A Henry de Groux, parmi quelques autres choses
» ... Certes, je serais un ingrat, un insensé, de douter, une minute, de la vigilance infiniment attentive de Dieu sur nous ; je serais inexcusable de laisser la Tristesse noire investir la Tour des prodiges où la prière nous a retranchés. Je sais que nous vivons de la Main de Dieu, uniquement, et que nous n'avons rien à craindre. Mais cette certitude n'exclut pas la souffrance, et nous avons eu le cœur si meurtri I...
f» Ce matin donc, revenu de la première messe, où
j'avais prié pour un mort qui me fut très-cher, je sentais, avec angoisse, plusieurs plaies anciennes se rouvrir, lorsque votre lettre m'est arrivée. Rafraîchissement délicieux d'apprendre que vous aviez &it bonnement et simplement ce que je vous avais recommandé. Seulement il faut continuer, il est indispensable de vous établir, de vous incruster dans cette pensée que votre filleul André a le pouvoir de vous protéger et que c* est pour cela qu'il est parti.
w Vous savez, aussi bien que tous les docteurs, que le CShristianisme, c'est de souflTrir les uns pour les autres. EflTorcez-vous donc de bien comprendre ce qui s'est passé. C'est une belle histoire.
» Jésus déclare, dans l'Evangile de saint Jean, qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie poiu* ceux qu'on aime. Or, nous vous aimions beaucoup et il convenait qu'en une manière, cette loi fût accomplie par nous. Soyez parfaitement sûr qu'André Bioy a été conçu et enfanté pour que vous fussiez son parrain, et qu'il a disparu, bientôt après, pour que vous eussiez un filleul qui priât pour vous, aux pieds de Marie, dans la Splendeur. Votre âme valait cela.
M ... Vous le savez, votre filleul n'est pas mort, il est seulement endœ^mi^ comme a dit Jésus. Endormi d'un sommeil plein de cldrvoyance, dans le giron du Père des pères, avec tous les Innocents. Cet enfant est im saint, un bienheureux plein de lumière, plein de science, plein de puissance, plein d'agilité, semblable aux Anges...
f* Vous me devez de me croire, mon cher Henry,
car Dieu lui-même ne pourrait pas vous dire autre chose, et il est certain qu'en cette manière, nous avons été crucifiés pour vous.
« C'est moi-même qui suis la Vie »», prononce Jésus, au moment de ressusciter Lazare. «« Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée », dit-il à la bienheureuse Angèle de Foligno, lui parlant, un jour, du milieu du buisson sanglant de sa couronne. La Vie est sérieuse, vous l'avez compris.». Léon Bloy. »
La Yie de N. S. Jésus-Christ, par le D' Sepp, est certainemenC un livre profitable. A force de science et, sans doute aussi, d'humilité vraie, il rencontre parfois de beaux rayons lumineux, mais il n'esquive pas toujours recueil de l'interprétation morale ou sentimentale chère aux protestants. L'Absolu de l'Ecriture lui échappe.
29. — Deux choses profondément oubliées de tous les chrétiens, à peu près sans exception :
Primo. Nous avons le devoir de tout demander à Dieu.
Secundo. Dieu n'a rien à nous refuser.
Encore le D' Sepp. Ce bon docteur a des attaques de crétinisme. Il expliqué le miracle périodique de la piscine de Bethsaîda : « Angélus descendebat, et mouebatur aqua », par le bouillonnement de l'eau minérale !!!