‹ Le mensonge chrétienChapitre 29 sur 55 · UN MENAGE METAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

UN MENAGE METAPHYSIQUE

Voici maintenant la Nativité mise sous le nom de Luc.

Nul n'a jamais su qui était Luc.

Sa Nativité ne lui appartient pas plus que le reste. Toutefois elle est très ancienne, plus ancienne peut-être* que celle de Mathieu. Yalentin^ qui ne connaît pas Luc — ni Marc d'ailleurs ni le pseudo-Jean TÉvangéliste — connaît sa Nativité avec des détails, les allégories de Siméon et d'Anna, qui ne sont pas dans les autres- Évangiles.

Disons tout de suite qu'on distingue nettement deux Luc dans l'Évangile mis sous son nom, l'un qui avoue l'identité du Joannès et du jésus, l'autre qui a fait de Jésus par sa fausse Nativité au Recensement un être distinct du Joannès et qui par là est le véritable auteur de la superstition jésu-christienne. Nous n'aborderons-

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3e second Luc qu'après avoir épuisé le premier (1). Le Joannès a ici la très haute mine qu'il doit avoir. •C'est un premier-né dans la famille sacerdotale d'Aaron, dans la famille royale de David. Il est Nazir et il n'est pas de Nazareth. Avant de revêtir comme dans Marc et dans Mathieu son vêtement camélique et de se ceindre de cuir — pure allégorie d'ailleurs — le Joannès a pour demeure la maison de David; il a porté de beaux habits, étudié les Écritures, il est Rabbi (Maître) parmi les hommes (2). Luc est le seul qui lui ait conservé cette physionomie. Dans les autres Évangiles, le Joannès est victime de sa transfiguration en Jésus. On lui enlève sa double origine davidique, son père, sa mère, ses frères, ses sœurs, son naziréat, son corps même pour les donner à Jésus qui d'ailleurs n'en veut pas. On ne sait plus qui il est ni d'où il vient. C'est lui qui a l'air d'être descendu des cieux.

La Nativité selon Luc est un marivaudage dangereux pour qui ne connaît pas à fond la mythomanie judaïque. C'est encore le Songe de Joseph, mais combien compliqué, alambiquél

Avant de se présenter sous son pseudonyme de Joseph, Jehoudda paraît sous la figure de Zacharie le prophète. x\vant de se présenter sous son pseudonyme de Maria, Salomé paraît sous la figure d'Eloï-schabed,

La figure de Zacharie convenait merveilleusement à

(1) C'est pourquoi je laisse de côté pour le moment TAvertissement placé en tête du Prologue. Il est certainement de Luc II, et postérieur au Prologue lui-même.

(2) Le Talmud de Jérusalem (trad. Schwab), au traité Nazir, dit cpie le Nazir est entouré d'une vénération particulière ; il est « Maître parmi les hommes d.

Jehoudda et même elle ne convenait qu'à lui. Zacharie était avec Aggée le prophète de la reconstruction du Temple par Zorobabel. Or Jehoudda avait un frère qui s'appelait Aggée et il descendait de Zorobabel (1). Comme Zorobabel il avait eu sept enfants mâles, et il avait tenu, on sait avec quel zèle, pour le Temple tel que l'avait voulu Zacharie contre le Temple tel qu'Hérode l'avait fait. Enfin comme nous l'avons montré, Zacharie, dernier anneau de la chaîne des prophètes, est le seul qui annonçât la mission baptismale du christ davidique.

Toutefois nous pensons que Tévangéliste n'a nullement eu en vue le vieux prophète. Dans Zacharie il y a le Sachûrij père zodiacal du Zib et qu'il s'agit précisément de dissimuler sous une étiquette pour goym.

Quant à Eloï-schabed il n'y avait en Judée qu'une femme autorisée à prendre sa figure.

Eloï-schabed est la mère de Maria la Magdaléenne et vous savez assez que Maria est le pseudonyme évangélique de Salomé. Le jeu de mots qui se cache dans le nom d'EIoï-schabed est double. Eloï-schabed veut dire Serment d'Eloï, Promesse de Dieu, et depuis la mère de Maria, sœur de Moïse, personne dans l'histoire juive n'a porté ce grand nom. D'autre part, Salomé est dite fille d'Eli dans sa généalogie, en sorte qu 'Eloï-schabed, quand on orthographie Eli-schabed, veut dire Serment d'Eli.

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