‹ Le mensonge chrétienChapitre 48 sur 55 · LA QUESTION DES VIANDES · texte numérisé non relu

LA QUESTION DES VIANDES

Une question secondaire, celle des viandes pures et impures, fut également agitée par les Juifs de Pouzzoles, et dans les termes où Jehoudda l'avait posée. Il leur fut fait défense, s'ils tenaient à entrer dans TEden en 789, de s'abstenir de porc et de toute nourriture non autorisée par la Loi. Sénèque, tout jeune alors, habitait avec son père la molle et délicieuse ville de Pompéi. Donnant tout à l'étude et rien au plaisir, il était déjà mêlé à la vie des sectes philoso-

(1) Nous verrons qu*il n*en est rien et qu'il s'agit d'une interpolation faite dans Tacite soit par un arien, soit par un païen du cinqiiiOme siècle, peut-être même postérieur.

phiques. Avant de donner la préférence aux stolciene, U pratiquait l'abstinenee pythagoridenne. Homme de ohétif estomac d'ailleurs, toojoors à la rechterohe de la santé, ne buvant point de vin, ne mangeant qae des légumes, Sènëque, dont on a voulu faire un ehristien, cessa ce régime de peur qu\)n ne le prit pour un de ces abomi-^ nables sectaires dont le Sénat avait purgé l'Italie. A l'exemple de Sotion, et suivant en cela non les Juifs qu^ méprisait, mais l'admirable Sextius^ il s'était abstenu de toute nourriture ayant eu vie^ s'en trouvant plus léger d'esprit et plus dispos de corps : beaucoup plus nazir que Bar-Jehoudda, le Joannès-jésus que nous verrons tout à l'heure absorbant des sauterelles pour se sustenter au désert. Mais « on proscrivait alors les cultes étrangers et on mettait Tabstinenoe de certaines viandes parmi les indices de ces superstitions (i). » Sur les observations de son père qui sans être ennemi de la philosophie^ redoutait les délations, Sénèque se laissa facilement persuader de faire meilleure chère. Pour le reste, il n'eut rien de christien, et il condamne sévèrement toutes les superstitions, romaines ou autres, qui sont venues étouffer ce grand principe : « Connaître Dieu, c'est être bon, et être bon, c'est l'adorer (2). » Et il marque son mépris pour tout ce qui est juif par cette boutade : « Défendons d'allumer

(1) Notons que dans Sénèque la nationalité de la secte poursuivie est supprimée par la même main qui Ta enlevée également dans Tacite et dons Suétone. Au moins n'y est-il pas plus question des Egyptiens que dans Josèphe et dans Philon. C est une compensation.

(-2) On comprend à ce mot et à bien d'autres, dont il n'y a pas d'équivalent dans rEvangile, que TEglise ait cherché & s'annexer Sénôque pnr tous les moyens, les plus malhonnêtes comme les plu^ ridicules. N*a-t-ellc pas osé faire de Sénèque un complice du fouri>e qui a fabriqué les Lettres de Paul?

des lampes le jour du sabbat (1), parce que les Dieux n'ont pas besoin de lumière, et que les hommes n'aiment pas la fumée ! » On dirait qu'il avait prévu les cierges !

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