‹ Le mensonge chrétienChapitre 17 sur 55 · LE MASSACRE DES INNOCENTS ET LA FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LE MASSACRE DES INNOCENTS ET LA FUITE EN EGYPTE

A la vérité, Bagoas avait commis d^autres fautes. Il était des six mille pharisiens qui refusèrent de prêter serment à Auguste.

On lit aujourd'hui dans Josèphe qu'ils tenaient en secret pour Phéroras contre Hérode, et Phéroras était frère du roi (i). Mais Hérode n*était pas tendre pour ceux qui conspiraient, surtout quand ils étaient ses proches. Or il a fait égorger les six mille, tandis qu'il a laissé à Phéroras le commandement de ses troupes et la vie. J*en conclus que ce n'est pas Phéroras que les six mille attendaient du fond de TOrient : il habitait Jéricho et n'annonçait aucune disposition pour régner sur l'univers.

Tel fut le Massacre des Innocents dont parle l'Évangile de Mathieu (2) : persécution des Juifs hérodiens contre les Juifs christiens, persécution entre frères, la

(1 C'est Texplication que l'Eglise a trouvée d'un événement qui aidait à comprendre le massacre des Innocents, et elle l'a glissée dans Josèphe. Le texte de Josèphe a été remanié en cet endroit et en vingt autres au cours du cinquième siècle.

(2) Mathieu, ii, Nativité.

plus cuisante de toutes. Les nouvesLU-nés que tua Hérode avaient tous des barbes de patriarches, mais par leur obéissance à la Loi ils étaient dignes de TÉden que le Christ allait rétablir en 789. (1) De près ou de loin Jehoudda, Cléopaset Ménahem avaient la main dans ce mouvement, Hérode n'eut pas de peine à l'y trouver. Le fils de Malthacé la Samaritaine, Antipas, l'héritier présomptif, dénonça les projets délirants que Jehoudda et Salomé nourrissaient pour leur fils aîné. Hérode le fit rechercher pour Tenglober dans le procès de sang qu'il fit à ses propres enfants et qui se termina par l'exécution des plus coupables ou des plus confiants.

Pris de peur, Jehoudda et Salomé se réfugièrent en Egypte, emmenant avec eux le petit christ âgé de sept ans, tandis que Ménahem, compromis dans le même mouvement, se réfugiait à Antioche (2).

Où emmena-t-on Bar-Jehouddaî A Héliopolis, dit une légende. Peut-être plus avant dans le désert. On reçoit de V Apocalypse l'impression qu'il a remonté le Nil jusqu'à l'endroit où la terre semble ouvrir la bouche pour l'avaler. Certes il ne s'agit pas des sources, mais nous sommes loin d'Alexandrie, où la terre ouvre la bouche pour le rendre. (3) Si l'on savait où habitait la famille de Joshua ben Peraïa, on saurait où Bar-

(1) Une dernière fois avant la mort d*Hérode, le zélotisme se réveilla en Jehoudda et en Mathias qui instruisaient la jeunesse de Jérusalem : à leur voix on arracha T Aigle d'or qu'Hérode avait fait placer sur la principale porte du Temple : Hérode fit brûler Mathias et Jehoudda, puis mourut.

(2) En ce qui touche Ménahem, c'est ce qu'on croit pouvoir conclure des Actes des Apôtres où Ton rencontre parfois des traits involontaires de vérité.

(3) Voir plus loin, p. 127.

Jehoudda a passé son enfance, a été initié aux mystères du ciel et de la terre, à cette Kabbale messianique dont son père est le représentant le plus achevé.

Le père kabbaliste de Jehoudda, c'est ce Joshua ben Peraïa que le Talmud associe à l'éducation de Bar- Jehoudda en Egypte. Si ce Joshua ne peut avoir été le maître du fils, il a été celui du père. Jehoudda a mené son fils dans la maison de Joshua, où sans doute il avait été lui-même. Leur Apocalypse, c'est du chaldaîsme macéré dans le Nil. « J'ai ramené mon fils d'Egypte », dit l'Evangile à propos de Bar-Jehouddà. C'est d'Egypte et de la maison de Joshua ben Peraïa que Jehoudda et son fils ont ramené l'idée du Dieu qui s'engendre luimême en la personne d'un Fils, c'est-à-dire le <c Fils de l'homme » sous la forme qu'il a dans leur Apocalypse.

Sozomène, historien de l'Eglise, rapporte qu*à l'arrivée du Jésus en Egypte, un arbre nommé Persis — lui aussi venait de Ghaldée — s'abaissa jusqu'à terre comme pour l'adorer. L'imposteur Athanase (1) dit qu'à la vue de ce Juif exorbitant les idoles et les simulacres s'écroulèrent. Il est vrai que les jésu-christiens d'Egypte, notamment ceux d'Alexandrie, ont souventes fois pillé, brûlé, saccagé les temples et renversé les idoles, voire les simulacres, mais ce ne fut point en ce temps-là. Par cet exemple à plaisir inventé Athanase encourageait ses troupes à renouveler dans leurs exploits le miracle qu'il attribuait au Maître.

Je vous dis que ces fils de Dieu ne descendaient même pas des bons singes !

;1) Patriarche d'Alexandrie, au fond lo premier pape.

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