‹ Le mendiant ingrat:Chapitre 73 sur 109 · Journée de torture · texte numérisé non relu

Journée de torture

Lu, dans le FigarOj un interminable récit de la mort du Comte de Paris, par Mgr. d'Hulst. Ce valet, d'ailleurs imbécile, étonné de la grandeur d'âme de son prince, n'hésite pas à le comparer aux plus grands saints et affirme sacrilègement

que la Comtesse, au lit de mort de son admirable époux, ressemblait à la Vierge au pied de la Croix I

La platitude inexprimable de ce récit a donné à mon mépris général pour les catholiques modernes, les ailes du condor.

27. — Avant-hier, une personne qui avait eu l'imprudence de recommander Henry de Groux a été frappée de la foudre, aussitôt après. On vient de l'enterrer aujourd'hui.

Voir ma lettre du 17 Juillet.

Le même de Groux m'apprend que le médecin extraordinaire qui avait réussi à le remettre sur pied, ^^t empoisonné lui-même par imprudence, et que st iport a été quelque chose de diabolique.

Qu'il le Yftuille ou non, qu'il le sache ou qu'il l'ignore, chaque homme est forcé, à tout instant de sa vie, de d^arer la mort de Jésus-Christ. Celui qui achète un pain, annonce la mort de Jésus-Christ.

— Je ne puis donner la goutte de Sang par laquelle je suis sauvé, mais voici une pièce d'argent qui est son signe représentatif, et c'est parce que Jésus-Christ est mort, que cette pièce d'argent a le pouvoir de payer le morceau de pain qui va me nourrir. Ainsi de toutes choses.

29. — Le Texte sacré n'est pas obscur, mais mystérieux. Le Mystère est lumineux et impénétrable. L'Obscurité est essentiellement pénétrable, puisque l'homme peut s'y engloutir.

30. — A force de souffrir, j'ai comme un voile noir sur les yeux...

Jésus ne peut rien pour ceux qui souffrent avec lui. Avant que vienne sa Gloire, il ne peut, — et cela est une ironie divine qui fait peur, — il ne peut secourir que ceux qui n'ont pas besoin de secours, c'est-à-dire les heureux du monde. A ce titre, il est, dans un sens redoutable et profondément caché, Vami des bourgeois, lesquels ont horreur du Saint-Esprit.

Or, les malheureux sont le troupeau lamentable du Paraclet, de qui nul n'est aussi proche que Jésus lui-même, puisqu'il est VHomme des douleurs. Les pauvres et les désolés ne peuvent donc espérer, quant à présent, aucun secours de ces deux Captifs effrayants, cloués l'un à l'autre.

Il ne reste plus que le Père...

OCTOBRE

l*'. — Le chagrin me suffoque... Tant de menaces accumulées ; tant de déceptions, depuis tant d'années; l'opiniâtreté diabolique de ma mauvaise fortune ; ce climatérique septembre dernier, dont j'avais tant espéré, dès le premier jour, et qui m'a déçu; ces joies même de la Prière qui m'ont été données avec abondance et qui ressemblent à une volupté stérile; tout cela me remplit l'âme d'horreur...

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