y avait sous le règne d'Hérode (2), roi de Judée, un
(1) Revoyez, si vous le jugez bon, sa Généalogie dans Mathieu.
(2) Les quatre premiers versets sont occupés par l'Avertissement. Nous n'avons pas le noir. dessein d'en priver le lecteur. Nous les réser-
prêtre, nommé Zacharie, de la famille d'Abia, Tune de celles qui servaient dans le Temple, chacune en leur rang (i) ; et sa femme était aussi de la race d'Aaron, et s'appelait Eloïschabed.
Us étaient donc l'un et l'autre de la tribu de Lévi.
yons pour les mettre en tête de la fausse Nativité de Jésus au Recensement.
(1) Dans ces dernières années le Saint-Siège — car je ne me commets pas avec les hérétiques, moil — a remplacé le mot « famille ou sang » par le mot classe et on lit aujourd'hui dans la version otfîcielle que Zacharie était de la classe d'Abia, avec la glose que voici : « David avait partagé les prêtres en vingt-quatre classes ou familles, qui remplissaient les fonctions sacrées à tour de rôle dans le Temple, une semaine chacune, d'un sabbat à un autre sabbat. I Par., xxiv, 4 ; II Par.y VIII, 14 ; II Esd., xiii, 10. Zacharie appartenait à la huitième classe, qui était celle d'Abia. Nous ne savons, du reste, sur lui que ce que nous apprend TÉvangile. — Nous ne connaissons non plus d'Elisabeth que ce que nous raconte S. Luc. >
Je me suis donc reporté aux ParaVpomènes^ I, xxiv, 4, et j'y ai trouvé qu'en eEfet David avait partagé les prêtres en vingt-quatre classes, mais je n'ai trouvé ni qu'il existât un Abia, ni que cet Abia fît partie de la huitième classe. Du livre I, xxiv, 4, je me suis reporté au livre II, vin, 14, et j'y ai trouvé que Salomon avait tenu la main aux ordonnances de son père sur lu fonctionnement des classes, mais je n'y ai trouvé ni qu'il existât un Abia, ni que cet Abia fit partie de la huitiume classe. Du livre II. viii, li, des Paralipomènes^ je me suis reporté au livre II, xiii, 10, d'Ksdras, et j'y ai trouvé diverses choses d'un intérêt fort médiocre, étant donné (\\ï'û n'y existe point d'Abia et qui appartienne à la huitième classe. J'en conclus que cet Abia est une invention récente en tant qu'individu, et par conséquent c*estlui qui descend de Zacharie.
Au surplus par la Gr^néalogio de Jehoudda nous avons celle de Zacharie, et si nous n'y trouvons rien qui le rattache à Lévi, quoiqu'il fût prêtre au dire de Luc lui-mônic, au moins sommes-nous certains qu'il ne descend d'aucun Abia, lévite de la liuitième classe, puisqu'il est fils de David par Salomon (jui engendra Koboam, lequel engendra Abias. Conclusion : s'il ne peut descendre d'Abiu, fils d'Aaron, puisqu'Abiu n'a pas laissé d'enfants, c'est qu'il descendait d'Abia, fils de Samuel, lequel avons-nous dit, était de Lévi. On en est à un tournant de l'imposture jésu-christionne où Ton veut bien que Jehoudda ait été de Lévi sous le nom de Zacharie. mais où on ne veut plus qu'il en ait été sous le nom de Joseph. En ellet, dans la Généalogie actuelle, Joseph ne descend plus ({ue de Juda. Mais, comme dit l'empereur Julien déjà cité, on ne peut réussir dans cette imposture.
Outre leurs droits à Théritage davidique, Jehoudda et Salomé faisaient sonner bien haut leurs prétentions à celui de Moïse et d'Aaron. L'homme qui, dans l'Assomption de Moïse, consacre ses sept fils à Dieu est de la tribu de Léyi(l). Zacharie en est également. Quant à Ëloï-schabed, on ne peut être davantage de Lévi, puisqu'elle est la mère de Moïse, d'Aaron et de Maria la Magdaléenne.
6. Ils étaient tous deux justes devant Eloï(2), marchant dans tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur d'une manière irrépréhensible.
Dans le langage des Ecritures christiennes — rappelez-vous Mathieu — être juste, c'est observer la Loi sans défaillance : Circoncision, Sabbat, Sacrifices sanglants, Fêtes mosaïques. Droit d'esclavage, Exclusion ou pour mieux dire Excommunication des étrangers dans le mariage et à la pâque, nous en passons. Ils étaient donc en droit d'attendre qu'Eloï tint le serment qu'il avait fait à tous ceux qui garderaient ses ordonnances. Ce serment est à toutes les pages de la Bible.
7. Ils n'avaient point de fils, parce qu'Eloï-schabed était stérile, et qu'ils étaient déjà tous deux avancés en âge.
Ce n'est point parce qu'Eloï-schabed était stérile qu'ils n'avaient point de fils : Eloï-schabed aurait pu avoir des filles sans cesser pour cela d'être stérile au sens de Zacharie. Mais elle ne pouvait être qualifiée de
(1) C'est, avons-nous dit, Jehoudda. On en trouvera la preuve plus loin, au chapitre Apothéose de Jehoudda.
(2) El, Eloï, Elohim, Dieu. Le texte araméen portait certainement Eloï, coinuie dans le fameux Eloï^ lamma sabachtani, Seigneur, pourquoi m'avez-vous abandonné î
féconde qu'à la condition d'avoir un fils. Ce n'est pas une fille, c'est un fils que le prophète Zacharie avait annoncé et qui devait entrer dans Jérusalem, « chevauchant sur Tâne et sur le poulain, fils des ânesses » (1), appareil pacifique du conquérant après la victoire.
Il est très vrai d'ailleurs que Zacharie et Eloï-schabed étaient tous deux fort avancés en âge : Zacharie remontait à Darius. Quant à Eloï-schabed elle était beaucoup plus vieille encore, puisqu'elle était fille de Lévi et mère de Maria la Magdaléenne (2).
D'ailleurs n'oublions pas que c'est ici la Nativité du Joannès, jésus par le baptême d*eau, le seul article qui soit à l'actif de sa faillite au moment où écrit Luc. Les signes convertissables (3) jouent certainement un rôle essentiel dans l'allégorie. Leur incapacité de génération n'est qu'apparente et temporaire, elle va céder devant le signe de la Rénovation, les PoissonSy et devant celui de la venue du Christ, V Agneau. Éloï-Schabed est froide et rigide comme la polaire, Zacharie, triste et larmoyant comme l'Homme- Verseau, mais le Verseau est le précurseur des Poissons et les Poissons les précurseurs de V Agneau. Or le Verseau s'appelait, il vous
(1) Zacharie, ix, 9. C'est en exécution de cette prophétie que dans la christophanie évangélique, Jésus, parvenu sous les murs de Jéiiisalem, envoie les disciples chercher lâne et Tànon symboliques.
(2) Le Gelaleddin au ch. xix du Coran {Marie) dit que Zacharie était âgé de cent vingt ans et sa femme de quatre-vingt-dix-huit. Mahomet ne nomme pas Eloï-schabed. I^ln revanche, il ne nomme pas Joseph. Nous obtenons ainsi le couple Zacharie-Maria, qui à lui seul produit et Joannès et Ischa, nom sous lequel Mahomet désigne le jésus. Donc identité du Joannès et d'Ischa. Mahomet a pris ce nom d'Ischa aux Tschaïtes, Ischéens ou Jesséens, noms des premiers disciples de Jehoudda. Ischaï était le père de David. (V. la Généalogie dans Mathieu.)
(3) Jadis classés parmi les mauvais signes, ils allaient être convertis en bons par le baptême.
en souvient, Zachû (1) — dont les scribes ont formé Zachûri — comme les Poissons s'appelaient Zib, d'où ces mêmes scribes ont formé Zibdeos.