‹ Le mensonge chrétienChapitre 41 sur 55 · QUELQUES MANŒUVRES PREPARATOIRES DE LA FAUSSE NATIVITÉ · texte numérisé non relu

QUELQUES MANŒUVRES PREPARATOIRES DE LA FAUSSE NATIVITÉ

Ce livret de famille ayant quelque chose d'incompatible avec la virginité de Maria, les scribes ecclésiastiques, après avoir mis ses sept fils à la charge exclusive de la Magdaléenne, ne lui en ont plus laissé

qu'un, celui qu'ils appellent aujourd'hui Jésus (1). Sur quoi ils ont ajouté que Joseph était veuf lorsqu'il épousa Maria et que c'est de son premier mariage qu'il avait eu les quatre fils et les deux filles dont l'Evangile parle comme étant les frères et les sœurs du Jésus. Tout ceci croule devant ce fait que Bar- Jehoudda fut leur aîné à tous, comme le reconnaît la Lettre de Paul aux Romains.

Vous avez vu clairement que des deux couples mis en avant par Luc dans sa Nativité, un seul était de chair, Joseph et Maria, et qu'il n'en issait qu'un seul enfant, le Joannès-jésus. Mais lorsque l'Église a forgé la Nativité par laquelle elle donne à Jésus un corps autre que celui du Joannès (2), il lui a fallu en même temps donner à Zacharie un corps distinct de Joseph, à Eloïschabed un corps distinct de Maria. C'est ce qu'elle a fait en prétendant que Zacharie et Eloï-schabed étaient des êtres réels, père et mère du Joannès, tandis que de leur côté Maria la Magdaléenne — à laquelle on enlevait son complétif de Magdaléenne pour tailler en elle une seconde personne — et Joseph devenaient, celle-ci lanière, et celui-là, dans une mesure qu'on ne déterminait pas, le père d'un enfant nommé Jésus de son nom de circoncision. Mais comme à la lecture de Luc on ne pouvait nier que le Joannès ne descendit de David, l'Eglise soutint qu'à la vérité il en était ainsi, mais à

(i; Après avoir coupé SalomO on deux (une femme remplie de sept démons sous le nom de Maria Magdaléenne, et une mère immaculée sous Is nom de Maria), ils en sont arrivés à ne plus reconnaître que la sœur de Moïse s'appelât elle-même Maria. J ai en ce moment sous les yeux un passage attribué à Clément d'Alexandrie(l. IV des Stromata)^ dans lequel ils appellent cette héroïne Suzanne !

(2} La Nativité au liecensement. ;Luc, il, 1 et suiv.)

un degré moindre que pour Jésus : il résultait de son interprétation que Zacharie et sa femme — dans cette combinaison Eloï-schabed devenait une vieille femme nommée Elisabeth — étaient cousins plus ou moins germains de Joseph et de Maria. Les deux enfants, car il y avait désormais deux enfants, étaient nés à cinq mois d'intervalle, — les cinq mois que compte Gabriel avant d'aller trouver Maria — Joannès vers l'approche du solstice d'été et Jésus, comme il appert de toutes les Ecritures, au solstice d'hiver. Il fallut fabriquer une Nativité qui, tout en respectant la date indiquée pour l'accouchement de Maria, fût celle d'un enfant nommé Jésus de son nom de circoncision. C'est à quoi l'Eglise a pourvu par la Nativité de Jésus pendant le Recen^ sèment de 160,

Dans ce système, le Joannès cesse d'être l'auteur de V Apocalypse. Le Messie qu'il annonce, ce n'est plus le Verbe Jésus, Créateur du monde et Rénovateur des temps, c'est... le cousin Jésus, cet excellent Jésus de Nazareth que toute la famille du Joannès et le Joannès lui-même avaient parfaitement connu, voire dans le ventre de Maria. Joannès était né cinq mois avant Jésus, parce que la Providence voulait qu'il fût le précurseur de son cousin. On ne savait pas très bien comment Elisabeth avait quitté le monde, mais étant donné son grand âge et sa grossesse succédant à une infécondité séculaire, elle n'avait pas dû survivre bien longtemps à cette secousse. Quant à Zacharie, mon Dieu ! Zacharie avait fini d'une manière tragique, massacré entre le Temple et l'autel (1), mais comme on ignorait à quel

(1) Mathieu, xxiii, 33.

propos, il était diflicile d'identifier sa mort avec celle de Jehoudda au Recensement de 760 (1). Et puis Zacharie était si vieux lors de la naissance de Joannès qu'il n'avait pas dû survivre beaucoup à sa femme. A peine pouvait-on comprendre, tant les circonstances étaient obscures, qu'il eût fallu des coups violents pour Tache- Ter.

On frémit ou Ton s'esclaffe, c'est une question de tempérament, quand on pense que l'Eglise a pu imposer d'aussi affligeantes inepties. Il n'y a deux enfants dans aucune des quatre Nativités que nous avons vues jusqu'ici. Et à supposer deux enfants là où les Evangiles ne nous en montrent qu'un, il faut, pour trouver une base à l'interprétation ecclésiastique^ que ces deux enfants soient nés tous les deux sous Hérode, à cinq mois d'intervalle et dans la même année : à cinq mois près ils sont chronologiquement jumeaux. Or, par ime anomalie qu'explique seule l'intervention du Verbe ecclésiastique, tandis qu'Éloïschabed accouche du Joannès sous Ilérode en 739, Maria dans la Nativité an Recensement n'accouche de Jésus que sous Quirinius en 761, soit vingt-deux ans après la naissance du Joannès! Et cependant elle était enceinte en même temps qu'Elisabeth à cinq mois près. Elle a donc porté pendant vingt-deux fois douze mois !

Je connais assez Dieu pour savoir qu'il n'a pas permis une pareille infraction à la loi de la nature.

Mais s'il nous fallait une preuve morale de Tinexis-

1) C'est sous le nom de Zacharie (|ue Jelioudda esl tué dans l'Évangile de Mathieu. Par ce moyen, on a évité de le tuer sous le nom de Joseph.

tence de Jésus, jamais vous n'en auriez de plus convaincante que l'attitude de l'Eglise à l'égard de la Vierge céleste d'abord et ensuite de la vierge aux neuf enfants. Lorsqu'après trois siècles on s'avisa de prêter un corps humain à Jésus, la première victime de cette imposture fut cette mère ambiguë. Il fallut organiser laborieusement le déshonneur de la Vierge céleste, faire d'elle une femme physiologiquement constituée et mener son fruit à terme dans les neuf mois. La première conséquence fut qu'on data du 21 mars, à Téquinoxe du printemps, l'Annonciation que Luc avait indubitablement placée le 23 septembre à l'équinoxe d'automne (1). La seconde fut que Maria, la mère réelle, fut odieusement diffamée sous le nom de Maria Magdaléenne, et son époux traîné sous celui de Joseph dans un ridicule indélébile.

Gedrénus, historien d'Eglise, dit, parlant du 21 mars : « En ce jour Gabriel donna le salut à Marie pour lui faire concevoir le Sauveur. » Et il ajoute : « C'est en ce môme jour que notre Dieu Sauveur, après avoir terminé sa carrière, ressuscita d'entre les morts : ce que nos anciens pères ont appelé la Pâque ou passage du Seigneur. » (Ne croirait-on pas vraiment que les Juifs n'ont point connu la Pâque ?)

On voit à quoi tend cet homme à idées malpropres. Il veut dire que la Vierge a existé comme femme de Joseph, qu'elle a conçu des œuvres de Dieu par l'inspiration de Gabriel, qu'elle a réellement porté Jésus pendant neuf mois, et qu'elle a accouché dans le délai requis. Toutes ces insultes à la Vierge pour

(1) C'est rAnnonciation à Joseph qui est du 21 mars, sous les Poissons, signe du baptême.

faire croire aux contribuables que l'idole des Marchands de Christ valait Targent que TÉglise en tirait !

Or jamais Luc n'a dit ni voulu dire que Maria eût été fécondée par Dieu. Il a dit que la Vierge avait été couverte par son ombre^ image rigoureusement exacte, car c'est bien dans l'ombre de Dieu qu'elle conçoit, ombre qui va grandissant chaque nuit, dès le lendemain de l'équinoxe d'automne, jusqu'à ce que le petit Jésus manifeste dans le Capricorne la mission qu'il a de verser sur nous la lumière héliaque.

Jamais les obscénités par lesquelles l'Eglise a soutenu sa fourberie ne sont entrées dans la tête des Evangélistes. Jamais ces symbolistes plus ou moins intelligents n'ont voulu exposer Tinnocente, Tétincelante, la splendide Vierge^ reine de la moisson et de la vendange, aux commentaires injurieux dont on Taccable sous prétexte de la sanctifier. Comment les femmes ne se sont-elles pas révoltées contre le problème indécent proposé à l'éveil de leurs filles? Pauvre Vierge, à la scintillante parure, que te sert d'habiter le ciel depuis la création, si les souillures de l'imagination ecclésiastique t'éclaboussent à cette hauteur?

Et toi, puissante virago juive, mère Gigogne dufanatisme christien, toi dont l'acharnée et scrupuleuse fécondité a sans doute été la seule vertu, te voilà pour jamais calomniée sous tes deux noms : sous celui de Marie, TEglise t'accuse d'avoir trompé ton homme avec Dieu ; sous celui de Marie Magdeleine, d'avoir trompé Dieu avec une innombrable quantité d'hommes !

Les fabricants des pièces du Nouveau Testament

qui font suite à l'Evangile dans le système de TEglise ont-ils connu deux hommes dont Tun nommé Joannès aurait été le Précurseur et le témoin oculaire de l'autre, nommé Jésus? Non.

En dehors des Actes des Apôtres où il est fait quelques tentatives grossières pour séparer Joannèsjésus en deux personnes, les autres écrits n'ont pris aucune précaution en ce sens. Dans aucun vous ne trouverez Joannès jouant le rôle de Précurseur d'un certain Jésus, mais bien un seul homme qualifié de jésus non plus pour avoir remis les péchés par le baptême — on aurait reconnu Joannès trop vite! — mais pour s'être volontairement sacrifié au salut des Juifs et par conséquent des autres hommes (1). Et, dans les Lettres de Paml notamment, il continue à être l'aîné de plusieurs frères (2) parmi lesquels on cite Pierre (la Pierre, Shehimon) et Jacques comme ayant été les plus importants après lui (3). Il s'agit d'autant plus précisément du Rabbi Ba'r-Jehoudda que dans la Première aux Corinthiens (4) on le donne, sous le surnom de christos, comme le plus ancien des baptiseurs.

Lisez les ActeSy c'est le Joannès qui a été « enlevé de la vue des disciples » en allant du Jourdain à Jérusalem, dans ces trois fameuses journées que Luc appelle les journées de son Assomption, c'est-à-dire de sa déconfiture qu'on explique aux gens par une intervention du

(1) La thèse est que le salut des goym vient des Juifs, en leur qualité de peuple élu. L'Eglise s'est bâtie d'une part sur ce blasphème, de l'autre sur la fourberie évangélique.

('2j Lettre aux Romains^ déjà citée.

(3) Lettre aux GalateSj ii, 9. En effet, Joannès est cité le dernier, si«rne d'antériorité chronologique.

(4) 1" A21X Corinthiens, m, 4.

ciel. Car, il faut insister là-dessus sans relâche, dans le moment on ne raconta point qu'il fût ressuscité — c'eût été reconnaître qu'il avait été mort! — on n'avoua même pas qu'il eût été crucifié, on soutint qu'il avait disparu du milieu des soldats de Pilatus et des Juifs de Jérusalem, enlevé par l'Esprit! Dans ces mêmes Actes, c'est l'Apocalypse du Joannès que le juif alexandrin ApoUos, millénariste ardent, propage à Ephèse sous Claude, environ quatorze ans après la Crucifixion. « Un juif, du nom d'Apollos, alexandrin d'origine, homme éloquent et puissant dans les Ecritures, vint à Ephèse. Il avait été instruit dans la voie du Seigneur, et fervent d'esprit il enseignait avec soin ce qui regarde Jésus (le Verbe Jésus) (1), mais ne connaissant que le baptême du Joannès (2). » En un mot, Apollos fut de ceux qui continuèrent à prêcher le millénarisme, alléguant que le Joannès s'était trompé de jubilé. Dans la Première EpHre aux Corinthiens, c'est le sacrement du Joannès-jésus, désigné cette fois sous son nom de christ (3), que ce même Apollos répand à Gorinthe. Et il proche en même temps le baptême d'un certain Képhas (Pierre) qui n'est autre, comme vous le savez, que Shehimon, frère et successeur de Bar- Jehoudda. Dans aucune des LpUres de Paul il n'est fait le moindre effort pour donner à entendre qu'il y aurait eu au Jourdain deux personnes dont Tune se

(1) Tel que nous l'avons défini d'après Jeboudda et queVApocalf/pse nous le montre.

(2/ Actes des Apô/res, xviii, 2i-2î),

(:î) !■•• aux Corinlh,j m, 4. Avec une bonnr foi que je ne me lasse pas d'admirer, l'E^çlise a supprime ce nom dans toutes les éditions qui dépendent d'elle et dont la plupart des libres-penseurs suivent aveuglément le texte. On ne trouve le nom ([uc dans les éditions qui écbappcnt à ses grilles. Je citerai celle de M. Ledrain.

serait appelée Joannès et l'autre Jésus. Le seul but que poursuive l'auteur de ces Épitres, à travers les mensonges les plus bas dont la conscience humaine se soit jamais chargée, c'est de démontrer par la mystification évangélique que le juif crucifié sous Tibère était ressuscité après avoir institué la Gène.

Dans aucune des Lettres de Pierre, dans aucune, dis-je, le prétendu Pierre ne souffle mot du maître vénérable qui baptise Jésus dans l'Evangile. Il a vu le Jésus, dit-il, il a assisté à la Transfiguration, — il y assiste, en effet, dans TEvangile — mais il n'a pas vu Joannès, et alors que si Shehimon était allé à Rome pour y prêcher la divinité de son frère, la première chose qu'il aurait eu à prouver, c'est l'existence de son Précurseur, il ne sait pas qu'un certain Joannès a paru annonçant la venue de Jésus de Nazareth aux Juifs émerveillés ! On est certain par là que le fabricant de cette pièce connaissait l'identité de Bar-Jehoudda et du Joannès ressuscité par la fable sous le nom de Jésus. Les Lettres de Pierre ne sont donc pas le fruit d'une illusion produite par la foi, ce sont des faux calculés. Le faussaire sait que Pierre est le frère du christ, qu'il a été crucifié à Jérusalem, absolument comme son aîné, enfin qu'il n'a jamais mis les pieds à Rome, môme comme prisonnier des autorités impériales. On lui dit que partout les gens renseignés nient l'existence de Jésus. Gomment la prouve-t-il? Par la Trainsfiguration. Et qu'est-ce que la Transfiguration? Le frère aîné de Shehimon mué en Jésus par la main de ses neveux. Dans aucune des Épitres des frères du christ, Jacques et Jude, — fausses, bien entendu, comme tout le Nouveau

Testament, mais anciennes — dans aucune il n'est question de deux personnes dont Tune aurait sauvé les Juifs par son baptême et l'autre par son sacrifice, mais d'un seul et même jésus qui est tout ensemble le Baptiseur et le Crucifié. Pour tout dire en un mot, Constantin approche et Jésus n'est pas encore né.

Après cela si vous persistez dans vos illusions sur l'existence de Jésus, et si vous croyez que les scribes évangéliques, tous fils de juifs, époux- de juives, pères de nombreux petits juifs, tous circoncis le huitième jour, ont pensé dire un seul instant que Bar-Jehoudda fût le Fils de Dieu, c'est que vous aurez une foi en béton armé.

Maintenant vous me dites que vous avez une vieille tante célibataire, laquelle vous déshéritera si vous vous ralliez à la vérité. Défait e peu noble, mais bien humaine.

L'APOTHÉOSE DE JEHOUDDA

A.PRÈS LA. MORT d'hÉRODE

Après un règne grand par sa longueur, Hérode mourut. Les Zélotes poussèrent un soupir de soulagement. On se crut libre. Un parti de Galiléens et de Transjordaniens monte à Jérusalem, qui venait de proclamer Archelaûs, se rue dans le Temple et célèbre la Pâque sans prêtres selon le rite ancien. La maison de Dieu est à eux ! Armés du fouet allégorique de Jésus, ils chassent honteusement ceux qui, dans le sanctuaire comme au-dehors, prostituent Tagneau et vendent le Dieu des Juifs à l'étranger. Archelaûs ne pouvait encore se dire roi, tout proclamé qu'il fût par les pharisiens de Jérusalem et les saducéens I

Les Zélotes s'étaient jetés dans le sanctuaire hérodien pour y ramener « leurs sacrifices » comme dit dédaigneusement Flavius Josèphe.

Qui préside à cette pâque? Si ce n'est Jehoudda,

c'est quelqu'un des siens. Pour l'avoir célébrée avec l'agrément du peuple, il fallait se couvrir d'un respect méticuleux de l'ancienne Loi, et l'ancienne Loi autorisait tout Juif à sacrifier lui-même l'agneau, tranchons le mot à être prêtre un jour par an. C'est le premier article du programme zélote, en cela différent de tous les autres, dit Josèphe. C'est le premier article aussi du programme christien dans l'Évangile, où Jésus veut que les disciples préparent la pâque eux-mêmes (1). Les Zélotes firent toutes les cérémonies de la fête sans le secours des lévites. Les prêtres ne possédant rien en Israël selon la Loi, c'était au peuple de les nourrir, mais largement (2) ; les sacrificateurs improvisés tendirent la main, firent des collectes et, pendant toute cette pâque, — sept jours, — ils se maintinrent dans le Temple par l'appel direct à la générosité publique. Ils n'eurent pas honte de mendier (3). Point de terre, mais de Targent et des dons, les décimes et les prémices, c'est la devise de ces Zélateurs, vrais disciples de Jehoudda. On ne refusa jamais de payer tribut au Temple : ce tribut était dans la Loi, il était légitime. On comptait bien un jour être à la place de ceux qui le

(1) Sans passer par le Teinpie, parce que d'ailleurs le Temple n'exisle plus depuis 8:i.'), d.ile do la prise de Jérusalem par Titus.

(2) « Les prêtres, dit le Deu/croiionr (xviii, 1, 2) et les lévites n'auront point de part ni d'héritage avec le reste d'Israël, parce que le Seigneur est lui-même leur part et leur héritage. » Dieu dans les Nombres (xvni, 20), à Aaron : « Vous ne posséderez rien dans la terre des enfants d'Israël, et vous ne la partagerez point avec eux, c'est moi qui suis votre part et votre héritage au milieu des enfants d'Israël. »> Dieu encore dans Ezéchiel (xliv, 28), parlant aux prêtres : « Us n'auront point d'héritages, car je suis leur héritage moi-môme, et vous ne leur donnerez point de partage comme au peuple d'Israël, parce que c'est moi ([ui suis leur partage. »

(3). Josèphe a le plus grand tort de le leur reprocher. Eût-il voulu qu'ils pillassent le trésor ?

touchaient. Personne n'en applique le principe plus durement que les chefs christiens ; ils poursuivent les rentrées sique en main. Ce qu'ils demandent aux prêtres, c'est, entretenus par le peuple, de ne point trahir la Loi, de proscrire les étrangers.

A ces Zélateurs intransigeants Archélaûs envoya un officier qui, vu la mollesse de la manœuvre, semble plutôt s'être présenté en parlementaire : ils massacrèrent cet officier avec quelques-uns de ses soldats et continuèrent les sacrifices, Archélaûs dut attendre la fin de la fête pour cerner les mutins avec toute son armée. On en tua trois mille, tant hors du Temple que dedans. Encore fallut-il une seconde sommation pour que les survivants abandonnassent la partie. Cette boucherie de 750, conduite avec toute la furie juive, eut un retentissement énorme. Le frère d' Archélaûs, Antipas, à qui la couronne échappait, faillit la recouvrer en représentant à Auguste l'horrible sacrilège d'Archélaûs faisant égorger « comme des victimes », en plein Temple, non seulement ses compatriotes et sujets, mais les Juifs étrangers que la piété avait conduits à la pâque (1).

Bientôt toute la Galilée fut en feu.

Eléazar ou Ezéchias, bandit qu'Hérode avait autrefois défait, prit l'arsenal de Séphoris, arma des gens, tint la campagne sans qu'on pût savoir s'il aspirait à la tyrannie ou à la liberté. Shehimon, peut-être Galiléen, posa la couronne sur sa tête et se leva contre les Ilérodiens. Une autre bande s'assembla au-delà du

(1) Discours d'Antipas contre Archélaûs à Rome, devant Auguste. (Josèplie, Antiquités^ liv. XVII, eh. ii.)

Jourdain, se jeta sur Bethara, brûla, saccagea les maisons royales voisines du fleuve. Atrongœus, un simple berger d'on ne sait où, se fît roi, entraîna ses quatre frères dans son parti et livra bataille aux troupes d'Archélaûs, pendant que les Juifs de partout, ivres d'espérances folles, tenaient une légion romaine assiégée dans Jérusalem. Il était temps que Varus accourût de Syrie avec des troupes, et nettoyât d'abord la Galilée. Séphoris, hier soulevée par un Jehoudda qui n'est pas celui de Gamala (1), fut brûlée et tous ses habitants faits esclaves. Ceux qui résistaient dans Jérusalem furent dispersés, laissant deux mille crucifiés autour des murailles. D'autres Juifs députèrent à Auguste, lui demandant ou de les débarrasser des Hérodes ou de les réunir à la Syrie sous des gouverneurs romains, tandis que les Juifs de Crète, de Mélos, de Pouzzoles et même de Rome, pris de passion pour un imposteur de Sidon, voulaient le faire roi, sous prétexte qu'il ressemblait à un des fils d'il érode, Alexandre, naguère puni de mort par son père.

Do partout surgissaient des rois et des messies, tous vivant de la crédulité juive, tous mourant de leur fourberie, après en avoir tiré autant de sang et d'argent que s'ils eussent été le Verbe de TEcriture. De Sidon aux galères où il finit le faux Alexandre avait reçu plus d'or et d'honneur que le véritable n'en eût reçu pendant toute sa vie, s'il eût régné. Un songe expliqué, un signe exploité, voilà le messie du jour.

Jehoudda ne rentra point en Palestine que le royaume

(i; De plus, à considérer lÉvangile comme un document, il n'était pas encore revenu d Egypte.

(l'Hérode ne fût distribué par Auguste en quatre parts, la Judée et Samarie à Archélaus, la Galilée et Pérée à Antipas, la Bathanée, Gaulanitide et Trachonitide à Philippe, TAbilène à Hérode Lysanias. Il laissa passer l'ouragan de feu que Varus déchaîna sur Jérusalem et revint à Bethsaïda où plusieurs enfants lui naquirent. Longtemps il se tint coi, n'attendant rien que sa part dans les chances d'une révolution. Comme les Jehoudda, les Gléopas mirent tout leur espoir dans le peuple qu'on allécha par des promesses.

Il y a dans cette famille comme un parti pris d'éviter tout contact avec Antipas. Jehoudda quitte Gamala qui semble avoir été rattachée à la Galilée en même temps que la Pérée. Bethsaïda, au contraire, capitale de la Bathanée, est du domaine de Philippe, Hérode par son père, mais Gléopas par sa mère. Les descendants de David s'y établissent et un de leurs fils portera le nom du tétrarque, comme si celui-ci en avait été le parrain.

Épuisés par la saignée de Varus, les pharisiens ne remuèrent plus. Résignés, beaucoup allèrent avec les fils d'IIérode.

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