‹ Le Mensonge et le CaractèreChapitre 27 sur 80 · VÉRACITÉ ET FRANCHISE · texte numérisé non relu

VÉRACITÉ ET FRANCHISE

contraire, doit se paraître à elle-même naturelle, puisqu'elle ne procède de rien d'autre que d’elle-même (1).

Dans la mesure où la franchise intéresse davantage l’émotivité générale ou spéciale, elle doit vérifier l’une des lois les plus importantes de celles qui s'appliquent à l’émotivité, c’est celle qu’on peut appeler la loi d’oscillation. On peut formuler cette loi de diverses manières ; ce sera ici sous la forme suivante : chaque fois que, par suite de l’action concordante des conditions externes et de l’émotivité, la conscience, livrée à une tendance forte, est entraînée plus fortement encore dans un sens, cette oscillation appellera une oscillation proportionnellement aussi forte dans le sens opposé. La conscience est pendulaire. La hiérarchie des tendances moyennes crée l’état normal de chacun de nous. Que les circonstances intéressent fortement, à cause de l’émotivité générale, l’une de nos tendances, la conscience penche vers elle, mais elle reviendra, quand les circonstances auront cessé, d’autant plus fortement vers la tendance inverse. C’est un aspect du fait général de l’autorégulation, aussi remarquable dans la vie psychologique que dans la vie organique. Mais cette autorégulation est capable d’oscillations et même de dérèglement. Tout se passe ici comme dans l’opposition du sympathique et du parasympathique. Le sympathique accroît la tension artérielle ; 11 dilate la pupille; 1l accélère le cœur; au contraire, le parasympathique, formé par le pneumogastrique et le nerf pelvien, diminue la tension artérielle; 1l rétrécit la pupille ; il ralentit le cœur. D’après Hans Meyer, le premier est hyperthermisant; le second, hypothermisant; de leur équilibre, résulte la température de 370. Mais dans cette opposition, les deux termes en présence peuvent, suivant les individus, avoir une inégale importance. Par la méthode d’'Eppinger et Hess, ou plus simplement par le réflexe oculo-cardiaque de Dagnini et Aschner, on peut distinguer les sujets, chez qui l’influence du

(1) Ci. Paulhan in Journal de Psychologie norm. et path., 1926, p. 199. « L'expansion du présentiste le revêt assez souvent de l’apparence de la franchise. Elle est une moitié de cette qualité, l’autre moitié est la véracité que l’observateur superficiel est enclin àfne pas bien distinguer de la première ou à supposer naturellement associée à celle-ci. » Nous noterons les coïncidences entre les conclusions de M. Paulhan et les nôtres, absolument indépendantes les unes des autres et obtenues par des méthodes difiérentes, parce qu’elles vérifient l’objectivité de l’éthologie.

sympathique domine (ou comme on dit, les sympathicotoniques), de ceux qui sont surtout sous la dépendance du pneumogastrique ou les vagotoniques. Chez d’autres, les deux systèmes paraissent exaltés. Sans doute ces oscillations ne deviennent-elles violentes que chez les psychopathes, mais ceux-ci ne peuvent qu’accentuer des dispositions qui, avec une moindre intensité, se retrouvent chez les normaux. Il faut donc s’attendre à ce que la vie psychologique de ceux-ci exprime, en connexion d’ailleurs avec les actions endocrines, l'influence de l’innervation végétative, et que, comme elle, l’'émotivité psychologique soit formée d’oppositions.

Chez l'individu moyen, cette opposition se manifeste d’abord dans le fait que l’émotivité fatigue. À une crise émotive succède nécessairement une dépression. Mais chez l’émotif, pour lequel la moyenne d’émotivité est plus élevée, les oscillations se feront à l’intérieur de l’émotivité même ; elles porteront sur l’émotivité spéciale et le sujet passera d’une tendance concrète à la tendance opposée. Tant que cette tendance concrète sera encore une tendance générale, l’alternance sera cyclothymique. On peut vérifier à ce propos, dans la documentation de l’enquête sur l’hérédité, cette idée déjà indiquée que l’action de l’émotivité et par suite l’oscillation émotive est maximale chez les émotifs inactifs : |

nEnA EnA nEA EA Moy. gén.

Question 15, 30.

Variation d'humeur M — 23,35 60,45 20,85 42,25 36,7

Quand la tendance concrète sera plus spéciale, l’alternance sera objective : elle portera sur les objets (1) :

(1) Pour éviter toute confusion, il importe de marquer que la propriété 15,30 Variation d'humeur, dépend de l’émotivité et faiblement de la secondarité, puisque les nombres relatifs aux primaires diffèrent peu des nombres relatifs aux secondaires correspondants et dans des sens opposés, tandis que la propriété 19,19 est sous la dépendance marquée de la secondarité.

Moy. prim. Moy. sec.

Varialion dans les\sympalhes A ONE 95 2,1

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