LA. DATE EXACTE DE LA. NAISSANCE DU JESUS
L'Eglise déclare qu'il a été impossible jusqu'à présent de déterminer avec certitude la date de la Nativité. Si on l'avait cherchée, on l'aurait trouvée — a Cherchez et vous trouverez » est un précepte évangélique ; — elle est trois fois dans l'ApocaZypse, elle est chez Mathieu, elle est chez Luc. Dans la maison de Salomé comme dans celle de Jehoudda on conservait pieusement l'Apocalypse qui visait le premier fils à naître de leur conjonction. Son succès dépendait d'une opération arithmétique, une simple addition dont Jehoudda était maître avec la collaboration de sa femme et Taide de Dieu. Il y préluda en épousant Salomé dans l'année 739. Jehoudda considérait que, si par la chair il était le père de son premier-né, celui-ci préexistait dans l'idée de lahvé depuis le commencement des temps : en le produisant, sa femme et lui n'avaient été que les deux agents d'exécution mis en mouvement par la grâce.
L'année 739 était sabbah'que et jubilaire.
On appelait sabbatique la dernière année d'une période de sept années ordinaires, et jubilaire la dernière année d'une période de sept années sabbatiques.
Toute quarante-neuvième année à commencer de la Création était jubilaire.
L'année jubilaire était toujours doublée, de manière que par fractions de cinquante (le demi-siècle) et de cent (le siècle) le compte des temps restât toujours soumis à la mesure millénaire dans la main de Dieu. Pour les Juifs, qui suivent en cela les Ghaldéens, rester sur un impair, c'était la fin du monde. lahvé n'est pas seulement le Père, il est le Pair éternel.
Mais la double année 739-740 sortait du commun en ceci, qu'elle était, selon Jehoudda, l'avant-dernier jubilé du Millenium en cours. Le calcul des jubilés échu» depuis le temps que Jehoudda assignait à la Création du monde était dans Mathieu, il a disparu. Si on Teût laissé, les goym se seraient immédiatement aperçus que le Révélateur des destinées du monde s'était abominablement joué de ses contemporains et que le sauveur n'avait pu se sauver lui-même.
Mathieu compte six Jubilés de générations depuis Abraham jusqu'au Jésus, c'est-à-dire six génération» de sept générations. Nous ignorons de quelle durée il fait chacune d'elles et pourquoi, après en avoir compté quatorze d'Abraham à David pour une période approximative de âept cent cinquante ans, il en compte vingt-huit de David au jésus pour une période de même durée (1). On a donc touché à son texte. Mais, malgré la radiation de facteurs essentiels, on comprend que le dernier Jubilé de générations s'ouvre avec 739, qu'un Cycle de
(1) c II y a en tout d*Abraham jusqu'à David quatorze générations ; de David jusqu^à la transportation deBabylone, quatorze générations; et de la transportation de Babyione jusqu'au christ, quatorze générations. » (Mathieu, i, 17.)
mille ans, le Zachû^ se ferme sur Tannée 788, et que le premier jour de Tannée 789 verra la Grande Année dont la génération jubilaire 739-740 n'est éloignée que de sept fois sept ans.
Cinquante ans séparaient les Juifs du terme après lequel Dieu allait envoyer son Christ pour renouveler la face du monde, géographiquement par la suppression de TOccident, politiquement par la restauration de la monarchie davidique. C'est à la pâque ouvrant le Cycle du Zib que le sceptre, selon le dessein de lahvé et la prophétie de Jacob, rentrerait dans la famille pour n'en plus jamais sortir ; et c'est le fils aîné de Jehoudda qui du seul fait de sa naissance jubilaire se trouvait être fatidiquement le christ libérateur promis à la patrie, moyennant qu'il vécût encore à la pâque de 789.
C'est pour cela que dans l'allégorie de la Nativité selon Mathieu, les Mages viennent du fond de la Chaldée saluer Tenfant qui, d'après leurs propres calculs et leur expérience des cycles, a dû naître en Tannée 739, car vous n'admettez pas, j'imagine, que le Roi des Juifs rois de la terre pût naître en une année ordinaire ou simplement sabbatique (1).
(1) Sur la date de sa naissance nous avons par celle de sa mort une certitude en quelque sorte mathématique. Nous ne pouvons pas nous tromper. En effet, Bar-Jehoudda a été crucifié le dernier jour de Tannée 788 qui était à la fois sabbatique et Jubilaire, et à cette date il avait cinquante ans, ce qui est indiqué dans le Quatrième Évangile et confirmé par Johanan le Presbytre, irénée et toute la tradition d'Asie . D'autre part, nous savons par V Apocalypse où il produit lui-même, sous le pseudonyme de Joannôs, son thème de nativité' (la Nativité' du Jésus dans les Évangiles dits de Mathieu et de Luc, en est la reproduction et prouve Tabsolue identité des deux personnages), nous savons, dis-je, qu'il est né sous le signe du Capricorne, au solstice d'hiver de 730. Nous examinons en détail tous ces points au chapitre des Nali* vités et dans nos commentaires de V Apocalypse.
Ce n'est pas seulement un prophète que Jehoudda, c'est un sophiste (1) dans le mauvais sens, un homme habile aux feintes politiques, fécond en arguments captieux et en raisonnements charlatanesques, un homme qui entend exploiter son système. Si Jehoudda tient tant à ce que Dieu ait un Fils là-haut, c'est qu'il a un intérêt dans la combinaison.
Avant de venir, le Christ Jésus a oint dans la famille de David, dont est Jehoudda, un Précurseur chargé de lui préparer les voies et admis d'avance aux privilèges de la divinité. Ce précurseur ne mourra pas que Jésus ne vienne, donc il ne mourra pas du tout.
C'est Fenfant-christ, attendu par tous les Juifs, c'est l'héritier, le syndic de toutes les promesses. Dieu n'aurait pas menti ! Le Christ, à sa venue, lui donnera un corps de feu semblable au sien : de dieu stagiaire il en' fera un dieu définitif.
La Sibylle était d'accord avec Jehoudda sur le signe qui annoncerait le retour de l'âge d'or, de la vieille ère de Saturne rajeunie. Ce serait la Vierge^ et dans le temps même où Jehoudda appliquait à sa femme et à son fils les prophéties judaïques, Virgile appliquait les sibyllines à la femme d'Auguste et à Tenfant mâle que le peuple romain attendait d'elle, a Voici venir le dernier âge prédit par la Sibylle de Cumes : un nouvel ordre va naître des siècles épuisés ; c'est le retour de la Vierge et avec elle va revenir le règne de Saturne ; déjà du haut des cieux descend une race nouvelle. L'enfant qui doit bannir le siècle de fer et ramener l'âge
(1) Ainsi le qualifie Flavius Josèphe, le grand historien juif, que nous citerons souvent.
d'or sur Tunivers vivra de la vie des dieux, il verra les héros mêlés aux Immortels, ils le verront lui-même admis à leurs honneurs et il gouvernera Tunivers (1). » La grande autorité d'Élie vient de ce qu'il avait consigné la doctrine des Cycles millénaires dans des livres de prophéties qui, soit authentiques soit apocryphes, ont été au nombre des écrits connus parmi les anciens Juifs. Ce n'est point sans raison ni par caprice qu'on attendait Élie avant le jour du Jugement, c'est en souvenir de ses Révélations. « Elie reviendra, disait-on, c'est dans l'ordre. » Le prophète Jonas, je ne parle pas duNinivite, mais de celui qui était de Geth en Opher (2), Jonas n*avait guère pu prendre ce nom qu'à cause de Révélations analogues à celles d'Élie et peut-être assi. gnait-il au christ davidique le rôle d'avertisseur que certains Juifs retardataires assignaient encore à Élie. Dans le système de Jehoudda, le précurseur n'est plus Élie, c'est le christ davidique, c'est son propre fils. Élie n'a plus de place dans les préliminaires du Jugement : si on le revoit, et on le reverra^ ce sera au milieu des patriarches, à son rang avec Jésus. Quand les pharisiens qui l'attendaient iront au Jourdain demander à Bar-Jehoudda s'il est Élie, il répondra : « Je ne suis pas Élie. » En effet il le remplace.
(1) Virgile, la Quatrième Eglogue, L'enfant attendu fut une fille, mais ce n'est certes pas une fille que la Sibylle annonçait au monde, c est le Christ latin.
(2) Rois, 1. IV, XIV, 25.