‹ Le mensonge chrétienChapitre 40 sur 55 · UNE LARME · texte numérisé non relu

UNE LARME

Mais au milieu de ces cantiques d'allégresse, et de ces chimères dorées, une toute petite phrase détonne par sa tristesse infinie. C'est comme un soupir de Thistoire, vite étouffé, mais plein de choses à faire pleurer. Le programme de la splendeur messianique a avorté ! Un glaive, un glaive à plusieurs tranchants et à plusieurs pointes, un glaive long de plus d'un demi-siècle, a « traversé le cœur de Maria I »

Quel passé de douleur et de larmes dans ces simples

(1) Par la bouche de Jehoudda, Apocalypse^ x, 6.

mots inscrits après coup sur les phylactères (1) du vieux Semeion ! Le mari massacré dans le Temple au Recensement de 760 ; un des gendres, Eléazar, époux de Thamar (Marthe), tué dans la révolte de Bar- Jehoudda; celui-ci crucifié par Pilatus ; sur les six autres fils Jacob junior (André) lapidé par Satil (le pseudoapôtre Paul) ; Shehimon et Jacob senior (Pierre et Jacques) crucifiés par Tibère Alexandre; Ménahem massacré par ses partisans : toute une légion de petitsfils et de petits-neveux égorgés, brûlés, tombés martyrs de la Circoncision ! Pauvre Magdaléenne ! Que de choses Éloï t'a fait voir qui n'étaient pas dans son schabed !

ou JÉSUS EXPLIQUE COMMENT IL A FÉCONDÉ CELLE qu'on lui DONNE POUR MÈRE DANS l'ÉVANGILE

A la fin du second siècle on en était encore aux trois Nativités que nous avons analysées, entre lesquelles dominait celle qu'on a mise sous le nom de Luc. Jésus appartient si peu à la biologie que dans la Sagesse de Valentin, lorsqu'il se trouve avec « sa mère, ses frères et ses sœurs selon le monde », il a la plus grande peine à leur faire comprendre comment il a pu revêtir, non la forme humaine — il est androgyne au ciel — mais celle d'un homme unisexuel et capable de respirer Tatmosphère terrestre si peu faite pour sa constitution

(1) Inscriptions que les Juifs dévots portaient sur leur chef ou sur leurs vêtements.

ignée. Il a été obligé de faire, la transfiguration inverse de celle du Joannès qui se mue en Jésus dans TÉvangile : il lui a fallu se transfigurer de Jésus en Joannès, ce qui est beaucoup plus difficile ! A cet effet, des hauteurs où il rayonne, il a traversé la région occupée par les Douze Apôtres, au milieu desquels est Élie, car, au rebours du Joannès, Jésus n'admet pas qu'aucun prophète ou patriarche soit entré dans la zone occupée par le Père. Il voit là un excès de prétention. Chose humiliante à penser^ Abraham, Isaac et Jacob, quedis-je? Jehoudda lui-même I ne sont pas allés plus loin que le second ciel, ce qui les ramène presque au niveau de la voûte céleste perceptible à l'œil. En dépit des fables judaïques, le Crucifié de Pilatus n'est nullement assis à la droite du Père. C'est d'ailleurs ce que Jésus dit dans la fameuse scène où il modère l'orgueil des trois grands fils du Zibdeos, Joannès, Shehimon-Pierre et Jacob senior (1). Où serait la place de Jésus dans le ciel si un autre que lui pouvait être assis à la droite de son Père ?

De sa place donc, Jésus a pris la forme de l'ange Gabriel afin que les Puissances infra-iahvistes ne le reconnussent pas et n'essayassent point d'entraver ses projets. D'en haut, et à travers ces Puissances, il a jeté les yeux sur l'humanité, il a aperçu Eloï-schabed, avant qu'elle n'eût conçu le Joannès ; il a jeté en elle certaine vertu qu'il tient de laô le Bon, pour que

(1) Marc, X, 32 et suiv. ; Matliieu, xx, 17-20. Scène fort curieuse Ocrite au second siècle et sur laquelle nous nous étendrons, le moment venu. On y a la preuve, — ajoutée à tanl d'autres ! — que le Joannès est bien, sous le nom de Jésus, le crucilié do Pilate. Luc (xviir, 31), a supprimé la scène, elle est trop transparente !

son fils pût préparer ses voies et baptiser dans l'eau de la Rémission des péchés. (1) En même temps il a, par la Vierge de hiynièrey — le signe — envoyé Tâme d'Élie dans le sein d'Éloï-schabed, de sorte que le corps du JoannèSy tout humain qu'il était, a eu en lui la vertu de laô et Tâme d'Élie (2). Une fée dans un conte de Perrault ne ferait pas mieux.

Après avoir conçu ainsi le Joannès, Jésus, toujours sous la forme de Gabriel, et juché dans les mêmes sphères, a fécondé Maria, il l'a appelée d'en haut, et lorsqu'elle s'est tournée vers lui, il lui a jeté son corps et sa vertu célestes (3). Bref, loin d'être le fils de Maria- Promesse d'Éloï, comme dans la fable, Jésus est son Epoux en même temps que son Père, comme il a été jadis rÉpoux et le Père des mères des Douze tribus, lesquelles tribus ont été mises au monde avec quelque chose de divin, parce qu'elles retiennent la substance des Douze Apôtres qui sont la monnaie du Verbe (4). Ces Douze Puissances, dont les Douze stations du soleil sont la zodiacale image, il les a jadis attachées aux corps des mères d'Israël d'où elles ont passé dans le

(1) Le principe du bon qiii est en laô-veh, Jehovah ou lahvé. Ici Valentin travaille au rapprochement des millénaristes juifs avec les autres cliristiens.

{'2\ Les Juifs attendaient, avant le Christ, le retour d'Élie qui, étant auprès de lahvé, était particulièrement qualifié pour les avertir. Dans Malachie le Verbe leur avait promis de leur envoyer le prophète Klie, « avant ({ue le grand et terrible jour du Seigneur arrive. » Par son Apocalypse, Joannès supprime Élie, lequel, vu son nom et ses actes paraît avoir été assimilé au Soleil. Élie lui-même n'était qu'une répétition d'Enoch, lequel avait été enlevé de terre à l'âge de 365 ans que nous réduirons à 365 jours pour lui donner le sens d'une révolution solaire.

(:n Voilà le point de départ de la mystification évangélique.

(4) Kt comme il est l'Epoux de la vieille Anna, veuve de lui depuis quatre-vingt-quatre ans.

corps des disciples, ce qui a communiqué à ceux-ci le pouvoir sauveur. Ce sont les Juifs qui, grâce à ce privilège, sauveront le monde entier — thèse des Lettres de Paul également — car, pas plus que lui, comme il le leur a dit par la bouche du Joannès, ils ne sont de ce Monde : ils sont d'une essence supérieure à celle des nations, ils sont de lui.

Voilà par quelle succession de parabolismes Maria- Promesse d'Éloï, mère du Joannès, a pu être dite « mère de Jésus » dans le monstre évangélique. Mais il ne faut pas confondre le jésus avec Jésus. Jésus est le Père du jésus comme il a été le Père de tous ses ancêtres, il est l'Epoux de Maria-Eloï-schabed comme il a été par ses Douze procureurs TÉpoux des mères des Douze tribus juives. C'est la genèse d'Israël par le Verbe telle que Jehoudda Tavait exposée.

Dans cette genèse où le judaïsme de Valentin s'épate avec une vanité candide, Maria n'est ni vierge ni immaculée. On lui a distribué le rôle de la Vierge^ mais dans la réalité elle fut aussi génitrice qu'il plut à Jehoudda. Si celui-ci n'avait pas péri dans la révolte du Recensement, peut-être à elle seule eùt-elle fourni l'équivalent des Douze Apôtres ou des vingt-quatre Vieillards de l'Apocalypse, J'excepte les cent quarante mille Anges, ils sont trop !

Quoique, par égard pour le circoncis dont il a pris la figure, Jésus appelle toujours Maria sa mère selon le mondCy il lui rappelle qu'elle est sa Fille selon le grand mystère de la Création ; elle le reconnaît en l'appelant son Dieu et son Sauveur, et en lui baisant les pieds, car elle est femme, hélas I et Jésus lui reproche d'être, comme Eve, la cause des ténèbres où la terre est pion-

gée ; mais « il Ta purifiée en entrant en elle, et le fils d'homme qui est sorti d'elle pour témoigner du mystère du baptême Ta sanctifiée en Vhabitant. » Témoignage qui sauvera le monde, Jésus étant le Commencement et la Fin. Aussi appellera-t-on Maria-Magdaléenne « la Bienheureuse depuis l'extrémité de la terre jusqu'à l'autre extrémité », et — ce que le Verbe n'avait pas prévu — la Vierge, quoi qu'elle fût mère de neuf enfants !

Maria-Eloï-schabed, de son côté, fournit quelques explications à Jésus sur la Nativité du Joannès-jésus selon Luc, laborieuse fantaisie d'un scribe auquel on peut reprocher quelque tendance maligne à Tanthropothéisme. Qu'est-ce qu'on a voulu dire dans ce fatras d'allégories un peu risquées ? Salomé est-elle quelque chose de plus qu'une femme et Bar-Jehoudda quelque chose de plus qu'un homme? En ce cas, Tapothéose passerait les bornes permises ; rallégorie confinerait au blasphème. Maria elle-même répond pour Luc (1). Tout en étant la spirituelle épouse de Jésus, elle n'a pas cessé d'être la charnelle femme de Jehoudda. L'évangéliste est resté dans les termes de la thèse jehouddique. Il a suffi que Jésus jetât les yeux sur la Promesse d'Eloï pour que Maria devint mère de Thomme en qui les mythomanes naziréens ont incarné le Verbe.

(1) Il va sans dire que les Sagesses ne nomment pas Luc, bien qu'elles connaissent TÉvangile placé aujourd'hui sous son nom. Et pourtant elles ont été remaniées et interpolées au point qu'on y trouve un pompeux éloge de Saûl (le pseudo-Paul) dans la bouche de Maria : Saùl qui n'a cessé de lapider, de massacrer, de persécuter les fils de la malheureuse !

« Lorsque tu m'as eu parléj lui dit-elle — toujours le jeu de mots sur le Verbe par lequel Eloï crée tout dans la Genèse — tu as poussé en moi. C'est le temps où tu Ves servi toi^mâme. » Le Verbe, en effet, se féconde et s'accouche de lui-même, étant ce Logos que Philon définit, comme Jehoudda dans son Thème du monde, « le Premier-né de Dieu et la Mère de tous les êtres, le grand-prêtre de l'Univers, le Conciliateur du fini et de l'infini, l'intercesseur entre le ciel et la terre. » Éloï-schabed ainsi « destérilisée » est entrée dans Maria qui a enfanté le Joannès lequel est venu en héraut du Christ et a apporté le baptême rédempteur.

D'où lui est venu le surnom de Jésus qui, Jehoudda et ses fils le savaient bien, ne convient qu'au Verbe lui-même. Jésus n'a point à en prendre d'humeur. Ce sont là jeux de scribes juifs.

LE LIT DE MARIA TÉMOIGNE QUE JOANNÈS ET LE JESUS SONT BIEN LE MÊME ENFANT

Le Zacharie que Luc fait père du Joannès est la figure ancestrale de Joseph, comme Eloï-Schabed est la figure ancestrale de Maria, nous l'avons montré.

Mais le vrai père du Joannès, c'est Joseph (1).

La confession que voici ne laisse aucun doute sur ce

(1) Los Sagesses ne nomment pas Zacharie, ou tout au moins ne le mettent pas en scène, ce qui ne veut pas dire que les Valentiniens ignorassent cette représentation de Joseph. Ils doivent la connaître puiscju'ils connaissent la représentation correspondante, Éioï-schabed- Maria.

point. « Un jour, dit Eloï-schabed, que Joannès était dans une vigne — celle du Seigneur, nulle autre (1) — avec Joseph^ Jésus est descendu « comme un Esprit » dans ma maison. Joannès était alors tout petit : c'était avant que Jésus ne descendît sur lui (au Jourdain). L'Esprit de Jésus était, lui aussi, un petit enfant : « Où est Joannès, mon frère, dit-il, que je le rencontre (que j'entre en lui, comme Maria a rencontré Éloï-schabed)?» Le petit Jésus ressemblait tellement au Joannès qu'Eloïschabed, pour s'assurer qu'elle n'était pas le jouet d'un fantôme, le prit, l'attacha au pied de son lit, et courut à la vigne où elle trouva Joannès et Joseph. Celui-ci était occupé à planter des échalas. Eloï-schabed lui ayant conté l'étrange aventure qui venait de lui arriver, il ne voulait pas la croire, mais le petit Jésus que cette scène amusait répéta : « Où est mon frère? Où est-il que je le voie ? » Toutefois il ne bougea point, disant : « Je l'attends ici. » Joseph, de plus en plus intrigué, étant rentré dans la maison avec sa femme, ils trouvèrent le petit Jésus toujours attaché au lit, comparèrent sa figure avec celle du petit Joannès et convinrent qu'en effet Tidentité n'était pas niable. Sur quoi celui qui était attaché — il a, vous le savez, le pouvoir de lier et de délier — se délia de lui-même^ embrassa l'autre, qui à son tour le baisa : et ensuite ils ne devinrent qu'une seule et même personne (2). » Et c'est cette personne corporelle qui a baptisé au nom de l'Esprit attaché au lit d*Eloï-schabed. Maria, présente à la scène, est au courant de tout. Aussi opine-t-elle

(1) Cette comparaison de Jehoudda au Vigneron de la Vigne du Seigneur va de pair avec celle du Charpentier de la barque baptismale.

(2) Sagesse de Yalentin, éd. Amélineau, p. 62.

du bonnet de nuit. Son lit, le lit de Jehoudda, est bien le point de départ de toute la fable évangélique. Jésus est remonté au ciel après avoir laissé sa figure au Joannès et dans la suite il n'a plus revu son sosie qu'une seule fois lorqu'il vint sur lui comme une colombe (1).

Ce qu'il y a de remarquable dans ces vieux thèmes (Mathieu, Marc, Luc, Yalentin), c'est que Jésus n*a pas encore sa Nativité propre dans l'Evangile, puisque pour la première fois, il apparaît ce en esprit » à un âge où Maria est déjà mère du Joannès, lequel est en état de jouer dans les vignes. Mais ce qui est plus remarquable encore, c'est qu'au lieu de venir à pied au Jourdain pour livrer son corps au baptême, comme on le voit aujourd'hui, il descendait du ciel sous la forme d'une colombe et communiquait ainsi au Joannès le pouvoir de baptiser en son nom. La scène a donc été complètement renversée par les camelots de l'Église quand elle a été transportée de VApocalypse dans VÉvangile (2).

(1) Idem, p. G6. C'est ce qui ressort nettement du texte, malgré ses sophistications.

(2) Nous montrerons, en effet, (lu'elle provient de VApocalypse, comme les Nativités selon Mathieu et selon Lijc et toutes les scènes essentielles des Évangiles.

qu'au commencement du troisième siècle l'identité du joannès et du jesus est un fait reconnu de tout le monde.

Voilà donc qui est bien établi, qui était de notoriété publique parmi les christiens de toute école, soit naziréens, soit valentiniens, soit millénaristes, soit gnostiques : identité de Zacharie et de Joseph, de Joseph et du Zibdeos ; identité d'Eloï-schabed et de Maria la Magdaléenne, de Maria la Magdaléenne et de Maria tout court, de Maria tout court et de la mère des fils du Zibdeos ; identité de Bar-Jehoudda et du Nazir, du Nazir et du Joannès, du Joannès et du jésus, christ davidique, Tainé de six frères et de deux sœurs issus du même lit.

Ilérode est mort en 750 sans qu'il soit né en Judée plus d'un enfant jésus, plus d'un fils de David, plus d'un Nazir, et ce Nazir, ce jésus, ce christ davidique, c'est le Joannès. Un seul enfant est demeuré dans les déserts jusqu'au jour où il devait paraître devant le peuple d'Israël. Il a grandi ; son père a été tué dans la révolte contre Auguste ; lui-même a été crucifié dans la révolte contre Tibère ; Pierre et Jacques l'ont été dans la révolte contre Claude; son dernier frère, Ménahem, il été supplicié dans la révolte contre Néron ; Jérusalem est tombée en 823; nous sommes en plein second siècle et, semblable à Mathieu, Luc n'a pas encore entendu dire qu'il fût né, sous Hérode, deux enfants prédestinés,

Tun nommé Joannès, l'autre Jésus, mais un seul et même enfant qui, devenu homme, répond à ces deux appellations dans TÉvangile. Cette identité est reconnue par Tintéressé dans V Apocalypse et sous les couleurs de l'allégorie par Marc et par Gérinthe, scribe du Quatrième Évangile, en un mot, par tous les auteurs que l'Eglise a fait entrer dans le Canon des Écritures. A Hiérapolis de Phrygie, sous Marc-Aurèle, Papias ne connaît que le Joannès-jésus. A Alexandrie, Valentin, sous Septime-Sévère, ne connaît que ce même individu. Jamais Luc n'a dit, ni voulu dire que le Joannès eût précédé dans le monde un autre homme appelé Jésus. Au contraire, il résulte formellement de sa Nativité que le Jésus, c'est Joannès lui-même. Mathieu connaît-il Zacharie et Eloï-schabed, les mêle-t-il à la Nativité ? Point. Marc connaît-il Zacharie et Eloï-schabed ? Non. Le Quatrième Evangile a-t-il entendu parler de ces deux personnages comme ayant eu une existence propre en dehors de Joseph et de Maria? Nullement. En dehors des quatre Evangélistes, quelqu'un parmi les scribes non canoniques a-t-il prétendu qu'Eloï-schabed fût une autre femme que Maria Magdaléenne ? Personne, vous avez entendu les Valentiniens. Cette identité fait-elle l'ombre d'un doute chez les peuples voisins des Juifs, les Arabes, par exemple V Pas lo moindre. Mahomet vous a dit que Maria était de la race d'Aaron, — sa sœur, dit Mahomet — qualité qui n'appartient qu'à Maria Magdaléenne dans l'Exode et à Eloï-schabed dans Luc.

Est-il besoin de dire que si le Jésus eut été précédé d'un enfant précurseur, cet enfant, non moins en vedette que lui, n'aurait jamais échappé au Massacre des Innocents? Si le Joannès n'était pas le même enfant

que celui qui s'est réfugié en Egypte, il serait parmi le& victimes d'Hérode et on ne le retrouverait pas baptisant au Jourdain en la quinzième année du règne de Tibère.

Les évangélistes cherchaient d'autant moins à nier ridentité du Joannès et du jésus que si leur préoccupation politique était de rallier par Tidée du Christ le» Juifs dispersés à travers le monde, le seul intérêt commercial qu'ils eussent à défendre, c'était le baptême de la Rémission des péchés par où le Joannès était devenu le Jésus. Ce sacrement passait article de vente entre les mains des christiens juifs. La Rémission par l'eau était une vérité vraie comme « le soleil levant » auquel Luc la compare. Sauver le baptême, c'était sauver la caisse. Nier que le Joannès et le jésus fussent une seule et même personne, c'était séparer de l'invention l'inventeur, enlever du produit sa marque d'authenticité. Nier qu'en dehors de ses deux sœurs, le Joannès-jésus ait eu six frères, parmi lesquels Shehimon, surnommé la Pierre, c'eût été avouer que l'article était tombé en faillite avec le fabricant.

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