FONCTION SECONDAIRE DES REPRÉSENTATIONS PA
sente à nous de quelque façon, nous verrons que nous en sommes écarté, soit par la représentation de quelque autre effet que le bénéfice que nous pouvions attendre du mensonge, soit par le respect de l’objectivité. Considérons successivement ces deux raisons :
a) Il n’y aurait pas lieu que la famille ou l’État instituassent des sanctions pour détourner l'individu d’un acte délictueux ou d’un mensonge, siles avantages prochains qu’il y a à le commettre n'étaient pas les plus forts. Il faut donc, pour que l'individu s’en abstienne, que la représentation des inconvénients lointains et particulièrement des inconvénients judiciaires de l'acte intervienne au moment où 1l est tenté de le commettre. Une prévision concrète ne peut être que l'application à l’avenir d’une induction, implicite ou explicite, tirée du passé. Il faudra donc que la secondarité des expériences d’où elle a été tirée soit forte, et, pour qu’elle puisse l’être, qu’en collaboration avec l’émotivité, la secondarité générale le soit aussi ;
b) Mais si nous nous observons avec soin, nous verrons qu’au moment où la tentation de mentir nous sollicite, ce qui intervient pour en détourner, c’est souvent moins le résultat d’un caleul utilitaire sur les avantages ou les inconvénients comparés que l’idée de la loi. C’est ce qu’on peut exprimer en disant que la véracité, abstraction faite des tendances concrètes, objectives ou subjectives, qui peuvent venir confluer avec elle, est une tendance intellectuelle, abstraite. Toutes choses égales d’ailleurs nous répugnerons à mentir. Sans doute, l’amour de la véracité pour la véracité est une disposition qui, prise en elle-même et à part de toute autre, peut se trouver inégalement chez les individus. Mais du fait d’être insérée dans un caractère comprenant telles ou telles autres dispositions, elle sera favorisée ou contrariée ; et dans une constatation statistique, l'influence de ces autres dispositions servant à définir les caractères masquera l'importance de la véracité, même différente, d’un individu à l’autre. Or, s’il y a un résultat qui importe ici, c’est que la secondarité est extrêmement favorable à toutes les vertus abstraites dont la véracité est le type. Elle est par là l’antidote de l’émotivité. Celle-ci nous porte vers des objets concrets, vers des réalités découpées dans l’expérience passée, présente ou prochaine, vers une femme, vers un fils, vers un tableau, vers un fruit ou un
billet de banque, vers une pièce d’or. À sa manière, elle abstrait, mais au sens où abstraire veut dire morceler, extraire et par là même produire une chose, car le propre de toute chose, c’est
’être un îlot. Mais cet îlot est réellement relié au monde par des lois qu’il enveloppe et qui lattachent à la totalité de être. La secondarité favorise, d’autant plus fortement que l’émotivité est plus faible, la double tendance à reconnaître les lois dans les choses et à situer ces choses dans l’ordre du monde. On pourrait l'appeler la tendance à l’universel, puisque universel signifie suivant les cas, général ou total.
On peut vérifier cette déduction de diverses manières :
19 Qualitativement, en se reportant à la classification des caractères, illustrée par G. Heymans, au moyen de la méthode biographique (1). Tout se passe comme si l'intérêt pour la systématisation abstraite avait les flegmatiques pour centre de diffusion taxinomique. À partir d’eux, on peut descendre vers les sanguins où le goût pour la pensée abstraite se maintient en se morcelant, ou vers les secondaires émotifs où le goût de la systématisation se contamine de préoccupations affectives;
20 Quantitativement, on vérifiera ce qui précède en constatant l'opposition entre des propriétés qui manifestent nettement la primarité, comme l’inconstance dans les sympathies (question 19), et d’autres, qui supposent l’inhibition opposée à une sollicitation du présent, comme la préférence pour des résultats éloignés (question 25) et la conformité entre la conduite et les principes (question 26).
Inconstance Conformité dans les Vise le de la cor duite
sympathies lointain et de l’idée NOT Ve Lu eee RS 4,6 4752 Colériques (E. A. P.).... 51,0 Er T 39,7 Amorphé ic rrssseue 32,7 9,2 30:17 SANS. EL oem 35,8 20,0 51,6 Sentimentaux.......... 13,3 40,7. 68,1 Passionnés (E. A.S.).... 7,9 52,8 83,8 Apathiques.:......... 4,3 39,4 72,3 Flegmatiques.......... 3,0 59,5 86,3
(1) Cf. p. ex. G. Heymans, Psychologie des Femmes, trad. franç., préf. p. x1x.