A A RE UE PE A
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SP SNL LEA Re à 00-30 Affecte.. 2... 142,2110,6121,3| 7,1]. 7,4| 3,8115,6/ 4,4 82.19 Complimenteur .| 6,1| 4,3119,0113,3| 7,4) 4,4117,5| 9,2
La correspondance des deux lignes est remarquable. La seule divergence notable, abstraction faite d’abord des cas extrêmes, est relative aux sentimentaux (1). Mais si l’on regarde de plus près, un deuxième fait s’indique. Des sanguins aux passionnés, la tendance à complimenter l’emporte sur l’affectation : c’est le côté des actifs ; au contraire, des nerveux aux amorphes, c'est l'affectation qui domine. On comprend, en effet, que
(1) Pourquoi les sentimentaux font-ils exception ? On ne peut en chercher la raison que dans un effet syncrétique du groupement EnAS. D'abord, il convient d’observer que cette formule est l’une des plus riches en contradictions. Du fait de la forte réduction de l’activité, l’émotivité et la secondarité entrent souvent en conflit, la première tirant vers le concret, vers l’action, assurant le primat du cœur; la seconde au contraire, ramenant à l’abstrait, à la pensée. Le sentimental oscille entre le nerveux et le flegmatique. Quand l’émotivité le domine, il se rapproche du nerveux par le groupement EnA ; quand c’est la secondarité, ce qui est d’autant plus facile que son émotivité est plus spécialisée, il a, en commun avec le flegmatique, parmi les secondaires, le caractère de comporter une formule à 2 puissances, tandis que le passionné en comprend 3 et l’apathique 1 seulement. Cette ressemblance sera d’autant plus nette que la secondarité sera plus forte : on voit combien des hommes comme les sentimentaux Maine de Biran et Malebranche ressemblent par certains caractères à des flegmatiques comme Leibniz ou Kant. Cette oscillation du caractère sentimental amène souvent une spécialisation. Tantôt le sentimental satisfait son émotivité, tantôt, sa secondarité. Ce serait par émotivité qu’il se rapprocherait du nerveux comme complimenteur, par suggestion venue de la présence d’autrui, et, par secondarité, il éviterait (7,1 est inférieur à la moyenne 10,2) l’affectation dans une proportion seulement un peu moindre que les autres secondaires. Ce qui le menace, ce n’est pas l'affectation qui est plus ou moins une tromperie, c’est l’ « allure forcée » pour laquelle il atteint le maximum (31,9) : elle manifeste sa maladresse ordinaire (question 60, 20).
l’activité favorise l’aptitude à complimenter comme elle favorise le démonstrativisme (cf. p. 212). Mais l'influence de l’émotivité primaire est beaucoup plus forte, et comme l’inactivité renforce généralement les effets du groupement EP, les nerveux, même dans le compliment, l’emportent sur les colériques, malgré leur infériorité dans l’activité, par rapport aux colériques. |
À partir de ces faits, on peut distinguer deux politesses :
a. La politesse expansive par laquelle le sujet manifeste à autrui plus de sympathie que n’en comportent les lois profondes de sa nature. Le nerveux s'oppose au flegmatique, comme le fluctuant au constant. Les oscillations par rapport à une position moyenne sont fortes. Ce caractère se retrouve dans sa politesse. Il est
- souvent distrait, absent (question 83).
Nerveux Mna Ma Ma Drstrait eeUTANerEe 47 ,1 43 30 17 Esprit présent........ 101,61: 39,97 4870106975
Il lui arrivera de ne pas remarquer la présence des autres, comme nous avons vu qu’il lui arrivera de mal observer, car les autres l’intéressent moins que lui-même (question 72).
Coefficient Nerveux Mc d'augmentation Parle de personnes. ........ PRO A US À 36,4 1,29 Parle te ans NRA CRE “12959 15,2 4,96
Mais quand son attention portera sur une personne, du fait du rétrécissement du champ de la conscience, amené par l’émotivité, cette personne deviendra l’objet exclusif de son attention. Si elle est l’objet de jalousie ou d’inimitié, elle provoquera des paroles défavorables : c’est ce qu’on pourrait appeler la politesse négative ; mais si, pour quelque raison, elle s’attire une politesse positive, celle-ci se manifestera avec une chaleur qui, pour n’être que momentanée, n’en sera pas moins supérieure à la moyenne. Dans cette politesse, la part de la suggestion momentanée est très grande ; mais à cause de son action même que la secondarité
ne vient pas atténuer, cette politesse risque de paraître de l’hypocrisie à ceux qui seront successivement les témoins de manifestations différentes ou même opposées ;
b. La politesse froide est celle qui permet au sujet de mani-. fester exactement la sympathie moyenne qu’il éprouve envers la personne rencontrée. Précisément, parce qu’elle exclut les violents mouvements affectifs, elle doit osciller assez peu au delà et en deçà de la politesse moyenne du milieu social. C’est ce que vérifient les réponses à la question 82, 20 poli.
Valeur maximale...... SU PU 88.4 — MOYENNE A... 0e TRANS 0 NI MA le ee PRE T7 0)
Nous venons d’indiquer la politesse et particulièrement la politesse expansive comme technique du mensonge ; mais elle est capable de bien des spécifications. En toutes se retrouvera l'adaptation à une personne considérée, pour lui plaire. La diplomatie, comme l’art du vendeur, en sont des échantillons. On pourrait les classer toutes suivant l’importance relative du sentiment et de la réflexion. Quand le sentiment domine, le sujet y apporte plus de chaleur ; mais sans doute, une moindre attention aux conditions de l’action. Quand il s’atténue, cette hiérarchie se renverse. C’est pourquoi les meilleurs vendeurs et les meilleurs diplomates doivent-ils se recruter parmi les sanguins. Nous aurons donc à revenir sur la diplomatie à propos des actifs primaires (p. 241), comme nous y autorise le maximum indiqué par la question 62, 20,
Nerveux Colériques Sanguins Flegmatiques Moyenne
Se comporter diplo-
matiquement .... 17,2 17,5 27,4 20,7 20,1
59 L’obstacle est pour l’émotivité la condition de l’impatience. Pour de bonnes raisons, G. Dumas souligne volontiers cette idée que le désir est lié à la réalisation commencée des mouvements nécessaires à sa satisfaction ; que désirer, c’est par conséquent amorcer la satisfaction. On peut donc croire qu’en
vertu des habitudes organiques, les mouvements commencés doivent entraîner leur achèvement. Mais que cet inachèvement devienne impossible, l’énergie mise en jeu va rebrousser et, par dérivation psychologique, une émotion naîtra. La conscience éprouvera un malaise ;elle sera déchirée entre l'impulsion à achever le mouvement et l’impuissance à y réussir, et les modifications dérivées prendront la place du mouvement qui s’annonçait. À la conscience de cette dérivation, nous donnons le nom d’impatience.
Si d’abord ce que nous appelons l’émotivité n’est rien de plus qu’un coefficient de l’intensité de toute tendance, le désir, et, quand il est contrarié, l’impatience doit croître avec l’émotivité : c’est ce que vérifient les nombres de la question 89, 30 et 4° qui, à vrai dire, ne portent pas sur la patience et l’impatience en général, mais sur la patience et l’impatience pendant la maladie. Pour mettre en évidence l'influence vraisemblable de l’émotivité sur l’impatience, il suffit de comparer l’anxiété pendant la maladie (question 89, 20) avec l’impatience correspondante. En cherchant le coefficient dont il faut multiplier l’anxiété d’un non-émotif pour obtenir celle de l’émotif correspondant, et celui dont il faut multiplier l’impatience d’un non-émotif pour obtenir celle d’un émotif, on obtient toujours des valeurs plus grandes que l'unité, et comparables :
Coefficient Coefficient
relatif à relatif à
l’anxiété l’impatience D’amorphe à nerveux... ...:7.2..- 1,76 1,97 D’apathique à sentimental... Se T9 1,30 De sanguin à colérique........... 2,21 1,34 De flegmatique à passionné....... 2,28 1,70
Donc, quand l’émotivité augmente, l’anxiété naturellement augmente, mais l’impatience aussi.
Cette impatience, qui se confond, tant qu’elle ne devient pas trop intense, avec l’émotivité, est déjà intervenue pour produire l’altération affective, puisqu'il n’y aurait eu aucune raison pour que le sujet altérât la vérité, si elle ne lui avait opposé quelque obstacle. Mais comme cet obstacle a été presque immédiatement
écarté par le mensonge, l’impatience a dû cesser presque aussitôt que commencée. Ici où nous étudions particulièrement le passage du mensonge spontané au mensonge réfléchi, son rôle devient plus important. Supposons que le mensonge fasse naître un nouvel obstacle, l’émotivité se condensera de nouveau en impatience. Chaque fois que le sujet Paul P... ment pour satisfaire une tendance forte, si ce qu’il dit est contesté, si généralement le mensonge ne paraît suffire à la fin poursuivie, Paul trépigne, se démène, serre les poings.
C’est à ce moment que le mensonge devient agressif. On le constate, par exemple, chez Stendhal, dont Hazard et Arbelet, qui l’ont bien étudié, ont montré la perfidie. Ce « pirate littéraire », comme l’appelle Arbelet, a fait ses vies de Haydn, de Mozart et de Métastase, de paraphrases de J. Carpani; en 1831, la vie de Haydn, qu’il avait publiée sous le nom de Bombet, est rééditée par lui sous le nom de Stendhal (1). Est-ce l’altération affective ? Si l’on veut, mais accompagnée de conscience claire : les emprunts sont trop flagrants ; il en avoue dans son journal inédit (2) ; ailleurs, 1l brouille les sources pour tromper sur les vraies (3). Va-t-il s’arrêter là? Non. Carpani, qui a appris le plagiat, l’en accuse. Que fait-il ? Il a le front de retourner l'accusation de plagiat contre Carpani (4) ;
60 Il n’y a plus qu’un pas à faire pour que l’altération affective, devenue réfléchie, se change en perfidie : convertir la pratique du mensonge en droit. L’émotivité a entraîné l’intelligence parce que la faiblesse de la secondarité débilite les tendances intellectuelles. À mesure que le combat entre le menteur et ses adversaires accroît la tendance, qui est au principe du mensonge, de tout ce que peut y ajouter de force la peur d’être ridiculisé, de perdre l'influence et le succès, la tendance maï-
(1) Les principales étapes de l’affaire ont été découvertes par Paul Hazard, qui les a racontées (Revue des Deux-Mondes, 15 septembre 1921). G. Maurevert, dans le Livre des plagiats, pp. 157-181, rapproche ces résultats de ceux qui ont été obtenus par les recherches d’Arbelet. L'histoire de la peinture en Iialie plagie Bozzi, Amoretti, etc., et surtout l’abbé Lanzi; Rome, Naples et Florence est fait d'emprunts. Hazard a trouvé des démarquages dans Racine et Shakespeare. La Chartreuse de Parme sort d’un fonds italien.
(2) G. Maurevert, op. cit., p. 162.
(3) G. Maurevert, pp. 172, 199.
(4) G. Maurevert, p. 161.
tresse s’asservira jusqu’à l'esprit d'analyse, et le sujet, s’il en est : intellectuellement capable, forgera une théorie pour résoudre le conflit entre ses passions et son intelligence, en asservissant celle-ci à celle-là. De l’art de mentir, il fera insensiblement le droit de mentir. Leur union composera le mélange caractéristique qui forme la tonalité éthologique du « Prince ». C’est une thèse essentiellement machiavélique que la revendication commence à créer le droit. Il serait vrai en eftet, à supposer que le mensonge pût triompher absolument, que la transformation de la réalité entière pour la mettre en conformité avec le mensonge, ferait de celui-ci la vérité, comme la mère de Lamartine fit mettre un lierre à la maison de Milly, parce que son fils en avait mis un dans sa description (1).
$ IV.— LEs TENDANCES INSPIRATRICES DU MENSONGE DES NERVEUX
Il n’y à pas de question plus importante pour l’éthologie, que celle de la détermination des tendances qui inspirent et dirigent notre activité. Nous ne ferons ici qu'indiquer la classification des sentiments que nous utiliserons, en procédant des modalités les plus générales du sentiment à leurs déterminations les plus concrètes et particulières.
19 Si le sentiment est d’abord une puissance pure, cette puissance peut s’employer, soit à nous rapprocher d’un objet, ou à le rapprocher de nous, soit à nous écarter de lui ou à l’écarter de nous. Nous obtenons donc en premier lieu l'attrait ou l’aversion. Ils peuvent déjà se déterminer en relation avec la situation de leur objet dans le temps de la manière suivante :
Apversion :
Du passé, 5.0 . Regret, remords.
Du futur prochain. .. Peur, crainte, angoisse. Du futur lointain. ... déterminé : appréhension, préoccupation. indéterminé : inquiétude, anxiété.
(1) L. Cerf, Le reliquaire de Lamartine, Elbeuf, E Duval, s. d., p. 34. Cf. p. 33, la photographie de la maison avec le lierre.
Attrait :
EMDaSsE Le eue . Complaisance rétrospective.
Du futur prochain... Impatience.
Du futur lointain.... déterminé : espérance.
indéterminé : curiosité.
Quand l'attrait s’accompagne du jugement qu’une personne est responsable de l’événement attrayant, l'attrait pour cet objet devient amour pour la personne. Quand l’événement est de nature à provoquer l’aversion, l’aversion devient haine;
20 Ces modalités générales engendrent les tendances profondes. Parallèlement à Ja distinction de l'attrait et de l'amour, de l’aversion et de la haine, on peut distinguer : a) des tendances impersonnelles ou objectives pour lesquelles le sujet se subordonne à la conservation, à la découverte ou à la production d’un objet concret ou abstrait. Le savant vit pour trouver des lois ; le peintre, pour produire des tableaux ; b) des tendances personnelles par lesquelles le sujet veut assurer le succès, soit de lui-même, soit d’autrui.
Dans le premier cas, ces tendances personnelles constituent l’égoisme. Dans leur extension, rentrent tous les Jchtriebe :
Vie : instinct de conservation ; besoin de mouvement, curiosité ; égoïsme organique......4 Santé : souci de l’hygiène ; Alimentation : goinfrerie, gourmandise ; Sexualité : désir sexuel.
4 { & À Tee ag ler (EEE Ke jinen ; — des bijoux ; pi nature ... ?
ÉTAT at) IRAN ER de l’ameublement ; — de la demeure.
Cupidité pécuniaire.
fonctions ;
titres et décorations.
familial ;
social.
Honneurs ..
Pouvoir....
Dans le deuxième cas, il y a altruisme.
Les tendances impersonnelles peuvent se subdiviser suivant les deux tendances fondamentales de l’intelligence :
a) Le besoin analytique est la tendance à débarrasser l’hétérogène de sa diversité pour y reconnaître la loi qui en constitue l’'homogénéité ;
b) Le besoin synthétique est le besoin de construire une multiplicité pour en faire un tout. On peut l’appeler besoin d’organisation ou de finalité concrète. C’est encore le besoin de mener un travail jusqu’à son achèvement, une œuvre jusqu’à sa réalisation.
La véracité ne se confond ni avec l’un, ni avec l’autre : c’est déjà une tendance composée ;
30 Au-dessus viennent les tendances composées qui résultent de la synthèse de plusieurs de ces tendances. Par exemple, l'amour d’une mère pour son fils combine l’altruisme maternel avec, éventuellement, d’autres tend2nces, comme l’égoïsme social ; la jalousie, l’égoïsme et une tendance forte, avec la haine d’une personne, située dans les mêmes conditions, chez qui la même tendance est satisfaite ;
40 Les tendances concrètes sont plus spéciales encore : c’est la jalousie d’Othello, l’amour de Mme de Sévigné pour sa fille ; mais ce sont encore des tendances durables ;
5° Il n’y a au-dessus que les tendances singulières qui naissent à un certain moment de la collusion de tendances durables avec tel concours singulier de conditions externes.
Quelles sont celles de ces tendances qui interviennent le plus ordinairement dans les mensonges des nerveux ?
A) Tendances premières
a) La première est la plus passive des émotions, la peur (1). Deux questions dans l’enquête de G. Heymans et E. Wiersma
(1) Duprat, in Le Mensonge, Paris, Alcan, 1903, p. 73, indique que dans un classement de 136 cas de mensonge d’après les mobiles, « la peur, l’appréhension » en expliquent 75. C’est le nombre le plus grand. Orgueil, amour-propre, vantardise font ensemble 6 + 5 + 183 — 24. Mais l’auteur remarque que les observations proviennent « à peu près toutes » d’instituteurs qui doivent avoir surtout observé des mensonges provoqués par la menace d’une punition. Il est certain, en outre, que des mobiles très divers doivent toujours conspirer dans la production d’un mensonge. — Tout le développement, qui commence ici, pourrait être vérifié aux moyens d'exemples empruntés
s’y rapportent : la première (question 70) (1), concerne la peur en présence d’un danger (incendie, émeute, etc.) ; la seconde (question 89), l'anxiété pendant la maladie (2). Sont pusillanimes ou anxieux pendant la maladie :
Question 70 Question 89
EnA Sentimentaux..... Hoi 46,9 O0 INGEV RES NE EN UE 44,3 41,4 EA Passronnés tte Tu AN 35,5 30,7 Coléniques: 2" rate 32,3 30,4 nEnA Apathiques. .…........... 37,2 (3) 29,8 Amorphes...... PE ANERES 29,6 23,5 nEA Flegmatiques........... 25,1 13,9 Sanguins.......... A 25,3 13,7
Les chiffres de la seconde colonne sont, comme on pouvait s’y attendre, plus faibles que ceux de la première. De leur comparaison, trois résultats se dégagent :
19 L’émotivité favorise la peur (4) ;
20 L’activité la défavorise (5). Ici encore, nous rencontrons
aux études de E. Dupré sur la mythomanie, qui ne fait qu’amplifier le mensonge des émotifs primaires. Sur la peur, au principe de ces mensonges, cf. E. Dupré, Pathol, de l’imagination et de l’émotivité, Paris, Payot, 192, pp. 6-8, sur la suggestibilité p. 6, sur l'accélération résultant de l’autosuggestion p. 9, sur la vanité p. 11, 14, etc. Dupré cite volontiers le mot de Diderot : « On ne ment plus guère quand on s’est départi de la prétention d'occuper les autres de soi » (p. 27).
(4) G. Heymans et E. Wiersma, art. cit., p. 20.
(2) G. Heymans et E. Wiersma, art. cit., p. 23.
(3) Nous n'’utilisons pas ce chiffre à cause de la faible probabilité attachée, comme nous l’avons vu, au chifire des apathiques.
(4) Sans doute en la grossissant et en produisant le rétrécissement du champ de conscience. C’est un lieu commun des descriptions littéraires de la peur, par exemple chez Maupassant et Zola, que la hantise rapportée à l’objet de la peur et la suppression de toute critique chez le sujet affolé.
(5) Cette deuxième affirmation se confirme de façon précise dans le tableau VI, p- 64 de l’article indiqué, où les auteurs ont classé les nerveux et les colériques suivant l’activité (question 70, 19 et 20).
EnAP EAP A , —, Non actifs Non actifs Actifs Actifs d’après d’après d’après d’après tous les la plupart la plupart tous les
critères des critères des critères critères Courageux............. 34,1 38,6 39,8 54,5 Pusillanimes ........... 44,0 44,6 35,8 29/1
l’antagonisme des deux actions. Il n’y a pas d’oficier qui ne sache qu’une troupe occupée est plus facilement maintenue sous le feu qu’une troupe immobile ; .
30 La secondarité n’exerce qu’une action faible et opposée, suivant à la fois les propriétés auxquelles elle est associée et suivant les conditions de la peur. Par exemple, elle a une action aggravante chez les sentimentaux quand le danger est instant, à cause sans douté de ses effets d’inhibition ; atténuante pendant la maladie, où elle favorise la réflexion sur les possibilités de guérison. À
En conclusion, il est net que le maximum de pusillanimité se trouve chez les EnA ; le minimum, chez les nEA : les deux résultats sont corrélatifs.
Considérons maintenant l'effet de la peur sur la véracité. Pourquoi la peur, dominante chez les EnA, plutôt prépondérante chez les sentimentaux, permet-elle à ceux-ci une véracité sensiblement double de celle des nerveux ? Ces chiffres permettent de le comprendre. D’abord, dans les conditions ordinaires de la civilisation, un danger imminent est exceptionnel. Dès que le péril n’est plus urgent, la secondarité intervient pour rendre l’avantage au sentimental, comme le prouvent les données de la question 89. En outre, toujours dans le cas de la menace lointaine, le sentimental a encore sur le nerveux l’avantage de la prévoyance, comme l’indiquent les chiffres suivants :
: EnAP EnAS D’après l’enquête biographique :
Aptitude à la systématisation..... () 14 D’après l'enquête statistique :
: Économie (question 54, 20)....... Pen (NE 4 46,9
Activité en.vue de fins lointaines
(question 29; FANS HT AG 40,7 Ponctualité (question 85,10)....... 31,0 45,1
Comme la prévoyance du sentimental est supérieure à la moyenne, cette prévoyance le servira en lui permettant d’éviter
* plus fréquemment les situations où la pression défavorable des conditions externes le contraindrait à mentir. S'il s’y trouvait et qu'il s’y trouve, le voilà aussi menteur, au moins pour autant que le mensonge résulte de la peur, que le nerveux ; mais il
évite de s’y trouver. C’est donc encore chez le nerveux que le mensonge par peur doit se présenter le plus fréquemment. Qu'il ressemble par là à un enfant, c’est d’abord ce qui résulte du rôle prédominant de l’émotivité dans l’enfance; mais il est en un sens plus enfantin que les enfants, car il peut se faire que la formule congénitale de l’enfant contrarie son émotivité ’âge. Au contraire, chez le nerveux, se trouvent réunies toutes les conditions qui favorisent le mensonge et presque aucune de celles qui pourraient réagir contre les premières. C’est tout autre chose de mentir en répugnant au mensonge et de mentir sans y répugner. Le plus grand menteur sera du point de vue de. la morale celui qui fera le plus de violence à sa nature pour mentir ; du point de vue de la science, c’est celui pour qui le mensonge n’est pas un mal ou n’en est qu’à peine un. N’hésitera pas à mentir par peur, celui qui n’hésite déjà pas à mentir par jeu. Comment donc la peur n’emporterait-elle pas du premier coup la conscience d’un nerveux ? Particulièrement, la peur physique est accrue ches les EnAP par l'importance des tendances vitales (1). Pour éviter une sanction, un nerveux (et, s’il est bloqué dans une situation menaçante, un sentimental) mentira contre l’évidence. Il y a dans les annales criminelles, comme dans l’expérience des familles, surabondance de cas où un coupable, pris la main dans le sac, ment encore. Plus on menace un enfant effrayé, plus 1l ment. Même lui assure-t-on qu’il ne sera pas puni, il persiste à mentir, car il sait bien que la colère de ceux qui lui donnent cette assurance, après lavoir menacé, ne pourra pas se passer sans effets. Il a raison, car s’ils sont primaires, leur colère sera plus forte que l'assurance abstraite ; s’ils sont secondaires, mieux vaut encore pour lui qu’il n’avoue pas, car la peur d’être injuste en punissant un enfant, qui peut n'être pas coupable, atténuera les sanctions que provoquera la faute non reconnue. Ce raisonnement implicite est évidemment moins avantageux en Justice, surtout auprès de juges de profession.
Les variétés du mensonge par peur doivent être extrêmement
(1) Question 44, 40 plaisirs de la table : nerv. 55,2 = maximum ; 46, 1° sexualité : am. 21,4; nerv. 16,1 ; moy. 8,2.
nombreuses. Leur étude minutieuse et leur classement seront; dans une éthologie plus avancée que la nôtre, précieuse pour la différenciation des sous-espèces d'EnAP. Il y a des mensonges par peur d’un mal réel ou d’un mal imaginaire. Ce n’est là évidemment qu’une différence de degré ; mais elle est légitime. On peut, il est vrai, observer que nous n’avons peur que de maux imaginés, puisque la peur par nature anticipe sur la présence du mal ; on peut même ajouter que la distinction entre l'imaginaire et le réel n’a pas tout son sens pour un nerveux accentué, puisque, chez lui, l’imaginé imprègne le perceptif ou se substitue à lui :il n’en est pas moins vrai que l'analyse des conditions de la perception consolide, pour tout homme normal, certaines représentations et discrédite les autres. Celui qui craindra surtout l’effet, conforme aux lois empiriques, des premières, aura des peurs réelles; l’autre, qui craindra l'effet, conforme à des affirmations humaines, des secondes, aura des peurs imaginaires. C’est, psychologiquement, un fait de craindre la mort; un autre, de craindre l’enfer. Un enfant EnAP, qui a entendu parler de la toxicité des sels de cuivre, craint d’être empoisonné parce qu’il a touché un objet de cuivre : peur imaginaire, non parce qu'il se trompe, mais parce qu'il a reçu la raison de sa peur par ouï-dire. — L’allure du mensonge par peur n’est pas la même, suivant qu’il se produit dans une conscience étroite ou dans une conscience large. Une fillette très émotive, très peu active, très secondaire, à conscience très étroite, est terrorisée quand on lui lave la tête ; elle résiste violemment à un médecin qui veut lui regarder le palais en appuyant sur sa langue avec une cuiller ; la même persiste avec une opiniâtreté inflexible dans un mensonge de défense quand elle a peur. Même début d’action chez un garçon très émotif, assez actif, primaire, à conscience large; mais, à condition de ne pas l’effrayer, il ne persiste pas dans un mensonge, il faiblit, puis sourit et le mensonge se termine en aveu. La représentation de l’utilité du mensonge n’a pu conquérir toute la conscience ; d’autres, à côté d’elle, produisent d’autres effets, comme chez Andromaque qui rit en pleurant. Chez les natures les moins menteuses, 1l se produit souvent aussi un contraste entre les effets psychologiques de représentations claires.
Enfin la peur est une tendance générale, indéterminée, un mouvement pour écarter : elle se spécifie suivant les autres tendances de l'individu, soit congénitales, soit acquises. La peur physique et la peur de paraître sot résultent de la spécification par des tendances congénitales ; la peur d’échouer à un examen ou de prendre un texte apocryphe pour authentique, par des tendances acquises : leur composition peut aboutir à des formes très délicates de mensonge.
On pourrait distinguer encore les peurs abstraites et les peurs concrètes, suivant que la tendance menacée de déception par l'événement qui fait peur est une tendance impersonnelle ou une tendance personnelle, soit altruiste, soit égoïste. On peut avoir peur d’un coup ou peur de perdre l’amour de quelqu’un : peur concrète ; on peut avoir peur d’arriver en retard ou d’altérer la relation d’un événement : peur abstraite. Notamment, le coupable peut avoir peur de la punition ou peur d’avoir mérité la punition : la tendance lésée est, dans le premier cas, l'instinct de conservation ; dans le second, « l’amour intellectuel » de la loi. Chacune des tendances peut engendrer une espèce de mensonge par peur. Il suit de tout ce qui précède, que les EnAP produiront surtout des mensonges par peur concrète. Pourtant, vivant en société, ils ne peuvent complètement méconnaître l'importance de toutes les formes plus ou moins déterminées de l’objectivité ; en outre, toutes les tendances humaines sont, à des degrés différents, dans tous les hommes ; enfin, il y a des EnAP intelligents au sens analytique d'intelligence, qui doivent reconnaître en eux-mêmes les lois générales de leur activité.
B) Tendances profondes
L’égoïsme, conçu d’abord dans sa généralité, peut prendre deux formes, suivant qu’il veut la réalité des choses (orgueil, ambition), ou se contente de l’apparence (vanité, recherche de la jouissance). On peut prévoir que la seconde forme prédominera chez les EnAP, car d’abord la possession d’une réalité ne s’obtient et ne se maintient que par l'effort. À cet effort, le nerveux est très peu apte, puisque chez lui l’activité, faible
par nature, est aflaiblie par la concurrence de l’émotivité, quand l’objet de l’effort n’est pas émouvant. De plus, à cause de la primarité, les intérêts sont très variables ; ils ne peuvent donc inspirer une action persévérante. En effet, comme le vérifient les chiffres, le nerveux doit hésiter devant l’action :
Amorphes Nerveux Sentimentaux Colériques Moyenne
Question 5, porté à différer....| 88,8 | 81,1 | 78,8 | 13,6 | 46,6 Question 6, facilement découragé.| 24,5 | 52,9 | 52,2 | 31,5 | 30,8 Question 24, grands projets..... 25,5 | 41,4 | 12,4 | 29,6 | 18,5 Question 25, résultats immédiats. | 64,3 | 66,7 | 21,2 | 52,1 | 39,5
En outre, ce qui l’intéresse dans une situation de fait, c’est moins ce qu'elle est ou ce qu’elle promet pour un avenir plus ou moins lointain, que la manière dont elle l’affecte actuellement ou va l’affecter bientôt. Quand tout se passe pour son activité comme s’il avait obtenu la réalité désirable, 1il doit être satisfait. L’orgueilleux veut le pouvoir, la domination, la force, même si les autres l’ignorent ; le vaniteux veut la louange d'autrui, même si elle s’égare. Cette opposition est vérifiée par les réponses aux questions 48 et 49.
a £ 8 BUS QE NE Ee D BUT SENS ÉlSle) She) ens Le © =) Et & Fa] a S ‘a & el. = 5 œ 60 oc a Question 48.
VADITEUX........e se... (37,8126,6184 122,1122,1| 9,3134,2113,2 Question 49.
avide de considération ..133,7124,5|47,7136,3142,1125,3152,9131,8 ou indif'érent à la consi- Ù dération d’autrui.....133,7135,1116,7126,5,24,2130,1,77,9124,6
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mn n 5 d mn