‹ Le ménétrier, opéra-comique en trois actesChapitre 5 sur 62 · ACTE I, SCENE II. f · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. f

KRIFKRAFFEN.

Au nom de Tempereur et de son excellence Le comte Glukemberg, marquis de Finestrol, Gouverneur pour l'Aulriche, au pays du Tyrol, Ecoutez tous la présente ordonnance I

Les jeunes gens de ce pays Sous nos drapeaux dès demain sont admis. LiSBETH, à part.

Ah ! quelle horreur !

URBAIN

Quel esclavage .'

JEANNOWITZ.

J'ai penr... car j'ai peu de courage ! KRIFKRAFFEN.

Nul n*esl exempt !... hormis ceux-là qui, dans nos main^^ Pour obliger le fisc paieront trente florins.

(Le Major sort suivi des soldats.) URBAIN.

C'est un nouvel impôt !...

JEANNOWITZ.

Ah ! je ne tremble plus :

Car j'ai fort peu de cœur ; mais j'ai beaucoup d'écus !

ENSEMBLE

URBAIN, à part.

Lieux où s'écoula mon jeune âge,

Vous qui connaissiez mon seul vœu!

Adieu, mon pays, mon village, Adieu, Thérèse... oui, ma Thérèse, adieu! LISBETH, THÉRÈSE et LE CHOEUR.

Quoi.' pour la guerre et l'esclavage,

Pour servir nos maîtres... odieux,

Il faut donc quitter son village

Et les lieux où l'on fut heureux !

JEANNOWITZ.

Ils partent tous... quel avantage!

Pour mes amours quel sort heureux !

J'étais le coq de ce village,

M.e voilà seul ! c*est encor mieus^.

M) LE MENKTRIER.

(Les Tyroliens, hommes et femmes, disparaissent dam le vH-

lage par les montagnes du fond.

Cisbelh s'approche d'Urbain qui, la tête dans ses mains, s*ap-

puîe à droite sur la table. Thérèse, à gauche, «'asseoit wir

un banc et se met à pleurer.)

SCEINE 11 I.

LiSBETH, URBAIN, THÉRÈSE, à gauche du théâtre.

Eh bien! M. Urbain, qu'esl-ce que vous dites de vcela?

URDAiN, à gauche.

Je dis... que s'il lallait se battre pour son pays, pour ses montagnes , pour noire vieux duc .Albert ou pour quelqu'un de ses descendans, les vrais souverains du Tyrol , on prendrait le tnousquet avec plaisir... Mais aller se faire tuer dans quelque régiment autrichien... bien loin d'ici... abandonner cette pauvre Thérèse que j'ai recueillie, que j'ai élevée... et qui n'a d autre appui quemoi... Tenez, la voilà qui pleure.

THÉRÈSE, se levant et essuyant ses phurs.

Oui... parce que vous parlez, mon parrain, pas pour autre chose... (^ar, moi, avec la musique et les chansons que vous m'avez apprises... je trouverai toujours bien à gagner ma vie.

URBAIN

Et qui esl-ce qui te prolégera... contre un las de godelureaux comme ce Jeannowilz... tout-à-lheure... ^et imbécile avec son botiquet.

LISBETH

Que j'ai là.

URBAIN

Je le vois bien... mais, vous, mamzelle Lisbelh, c'est différent, parce qu'à l'auberge de l'Oar* Noir où

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