Venez demain, me dit un bienfaiteur
Demain, seulement, je ferai ce que vous me demandez. Assurément, je n'ai pas le droit de me plaindre, puisque je suis un solliciteur, un mendiant^ et qu'on se croit si sûr de ne pas me devoir la chose que je sollicite. Pourtant, on se gène vraiment très-peu pour me faire revenir de si loin, me sachant pauvre et dans l'angoisse. Quand donc m'habituerai-je à ne compter sur aucun homme?
Il eût été, je crois, bien facile à celui-ci de faire
nir de leur Loi, en sont à ce point, de croire honorer leurs morts, en leur appliquant un rite altéré de lapidation et d*anathème. LapidibxM opprimet eum omnis mtUtitiuio, etc. Equivoque terrible et surnaturelle l
aujourd'hui ce qu'il veut faire demain, et il ne m'aurait certainement pas condamné à revenir, si j'étais un scélérat ou un millionnaire imbécile. Mais je suis un artiste pauvre. Seigneur ! donneznous la Tète de Jean, in disco.
Exécution, à Laval, de l'abbé Bruneau, prêtre voleur et libertin, condamné pour meurtre, après un scandale énorme. Jusqu'au dernier moment, il s'est dit innocent de l'assassinat pour lequel on l'a guillotiné, — ce qui est possible, après tout. Je songe à ce que je pourrais écrire, si j'avais un journal. Abomination d'une loi athée frappant un prêtre que l'Eglise seule a droit de juger et de punir !
31. — Illumination par les Psaumes. D'abord, quelques rares et faibles points lumineux dans l'immensité, puis, un grand nombre, une multitude inconcevable, — la clarté d'un seul flambeau passant à mille autres, — enfin la conflagration, l'embrasement universel !
SEPTEMBRE
2. — Saint Lazare (Diocèse de Paris). «Jésus diligebat Martham, et sororem ejus Mariam, et Lazarum », c'est-à-dire la Foi, TÂmour et TEspérance. Or TEspérance est morte, depuis quatre jours, et Jésus pleure^ parce que TEspérance est au tombeau, parce qu'elle pue déjà. Pour qu'elle revive, il faut qu'on enlève la Pierre.
Lacrymare, o Jesu, et magna voce clama :
Lazare^ ueni foras.
On voit, parait-il, à New-York, un gentleman mécanique, lequel se promène par les rues, avec toutes les apparences d'un vrai homme. Il salue, monte en omnibus, paie sa place, articule quelques mots et fonctionne ainsi, de manière irréprochable, un certain nombre d'heures.
Le journaliste qui m'informe, trouve cela très-
rigolo, et ne comprend rien à Thorreur noire dont me pénètre son récit. J'imagine une grande yille peuplée de pareils fantômes !...
3. — Jeanne me dit : — Quand on quitte le monde, on n'est jamais seul. On n'est seul que quand on est quitté par le monde»
4. — Petit succès de mon Crétin des Pyrénées. Quelques journaux graves me réprouvent. Il parait que j'ai visé juste.
5. — On parle du manque d'argent qui empêche certaines âmes de se retirer du monde.
Réponse de ma femme : — Il n'y a d'obstacles ni du côté de la pauvreté, ni du côté de la richesse. La vérité, c'est que, riches ou pauvres, tous ont horreur de la solitude.