‹ Le mensonge chrétienChapitre 54 sur 55 · LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

LES ÉGLISES

Du Recensement à VApocalypse, la secte semble dormir, et pourtant elle veille. Elle attend le terme fixé par Jehoudda, le Grand Jour où le Fils de l'homme baptisera de feu le fils de David.

En Tabsence du Nazir quelques disciples voyagent, hirsutes, maléfiques, jetant des sorts, appelant les maux, surveillés par les chiens qui grognent derrière leur besace, faisant peu de recrues malgré les splendeurs du Royaume. On les avait vus à l'œuvre. On les craignait comme chez nous on a craint les chauffeurs. Il y a là quelque chose comme une Gamorra, une Maffia, une Mano Negra dans un milieu indéfinissable, tout à la fois balkanique et marocain, macédonien et kurde, albanais et berbère, arnaute et kabyle, troublé de passions et d'idées fort troubles elles-mêmes et sur lesquelles ne peut rien la lanterne sourde de Thistoire. Jamais nos cerveaux modernes n'auront la puissance de quitter leur boite pour descendre au fond de cet abîme, où d'ailleurs il n'y avait que du vide. Tout ce qu'on sait de ces hommes, c'est que leGhristles empêchait de voir Dieu.

Shehimon s'était fixé dans Kapharnahum, avec sa

« mère » (1). Chaque fois que Bar-Jehoudda vient a Kapharnahum, qu'il habita peu ou prou avant la grande aventure, il va droit à la « maison ». Cette maison,, tout court, c'est celle de l'assemblée, c'est Téglise. C'est là qu'il guérit la mère de Shehimon, qui est la sienne, d'une fièvre qui la terrassait. C'est le seul miracle qu'il ait accompli chez celle que Luc appelle la « Veuve de Kapharnahum » pour ne pas l'appeler la veuve du grand Jehoudda. Quant à la fièvre dont il la guérit, nous savons de quelle nature elle était. Cette fièvre durait depuis la mort de <c l'homme de lumière »j elle était faite d'espérance et d'anxiété. Le terme approchait. Le fils aîné vengerait-il le père? Le Nazir se rappellerait-il que depuis le ventre il était l'Antéchrist, le Précurseur du Verbe? Et les six autres « démons » que Jésus avait émis par Salomé, répondraient-ils à cette céleste origine ?

Outre Téglise de Kapharnahum, la Grande Église, il y en avait deux en Syrie : Tune à Antioche, fondée par Ménahem I", l'autre à Damas, par Ananias (2). Ces deux hommes étaient dits Presbytres, c'est-à-dire Anciens ; ils sont de l'étoffe dont on a fait plus tard les épiscopes ou présidents. Aucun ne s'avouait christien pour ne pas trahir « le mystère de Dieu ». Mais le secret transpira, et bientôt on leur donna ce nom inef-

(1) Que certains Évangiles appellent « sa belle-mère > pour ne pas avoir à avouer que la mère de Shehimon dit la pietTe est en même temps celle de Bar-Jehoudda, dit Joannès ou le jésus.

(2> Dans les Actes, c'est Ananias qui baptise Saùl (Paul), lequel ne fut jamais baptisé, et c'est Ménahem qui lui impose les mains, contre toute vraisemblance. La seule chose qu'on puisse retenir de ces impostures dont on mesurera l'énormité bientôt, c'est l'existence d'une église à Damas cl d'une autre église à Antioche, toutes deux millénaristes à outrance.

fable qu'ils cachaient aux païens comme la clef du bonheur. C'est à Antioche, en effet, que les Juifs de cette secte furent appelés pour la première fois christiens (1) — ceci bien avant les fa its exploités dans la fable évangélique.

Ménahem P% étant un peu plus âgé que Lysanias et Philippe, devait avoir près de soixante ans, s'il vivait encore. Avec lui Lucius de Gyrène et Shehimon dit Niger étaient apôtres (2). Qui les avait faits apôtres et assez notoires pour que les premiers ils aient été désignés sous le nom de christiens ? Le Verbe. Est apôtre quiconque prêche le Christ (3).

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