‹ Le Mensonge et le CaractèreChapitre 28 sur 80 · VÉRACITÉ ET FRANCHISE · texte numérisé non relu

VÉRACITÉ ET FRANCHISE

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Question 19, 10, Variation dans les sympaihies M = 18,5 35,4 19,4 29,45 25,7

Il n’est pas étonnant que cette loi d’oscillation s’applique à la véracité. Quand celle-ci devient un objet pour d’autres tendances, ou seulement que l’émotivité vient se déverser en elle à cause de l’objet particulier auquel elle se rapporte momentanément, elle se change en franchise. Mais si la loi d’oscillation est vraie, à cette franchise, qui est la forme affective de la véracité, s’opposera la forme affective de la mendacité, qui est au mensonge ce que la fanfaronnade de vice est au vice en général. C’est le cynisme qui, sous sa forme affective, est une vanterie du mensonge (1).

Peut-on vérifier ces considérations sur la franchise autrement que par des observations théoriques ou qualitatives ? On en trouve une vérification, il est vrai, rudimentaire, dans la comparaison des questions 21 et 65 de l’enquête scolaire (2).

Garçons Filles

Pour la question 65 : pérace.......,.. 32,4 48,6 Pour la question 21 : avouer franchement une faute (pour ne pas mettre les autres dans lemparras}. 1.4.0. 244 33,8 Ces chiffres sont remarquables :

19 En ce que les derniers sont plus bas que les premiers : en

(1) 11 ne faut pas confondre le cynisme-fanfaronnade de vice, qui est un cynisme affectif, avec la véracité constatant le mal, le vil, comme cette véracité reconnaissant les conditions organiques inférieures d’un sentiment supérieur. Mais comme il n’y a pas de caractère sans quelque émotivité, il n’est pas douteux que la dépréciation sceptique et ironique de la réalité n’est jamais innocente de cynisme, par exemple chez les sanguins. Les primaires sont souvent sceptiques par incapacité de systématiser, puisque la systématisation suppose la conservation de beaucoup d’expériences passées, Le cynisme intervient pour leur fournir la vérification de leur scepticisme. Plus ironique chez les sanguins (A. France), plus rare chez les colériques, que leur activité, renforcée par l’émotivité, ramène à l’optimisme et tourne vers l'apologie de la nature (Diderot), il rejoint chez les nerveux le goût du pervers. Comme leur franchise tire la véracité au-dessus d’elle, leur cynisme la rabaisse au-dessous d’elle-même. Au nom de la véracité, on enlève à la véracité sa froideur et son désintéressement objectif.

(2) G. Heymans, Psychologie des Femmes, trad. franç., p. 306 et p. 302.

effet, cette forme de véracité doit être moins fréquemment constatable que la véracité en général ;

20 En ce que le rapport des garçons véraces aux filles véraces qui est de 66,6 %, est voisin du rapport des garçons francs aux filles franches, qui est de 72,2%, ce qui appuie l’objectivité des résultats d'ensemble.

Aussi l’on peut comprendre que lémotivité, ordinairement défavorable à la véracité, lui devienne favorable, quand il arrive que certaines tendances, comme par exemple l’altruisme, viennent momentanément refouler les tendances, qui ont précédemment provoqué un mensonge, dans ce’ cas, l’égoïsme. Mais comme le concours général de circonstances qui est nécessaire pour produire l’aveu par franchise est relativement rare, cet effet favorable de l’émotivité disparaît dans les statistiques d’ensemble de la véracité par rapport à son action ordinairement défavorable.

$ V. — DE L’ALTÉRATION AFFECTIVE À LA DUPLICITÉ ET AU MENSONGE INSTRUMENTAL

Jusqu'à maintenant, nous n’avons considéré le mensonge comme intentionnel, qu’en tant qu'il procède d’une tendance forte du sujet, devenue exclusive à la fois par le rétrécissement du champ de conscience, par l’affectivité et par l'exclusion primaire du passé. Mais il y a pour un acte humain, une autre manière d’être intentionnel, c’est d’être réfléchi. Au désiré s’oppose le décidé. Pour s’en rendre compte, il suffit de considérer n'importe quel exemple physique ou biologique. Par inadvertance, je renverse un objet dont la chute produit un bruit curieux ; impliquant que la chute est la cause du bruit, je me représente que la chute reproduira le bruit et, pour l’amener, je produis à nouveau la chute. D’involontaire, par la médiation d'une idée dégagée par analyse, l'acte est devenu volontaire ; le désir du bruit, issu de l’étonnement produit par sa première réalisation, a été la tendance motrice ; mais elle s’est adjoint l’idée plus ou moins claire de la fin, le bruit à produire. Au mobile, s’est ajouté le but. L'idée d’un rapport

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