‹ Le mensonge chrétienChapitre 50 sur 55 · LES PREMIERS MARTYRS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS MARTYRS

D'où venait le grand apôtre qui mena toute l'affaire ? ^ Il semble bien qu'ayant commencé dans la maison du . \ -[-^ proconsul de Syrie, il ait été envoyé de FEglise d'An- )é tioche. Est-ce Ménahem V^, inaugurant le système des. . , '^ collectes pour les « saints » de Judée? Est-ce Barna- -"î bas? (l)Quel qu'il soit, il ne quêtait ni pour Hanan, ni v^ pour Kaïaphas, ni pour la temple hérodien. Il travaillait • "^ pour le fils aîné de Jehoudda, pour le futur roi des Juifs. Josèphe ne donnait-il pas le nom de cet évêque, lui qui sait aujourd'hui comment s'appelait la petite bonne de Pauline sous le consulat de Silanus et Norbanus Flac- 5 eus ? Quel qu'il soit, arrêté, jugé, condamné, crucifié .;r avec ses trois acolytes, il est le premier martyr du / christianisme à Rome. Immédiatement après Jehoudda ■

et Zadoc, c'est le plus grand homme de l'histoire apostolique. Admettons que Shehimon dit la Pierre d'Horeb soit venu à Rome sous Claude, prêchant avec Marc la* résurrection de son frère ; admettons qu'un nommé Paul y soit venu sous Néron, prêchant cette même résurrection, — nous n'aurons pas de peine à renverser cet '[ échafaudage dlmpostures industrieusement dressé au quatrième siècle — qu'auraient-ils trouvé dans les synagogues? Des christiens qui sont là depuis 772, et qui,

(1) Une tradition recueillie dans Clément le romain veut que Barnabas soit venu à Rome avant tous ceux que l'Eglise y fait venir aujourd'hui.

évangélisés par les disciples de Jehoudda, annoncent le Renouvellement du monde pour le 15 nisan 789. Voilà pourquoi on fait dire à Josëphe : « Il ne resta pas un seul Juif dans Rome après 772 » alors que nous les y verrons encore en 782, à peine diminués par la déportation des quatre mille (1). Pour éviter sans doute les excès d'exégèse, V Encyclopédie des sciences religieuses de M. Lichtenberger supprime radicalement le nom de Ménahem. Nous nous y attachons d'autant plus fortement, pensant que Ménahem, loin d'être un comparse — encore n'y en a-t-il pas tant ! — est, au contraire, par le romanesque de son enfance et par son rôle dans l'église d'Antioche, au tout premier plan de l'apostolat. Nous portons le même intérêt à Lucius de Cyrène et à Siméon dit Niger, sur qui le même ouvrage observe un silence rigoureux, quoiqu'ils soient avec Ménahem les pères de l'Eglise d'Antioche (2) et peutêtre ceux de l'Eglise de Rome en 772.

Tout a été bon pour cacher cette vérité qu'il y avait eu parmi les Juifs de Rome en l'an cinquième de Tibère un apostolat Christian précédant de dix ans la prédication du Joannès-jésus au Jourdain, fixée par Luc et par V Apocalypse elle-même à l'an quinzième de ce môme Tibère. On ne pouvait avouer cela sans tuer dans l'œuf évangélique le mensonge de Jésus en chair et

(1) Apocalypse^ xxiii, 4 et suiv. a Sortez de Babylone (Rome, Babylone d'Occident ô mon peuple, de peur que vous n'ayez part à ses péchés, ot que vous ne soyez enveloppé dans ses plaies. Traitez-la comme elle vous a traités, rendez-lui au double toutes ses œuvres ; dans le môme calice où elle vous a donné à boire faites-la boire deux fois autant. Etc. »

(2) De l'aveu même des Actes des ApôtreSjXiii, 1, qui se sont bornés à déplacer la chronologie en ce qui concerne ces personnages.

dans Tœuf ecclésiastique le mensonge qui fait immédiatement suite à celui-là : Pierre et Paul fondateurs de la religion de Jésus-Christ à Rome. Horreur! il y avait eu une église, un épiscope et trois diacres à Rome en 772, douzième année de la Nativité de Jésus pendsint le Recensement (1). II y avait eu une église, des épiscopes et des diacres en Sardaigne d'où sortit au quatrième siècle le fameux Lucifer de Cagliari, et qui auraient pu, sénatus-consulte en main, réclamer le second rang parmi toutes les églises d'Occident. Car le sénatus-consulte de 772 désignait si clairement les disciples de Jehoudda que Tinterpolateur de Tacite — arien — qui les mêle à l'incendie de Rome sous Néron dit : « Réprimée une première fois^ cette secte connue pour ses infamies levait de nouveau la tête (2). » Or nous verrons que, depuis cette première répression^ les Juifs de Rome ne furent expulsés ou punis sous aucun des successeurs de Tibère (3) ; que sous Tibère même, cet exemple fait et la ville purgée de ces imposteurs, les Juifs paisibles continuèrent à habiter Rome dans les conditions où ils Thabitaient sous Auguste : et déjà vous avez entendu les louanges que leur interprète le plus éloquent, Philon, décerne à Tibère en leur nom.

Le mouvement de 772 était si bien un mouvement christien, cela ressortait si nettement de Josèphe et de Suétone, de Tacite et de Philon, que les historiens ecclé-

(1) En un mot, Jésus aurait eu alors douze ans!

(2 Interpolation qui semble avoir été faite avec des lambeaux de phrase empruntés au passage où Tacite pariait des christiens de 772.

(3) On a interpolé Suétone, Vie de Claude ^ pour lui faire dire, conformément à l'une des impostures des Actes des Apôtres, que les Juifs avaient été expulsés de Rome sous Claude. Il y eut en effet de l'agitation christienne parmi eux mais superficielle, et elle ne fut nullement suivie d'expulsion. Dion Cassius, notamment, est formel sur ce point.

siastiques du cinquième siècle, comme l'Espagnol Orose, n'ont pas hésité à transférer à Pierre, sous Claude, le bénéfice de l'expulsion apostolique qui avait eu lieu sous Tibère. Nous verrons toutes ces belles choses en leur temps et d'autres qui les surpassent encore ; on nous montrera Tibère suppliant le Sénat, sur le rapport de Poutius Pilatus, d'inscrire Bar-Jehoudda parmi les dieux! Voici l'origine de cette galéjade. Tant par reconnaissance pour les mesures qu'il avait prises contre la cherté des grains que par protestation contre l'Apocalypse christienne, il y eut des sénateurs pour proposer qu'outre le titre de Père de la patrie, on décernât à Tibère celui de Seigneur (1). Il les en réprimanda fort sévèrement dans un discours qui les mit sur les épines, venant d'un prince « qui craignait la liberté, mais qui haïssait l'adulation ». D'où l'Église a pris prétexte de dire qu'il avait demandé pour le crucifié de Pilatus le titre de Seigneur qu'il avait refusé pour lui-même !

La première croisade du Christ est celle de Terreur contre la vérité, du fanatisme contre la civilisation, de l'imposture contre Texpérieuce. Pas plus qu'aujourd'hui Dieu n'était bete et méchant, pas plus qu'aujourd'hui il n'avait de Fils céleste en forme d'homme, pas plus qu'aujourd'hui les Juifs n'étaient ses fils terrestres et les dispensateurs du salut. Pour la troisième fois depuis le Massacre des Innocents, Dieu montra qu'il n'avait point do fils du tout. Aux six mille Innocents d'Hérode^ aux sept mille victimes du Recensement il ajouta les quatre mille déportés de Sardaigne. Il fournit aux contai) Tîicile, Annales, livre 1, ch. lxxxvii.

suis les bateaux plats de la transport ation, à la Sardaigne les brigands et les fièvres qui décimèrent le»élus. Tandis que chaque matin, au soleil levant, les filsde Dieu priaient le Christ Jésus d'anéantir les goym^ fussent-ils justes, chaque soir les Gaulois, au soleil couchant, se plaçaient devant leur porte et sonnaient de la trompe pour avertir les étrangers, fussent-ils Juifs^ qu'une maison leur était ouverte. :

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