‹ Le mensonge chrétienChapitre 11 sur 55 · Salmon engendra, de Rahab, Booz. Booz engendra, de · texte numérisé non relu

Salmon engendra, de Rahab, Booz. Booz engendra, de

(1) La note qu'on trouvera plus loin, au verset 8 de la Généalogie selon Mathieu, est le résumé de celle qu'on lit dans le Nouveau Testa» ment approuvé par le Saint-Siège.

Ruth, Obed. Obed engendra Jessé. Et Jessé engendra David, roi.

6. David, roi, engendra Salomon, de celle qui fut femme dUrie.

7. Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abias. Abias engendra Asa.

8. Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Joram. Joram engendra Ozias (1).

9. Ozias engendra Joatham. Joatham engendra Achaz. Achaz engendra Ëzéchias.

10. Ëzéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon. Amon engendra Josias.

11. Josias engendra Jéchonias et ses frères vers la transmigration de Babylone.

12. Et après la transmigration de Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel.

13. Zorobabel engendra Abiud. Abiud engendra Eliacim, Eliacim engendra Azor.

14. Azor engendra Sadoc. Sadoc engendra Achim. Achim engendra Eliud.

15. Eliud engendra Eléazar. Eléazar engendra Mathan» Mathan engendra Jacob.

16. Et Jacob engendra Joseph^ époux de Maria, de laquelle est né Jésus^ qui est appelé christ.

Voici maintenant sa Généalogie par sa mère, la Maria Magdaléenne de l'Évangile :

Maria était fille d'Héli, qui fut fils de Mathat,

(1) « Ozias n'était pas fils immédiat de Joram. Joram fut père d'Ochozias, qui le fut de Joas ; et Joas eut pour fils Amasias, père d'Ozias. On a passé Ochozias» Joas, Amasias, et Joakim à cause de leur impiété, ou plutôt de l'arrêt prononcé contre la maison d'Achab, dont ils étaient descendus par Athalie, leur mère » (III Rois^ xxi, 21). Enfin telles ont été les suppressions faites qu'à partir de Zorobabel les générations jusqu'à Joseph se réduisent à neuf, alors qu'on en compte dix-huit dans Luc.

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24. Qui le fut de Lévi, qui le fut de Melchî, qui le fut de Janné, qui le fut de Joseph,

25. Qui le fut de Mathathias, qui le fut d'Amos, qui le fut de Nahum, qui le fut de Hesli, qui le fut de Naggé,

26. Qui le fut de Mahath, qui le fut de Mathathias, qui le fut de Séméi, qui le fut de Joseph, qui le fut de Juda,

27. Qui le fut de Joanna, qui le fut de Résa, qui le fut de Zorobabel, qui le fut de Salathiel, qui le fut de Néri,

28. Qui le fut de Melchi, qui le fut d'Addi, qui le fut de Cosan, qui le fut d'Elmadan, qui le fut de Her,

29. Qui le fut de Jésu, qui le fut d'Eliézer, qui le fut de Jorim, qui le fut de Mathat, qui le fut de Lévi,

30. Qui le fut de Siméon, qui le fut de Juda, qui le fut de Joseph, qui le fut de Jona, qui le fut d'Eliakim,

31. Qui le fut de Méléa, qui le fut de Menna, qui le fut de Mathatha, qui le fut de Nalhan, qui le fut de David,

32. Qui le fut de Jessé, qui le fut d'Obed, qui le fut de Booz, qui le fut de Salmon, qui le fut de Naasson,

33. Qui le fut d'Aminadab, qui le fut d'Aram, qui le fut d'Esron, qui le fut de Phares, qui le fut de Juda,

34. Qui le fut de Jacob, qui le fut d'Isaac, qui le fut d'Abraham, qui le fut de Tharé, qui le fut de Nachor,

35. Qui le fut de Sarug, qui le fut de Ragaii, qui le fut de Phaleg, qui le fut d'Héber, qui le fut de Salé,

36. Qui le fut de Caïnan, qui le fut d'Arphaxad, qui le fut de Sem, qui le fut de Noé, qui le fut de Lamech,

37. Qui le fut de Mathusalé, qui le fut d*Hénoch, qui le fut de Jared, qui le fut de Malaléel, qui le fut de Gaïnan,

38. Qui le fut d'Hénos, qui le fut de Seth, qui le fut d'Adam, qui fut de Dieu.

FALSIFICATION DES GENEALOGIES

Or on lit aujourd'hui dans Luc : « Le jésus était^ comme l'on croyait, fils de Joseph, qui le fut (THéli (1). » Voilà une adultération manifeste et qui rend les Généalogies respectivement incompréhensibles.

Avec une ascendance différente elles sont aujourd'hui celles d'un même individu, donc inconciliables. Joseph est fils de Jacob dans l'une (2) et d'Éli dans l'autre (3) ;. dans l'une il descend de David par Nathan, dansl'autre par Salomoi^. Il n'en a pas toujours été ainsi. L'auteur anonyme du Dialogue avec Tryphon a connu la généalogie originale qui faisait descendre Maria de- David par Éli et il l'allègue (4). Celse, au quatrième^ siècle, connaît une généalogie qui est indubitablement celle de Maria par Éli, et en effet Maria était fille d'Éli : d'où le^ pseudonyme d'Éli-Schabed qu'elle porte dans certains thèmes. C'est l'arbre que l'Église présente aujourd'hui dans Luc comme étant aussi celui d&

(1) Luc, III, 23. Ce verset débute par un mensonge qui en date la composition (quatrième siècle) : « Jésus^ dit le scribe, avait, quand il commença (de prêcher), environ trente ans. » Le jésus qui a existé en* chair av6Ût quarante-deux ans lors de ses débuts, comme nous le montrerons quand nous en viendrons à V Apocalypse qu'il a lancée sous le pseudonyme de Joannès.

(2) Mathieu, i, 1-17.

(3) Luc, IV, 23-38.

(4) xLvm, 100. Nous n'essaierons pas d'augmenter l'autorité de cet écrit en disant, comme le fait l'Église, qu'il est de Justin : ce serait un mensonge.

Joseph. Il en résulte que, privée de généalogie et devenue au choix épouse de Dieu ou de l'énigmatique « charpentier » qui répond au nom de Joseph, Maria cesse d'être fille de David, ce qui permet à TÉglise d'étendre à la mère le prétendu mystère de nativité qui enveloppe son premier-né : « Si la femme du charpentier, dit l'Église, avait été d'un sang si illustre, c'est-àdire si elle eût été la descendante des anciens rois des Juifs, elle ne l'aurait pas ignoré. (1) Or (je continue le raisonnement) comme, grâce à nos sophistications on ne sait plus que son père s'appelait Eli et était de sang royal, c'est qu'elle n'en savait rien elle-même. Ceux-là sont donc des imposteurs qui l'identifient avec Salomé descendante de David et femme de Jehoudda. »

C'est donc justement et équitablement — verè dig^ num etjustum est, œquum et salutare — que nous avons rendu à Maria Magdaléenne la généalogie rapportée dans Luc. L'Eglise moderne n'est pas loin de faire comme nous. Je ne parle pas de ces affreux modernistes qui perdent tout en croyant tout sauver, mais du Saint-Siège lui-même. « Il y a deux sentiments sur les généalogies, dit le Nouveau Testament, approuvé par la sacrée Congrégation de l'Index (2). Le premier tient que saint Mathieu a donné la généalogie de saint Joseph, et saint Luc celle de la sainte Vierge. Cette hypothèse semble plausible. » Il serait fâcheux qu'elle ne le fût pas, car dans le cas contraire le pauvre Joseph eût été hors d'état de nommer son père, et l'infortunée Maria hors d'état de nommer son beau-père. Mathieu

(1) Anticelse, ii, 32.

(2) Appendice f p. 773.

dit que c'était Jacob, et nous devons le croire, puisque son écriture est de Dieu. Luc dit que c'était Héli, et foi lui est due, puisque c'est Dieu qui tient la plume. Ainsi à tous les préjudices que l'Eglise cause à Jehoudda sous le nom de Joseph, il faut encore ajouter celui-ci : le malheureux ne savait ni comment s'appelait son père ni de qui était son premier-né ! Nous lui avons rendu rhonneur en lui rendant son nom de circoncision : son père s'appelait bien Jacob et son premier-né Jehoudda (1).

L'Empereur Julien qui sut tout sur « l'imposture et la fourberie des Evangiles » n'est pas dupe des généa-

(1) Nous ne croyons pas pouvoir priver le lecteur des commentaires que l'ensemble des généalogies inspire au Saint-Siège, et nous les rapportons textuellement, c Saint Joseph était, comme nous l'apprend FE- Tangile, de la tribu de David, et exerçait un métier pour gagner sa vie. C'était, d'après la tradition, le métier de charpentier. Il vivait à Nazareth, et c'est là qu'il épousa la sainte Vierge. Le choix que Dieu fit de lui pour être le gardien de la virginité de Marie et le père adoptif de Notre-Seigneur, nous montre quelle était sa vertu et sa sainteté. On ne sait pas à quelle époque il mourut, mais tout porte à croire que ce fut avant la vie publique de Jésus- Christ. — Marie, en hébreu Miryam, signifie probablement maîtresse^ dame^ de sorte que le titre de Notre-Dame, donné à la sainte Vierge, n'est sans doute que la traduction de son nom. Exemptée du péché originel par un privilège spécial, et destinée à être la mère de Dieu, elle devait dépasser en sainteté toutes les créatures. Son père fut saint Joachim, et sa mère sainte Anne. Elle était de la tribu de Juda et de la race de David. La tradition nous apprend qu'elle fut présentée à l'âge de trois ans au temple de Jérusalem et employée au service de Dieu. Elle épousa saint Joseph à Nazareth, où eut lieu le mystère de l'Annonciation. L'Évangile nous fait connaître sa visite à sa cousine Elisabeth, comment elle mit son fils Jésus au monde à Bethléem, s'enfuit avec lui en Egypte, habita avec lui à Nazareth, le perdit dans le temple de Jérusalem quand il avait douze ans, l'accompagna dans une partie de ses courses apostoliques, le suivit au Calvaire. Elle était avec les apôtres au Cénacle le jour de la Pentecôte. Elle habita ensuite avec saint Jean, que Jésus lui avait donné à sa place. Les uns la font mourir à Ephèse, les autres à Jérusalem. Elle rendit son âme à Dieu dans un âge avancé, et son corps fut transporté miraculeusement dans le ciel • L'EgUse honore ce mystère le 15 août, dans la fête de l'Assomption. »

logies sophistiquées. Il résulte de son argumentation que, de son temps déjà, on les avait terriblement brouillées pour ne plus rien y laisser qui rattachât tout ce monde à la maison de Lévi. « Jésus n'est 'point de Jud3L, puisque vous prétendez qu'il n'est pas né de Joseph, mais du Saint-Esprit. Et pour Joseph luimême, vous avez beau le rattacher à la généalogie de Juda, vous ne pouvez pas réussir dans cette imposture j et Ton prouve que Mathieu et Luc sont tout à fait en désaccord sur cette Généalogie. Gomme nous devons examiner avec soin Tauthenticité de ce fait dans le second livre, laissons-le de côté pour le moment (1). » Il va sans dire que Cyrille d'Alexandrie, de qui nous tenons ce passage transcrit, on peut en être sûr, avec la plus grande infidélité, ne revient plus jamais làdessus. Julien, ou plutôt Celse, prouvait dans le second livre de son ouvrage qu'outre sa prétention d'être de David, le père du jésus se disait surtout de Lévi, ce que l'Eglise ne voulait plus reconnaître, à cause des sacrifices sanglants institués par Aaron.

Etablissons d'une manière positive, irréfutable, la situation de chacun des époux au double point de vue lévitique et davidique.

Dans Luc Jehoudda, sous le nom de Zacharie, est de Lévi par Abia.

Nous ne trouvons qu'une seule personne de ce nom dont Jehoudda ait pu descendre, c'est Abia, fils de Samuel et juge d'Israël avec son père et Joël son frère dans Bersabée (2). Samuel était de la maison de Lévi

(1) Cyrille, Contra Julianum.

(2) Rois, I, vm, 2.

et descendant par Suph de Gaath (1). Dans ces conditions Jehoudda doit descendre d'Abia par Bethsabée, fille d'Éliam (2), qui aurait été fils d'Abia. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il est de Lévi et qu'il n'entre dans la maison de David que par Bethsabée. Il semble donc que Bethsabée fût de Lévi. Mais comment se fait-il, si elle est de Lévi, qu'elle ait épousé d'abord Urie, chef hittite qui certainement n^en était pas ? Bethsabée serait doublement adultère, une première fois pour s'être mariée hors de sa tribu et même de sa race, une seconde fois pour avoir copule avec David du vivant de son mari. D'où le nom de Sotada, fils de l'Adultère, donné à Jehoudda et qu'il ne méritait qu'à la condition de remonter à près de mille ans (3). ,

Lévitiquement Jehoudda descend par Suph de Gaath dont sa femme descend, de son côté, par Amram (4). Judaïquement il se greffe sur David par l'adultère de Bethsabée, Salomé par une des nombreuses concubines qui donnèrent à David dans Jérusalem les treize enfants dont parlent les Rois et dont fut Nathan (5). C'est l'adultère qui fait Jehoudda fils de David^ c'est le sérail qui fait Salomé fille de David. Nous défendrons l'honneur de Salomé à la fois contre l'Église et contre un parti qui a trouvé plaisant de l'accuser d'adultères répétés, on ne nous reprochera donc pas de chercher le scandale en fixant indiscutablement ces deux points. Il fallait montrer que si Jehoudda descendait de Lévi, il pouvait

(1) Rois, I, I, 1.

(2) Rois, II, XI, 3.

(3) Voir plus loin, p. 175, à l'endroit où nous tirons au clair les conséquences de cette accusation.

(4) Cf. plus haut, p. 54, verset 31.

(5) Livre II, v, 14-17.

être de David par Bethsabée et que si Salomé descendait, elle aussi de Lévi, elle pouvait être de David par la femme dont le roi eut Nathan.

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