songez qu'il y aurait une véritable cruauté à ne pas me répondre, que les trois sous qui vont affranchir cette lettre représentent un grand effort, et que votre réponse ne pourra jamais venir assez tôt.
» LÉON Bloy. »
27. — Envol d'un de mes Cochons à Remy de Gourmont : « Souvenir d'Un qui se plaît à crever de faim ».
Station d'une heure, à la terrasse du premier café venu, pour voir défiler une multitude fiévreuse et folle, en deuil fictif de Carnot, et en liesse contestable de l'électionHle Casimii^ Périer, qui vient de se faire. Foule ignoble.
28. — Réponse de l'ami d'avant-liîer. Polie et glacée. Il se déclare « désolé » de ne pouvoir
Digitiz.ed by VjOOQIC
m'être utile. On ignore trop combien l'existence de certains hommes est saturée de désolation.
Rien ne fut plus beau que Télan de celui-ci, qui vint à moi comme un frère, il y a trois ans, et je ne saurai, sans doute, jamais, les raisons qui le déterminèrent à me fuir. La misère est comme le Diable. Quand elle a fait un captif, elle Tenvironne d'excréments.
30. — Le Temps est l'Incarnation de l'Eternité. Idée de Jeanne.
Achevé le second poème des Vendanges :