Journée affreuse. Une femme de ménage
(1) Quelqu'un s&it-ii encore, aujourdliai, que tel est le titre de mon premier livre, publié, en 84, et devenu introuvable? Je désignais ainsi Christophe Colomb, dont JMmplorais, — avec plus de huit cents évéques, — la Béatificaiion, par la Voie exceptionnelle et la volonté librement exprimée du seul Souverain Pontife.
Six ans après, à la veille de la mascarade universelle du Centenaire de la Découverte, je renouvelai, d'une manière plus pressante, les mêmes vœux inutiles, dans la brochure : Christophe Colomb devant les taureaux.
Après cela, comment s'étonner de mon destin ? C'est une chose étrange, mais incontestable, qu'il est extrêmement
LE MENDIANT INCRAT 403
horriblement soûle, tout à coup se manifeste insolente, à propos d'une chose de rien. Prétexte pour exhaler son âme fétide^ sa vieille âme d'esclave, remplie du démon d'envie et de je ne sais quels autres démons. Selon la coutume de ces salopes, elle ne parle que de s'en aller, devinant bien que nous sommes sans argent pour la prendre au mot et la jeter à la porte, à l'instant même. Forcés d'endurer cette excessive humiliation, nous ne pouvons que lui donner ses huit jours.
Huit jours! Est-ce possible? Deux heures, couverts de bave et d'ordure, nous nous regardons, comme les âmes endettées des morts, dans le Gouffre piaculaire. Dieu veuille ne pas renouveler souvent cette agonie! Enfin je cours chez mon admirable, et toujours fidèle ami, Eugène Grasset, qui me donne spontanément ce qu'il faut pour congédier l'infâme drôlesse. (1)
dangereux de s'occuper avec amour du Ghristophore, et que le discernement de cette figure colossale de TEsprit de Dieu, portant le Christ et porté lui-môme « sur les eaux », est la plus efficace et la plus ayant-courriôre dégustation des amertumes de la mort.
(1) J'ai le devoir de déclarer, ici, que Orasset, dont l'âme est encore plus haute que son art très-haut, fût, pendant des années, l'un des deux ou trois qui m'empêchèrent de mourir. Que ce Journal, enfin publié, lui porte donc l'assurance de mon étemelle ingratUude,