‹ Le Mensonge et le CaractèreChapitre 26 sur 80 · IV — VÉRACITÉ ET FRANCHISE · texte numérisé non relu

IV — VÉRACITÉ ET FRANCHISE

Les conséquences générales de la loi de V, qui viennent d’être indiquées, dépendent de la secondarité ; celle que nous allons définir est liée à l’émotivité et principalement au groupement EP. Si le mensonge n’est que l'expression verbale ou pratique d’un déséquilibre de tendances, 1l faut s’attendre à ce que les tendances, momentanément refoulées, reprennent ultérieurement leur efficacité ; et s’il arrive ultérieurement que des tendances fortes, qui ont été provisoirementrefoulées,s’accordent avec la véracité pure, qui l’a été aussi, et que toutes ensemble soient favorisées par les circonstances extérieures, la même impulsivité qui, chez les primaires surtout, a engendré le mensonge, engendrera l’aveu. C’est ainsi que des parents et des magistrats arrachent aisément à des émotifs, dont la secondarité n’est pas trop forte, une confession, qui peut être grave pour ceux qui avouent.

Il serait donc inexact de confondre véracité et franchise. La véracité est froide, intellectuelle ; elle est la tendance à reconnaître ce qui est et la difficulté de s’en écarter; il y a toujours, dans la franchise, un élan surajouté, un intérêt supplémentaire. Plus que la véracité, la franchise est sociale. Elle suppose des témoins, les brave ou au moins les affronte ; serait-ce pour recevoir leurs éloges. La franchise est plus ou moins accompagnée du sentiment qu’il y a mérite à être franc; la véracité, au

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