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Les EA tiennent toujours le maximum ; les nEnA, auxquels il faut encore joindre les sanguins, tombent au minimum.
De ces chiffres concordants, il est intéressant de rapprocher ceux qui sont fournis par la question 56, 20 verser de l'argent aux œuvres philanthropiques :
S 19 Flegmatiques:n.."....42%6 Sanouins..!..4..4 31,6 Passionnés.......... 39,4: Colériques.:...:.1.. 30,0 Apathiques.......... JE D PNerveux. it ie. 23,6 Sentimentaux....... SL: JPAMONDRES 0 Peu 19,4
L'influence de la secondarité devient ici toute-puissante. Il est même caractéristique que la non-émotivité collabore avec elle. Le résultat de ces deux influences est l’abaissement des colériques, non seulement au-dessous des secondaires, mais même au-dessous des sanguins, relevés à la tête des primaires.
L'opposition des premiers résultats avec ce dernier illustre l’opposition entre l’altruisme du cœur et celui de l'intelligence, entre l’altruisme affectif et l’altruisme abstrait. Le premier s'intéresse aux personnes ; 1l naît du spectacle de la souffrance d'autrui ; il cesse ou s’affaiblit quand l’expérience directe des maux s’atténue. Il lui est plus facile de secourir effectivement par des paroles ou des actions. Le second ne s’attache pas tant aux personnes qu'aux principes ; il secourt par considération de la loi morale, fournit les moyens de secours plutôt que le secours même, se méfe de la charité personnelle et préfère la charité ordonnée, réglée, organisée. Les deux altruismes sont en commun sous la dépendance de l’activité, de sorte que le produit nEA finit par équivaloir au produit ES, et les sanguins, par atteindre les sentimentaux.
De tous ces faits, se dégage assez précisément l’allure générale de l’altruisme propre aux colériques. À cause du groupement EA, qui leur est commun avec les passionnés, ils sont compatissants et serviables. Leur aptitude à la sympathie les rend capables d’éprouver les peines d’autrui, et la facilité avec laquelle ils agissent leur permet d’agir pour les atténuer. Jusque là leur comportement coïncide avec celui des passionnés. Mais
l'opposition de la primarité et de la secondarité va intervenir pour les distinguer. Le mouvement de sympathie va, chez le passionné, entrer en conflit avec la répercussion des expériences passées et les idées abstraites, dont la secondarité favorise l’influence. Il en résultera un retard dans l’action, puis suivant que l'influence de la secondarité convergera avec celle du produit EA ou non, l’emploi de moyens de secours à la fois plus efficaces et plus profonds, par exemple, l'argent, ou une inhi= bition. |
Par rapport à l’action altruiste du passionné, celle du colérique sera donc plus concrète, plus rapide et moins puissante. Dans un groupe social d'EAP, il y aura une bienveillance mutuelle, la tendance aux secours improvisés, une serviabilité faite surtout de bonnes paroles et, pourrait-on dire, de secours en nature. À mesure que S croît et que E s’atténue, le groupe social devient plus froid, mais la charité s’organise et, grâce à des crédits financiers plus puissants, lutte contre les maux par des lois et de l'argent. Par rapport à cette action réglementée et pécuniaire, la spontanéité altruiste des colériques est à la fois supérieure et inférieure ; supérieure, en ce qu'elle est plus complète, fait intervenir plus de facteurs de la personnalité ; inférieure, en ce qu’elle est moins profonde, par suite, moins générale et moins durable, donc enfin objectivement moins efficace.
Il se présente encore ici un phénomène comparable à la dégradation que nous avons reconnue à propos des nerveux. Mais tandis que la dégradation, favorisée à la fois par la primarité et l’inactivité, substitue à l’action sur l’objet une action sur des représentations imaginaires, la réduction de l’acte chez les colériques, qui sont des primaires, mais des actifs, est moins grave. Le colérique reste en contact avec la réalité, mais l’action qu’il exercera sur elle sera une action de moindre difficulté (1).
(1) Cf. Emil Lucka, Das Problem einer Charakterologie in Arch. f. ges. Psych., 1908, p. 311-341 (C. R. in Zeitschr. f. Psych. und Phys. der Sinnesorg,. vol. 51, 1 abt., pp. 316- 318). L'essentiel, c’est la «preuve de la relation entre le moi et le monde ». Il distingue entre « l’homme reproductif » qui utilise le milieu sans le transformer, qui s’adapte : sous sa forme extrême, c’est l’Augenblickmensch, et « l’homme productif » qui crée, Se pour lui, le type est Gœthe. On voit notre position propre par rapport à cette thèse :
Il applique plutôt qu'il n’invente ; il utilise plutôt qu’il ne crée; ses visées sont prochaines ;
Nerv. Fleg. Col. Pass. Moy.
Question 25, 19 Avenir lointain. &:6.-09,51 €7,4552,8 90/4 Question 25, 20 Résultats imm. 66,7 15,3 52,1 16,2 39,5
et il analyse moins profondément les conditions du succès. Il en résulte sa supériorité dans l’improvisation, son infériorité dans l’organisation. Les EAP cherchent à s'adapter intelligemment à la réalité ; les EAS tendent à l’adapter à eux.
On pourrait représenter, par ce petit tableau, la réduction que la puissance d’action attachée au groupement EAS éprouve de ce groupement aux autres :
l’action objective (EAS) Analyse des conditions fav. par S. — la schématisation Synthèse réalisatrice fav. par EA nEAS
| U la dégradation (EnAP)-< l’utilisation (EAP)
Ce que la dégradation est à l’utilisation, le rêve l’est à l’improvisation ; ce que l’utilisation est à Deco organisatrice et créatrice, l'imagination l’est à la synthèse précédée d’une analyse RATE ; aan pour terminer par les contraires doubles, ce que la dégradation est à la schématisation, le rêve l’est au plan. Rêve et plan ne sont és réels, ou le sont aussi peu que possible, puisque le rêve n ’est fait que d'images et le plan d'idées ; mais tandis que le rêve est affectif, a pour finalité de Hi subjectivement, directement, de tendances, le plan est intellectuel et esquisse déjà des directions motrices.
19 L'opposition de la reproductivité et de la productivité, est en somme celle des EAP et des EAS ;
20 L’Augenblickmensch est le primaire ; il comprend dans son extension d’autres types que le colérique ;
39 Dans la littérature, il y a de la dégradation, et c’est parmi les hommes d’action qu'il faudrait chercher des exemples d’ hommes productifs.
Il y a plus de passé dans le rêve, plus d’avenir dans le plan ; le présent est dans l’acte synthétique qui impose la forme d’un plan à une matière d’images : cet acte enveloppe l'efficacité du groupement EA.
Il convient de rappeler que ces indications ne peuvent prétendre qu’à une vérité moyenne. D’autres facteurs interviennent pour influer sur l’action d’une personne déterminée, d’abord son esprit d'analyse, puis ses aptitudes spéciales, enfin les conditions externes. Il reste que l’action doit s’amoindrir chez les EAP, comme elle se dégrade chez les nerveux. Nous appellerons ordinairement utilisation, ce symptôme de l’action diminuée. Le tableau ci-dessus devient donc :
Par réduction de l’action: L
dégradation (EnAP) — rêver.
réalisation (EAS) utilisation (EAP) = s'adapter. — dominer la réalité faire des objective. schématisation (nEAS) = ‘ plans abstraits.
Ces faits conduisent à une théorie de l’altruisme. Tout homme cherche la satisfaction de ses tendances, c’est ce qu’on peut appeler l’égoïsme par origine. Mais ces tendances se portent dans des sens très différents, suivant sa formule, au rêve, à la pensée abstraite ou à l’action. De même qu’on n’est objectivement altruiste qu’à condition d’agir, la tendance à l’action ne pourra croître sans que les autres personnes en soient affectées, puisque objectivité et pluralité des consciences sont des termes liés. À ce moment, observera-t-on, une distinction s'impose: l’action d’un sujet peut en affecter un autre pour le subordonner ou le servir, le réduire à l’état de moyen ou l’élever à la dignité de fin. C’est vrai. Dans le premier cas, il y aura égoïsme par destination ; dans le deuxième, altruisme par destination. Mais d’abord, on ne peut utiliser les autres qu’en donnant satisfaction à leurs tendances. Un Néron et même un Napoléon sont destinés à échouer, mais jusqu'où ils ont réussi, c’est en se conciliant des complices ou des collaborateurs ; en outre, celui qui veut dominer la réalité, est pour
lui-même nécessairement condamné à l’ascétisme, essentiel à tout effort et à tout travail. Il en résulte que l’intensité de l’action reste le facteur principal de l’altruisme objectif.
Supposons maintenant que cette action se déforme, se réduise : quand la secondarité deviendra prédominante, par réduction de l’émotivité, cet altruisme tendra à devenir une organisation formelle, une morale de juristes, de magistrats et de banquiers. Pour le flegmatique Bentham, la moralité devient l'invention du « Panopticon », une prison modèle où on apprend à organiser ses actes. Les émotifs-primaires ne voudront pas reconnaître l’altruisme où le cœur n’est pas.
Supposons, au contraire, que la secondarité s’affaiblisse, nous glissons insensiblement de l’altruisme effectif à la cordialité, la confiance ; du fait de cette réduction, nous tendons par les colériques vers les nerveux. Insensiblement, le sentiment se convertit en émotions et l’altruisme objectif se change en altruisme subjectif, où l’action organisée et efficace perd ce que l'expression de l’émotion gagne. À qui ne mesure pas les conséquences de l’action, cet altruisme en paroles et en gestes doit paraître plus aimable, et il l’est, en ce que, s’exprimant davantage, il doit engendrer autour de lui une irradiation plus intense et, par suite, une sympathie plus vive. Pour un émotif-primaire, le plus bienfaisant des EAS, surtout s’il penche vers les flegmatiques, paraîtra agir par devoir plutôt que par amour.
Supposons enfin que l’activité ou l’émotivité se réduise complètement, l’affaiblissement de l’action amène le remplacement de l’altruisme par l’égoïsme. Seule la secondarité, en fortifiant chez un sujet l'influence de la loi, atténue cet affaiblissement. Les nerveux et les sanguins, et derrière eux les amorphes, seront ceux qui fourniront les exemples les plus caractéristiques d’égoïsme, celui qui limite aux fonctions organiques le domaine de son expansion.
Sur ce thème général, les variations sont innombrables
19 Nous venons de réduire l’altruisme à l’égoïsme par origine, quand :il possède, à cause du groupement EA, une grosse puissance d’action ; mais de cet égoïsme par origine, nous avons distingué l’égoïsme par destination. Celui-ci doit se ramener à certain rapport de À et de E. La très forte activité amène
insensiblement à ne traiter les personnes que comme un « matériel humain », et la secondarité aidant, le mépris de l'individu personnel peut être lié à une action exclusivement soucieuse de ce que peuvent rendre et de ce que doivent recevoir les individus moyens. Inversement, la croissance de l’émotivité rend plus apte à la sympathie (1) ;
20 En second lieu, il faut réfléchir que si laltruisme, sous l'action conjuguée de conditions objectives, de la secondarité et d’un champ de conscience étroit, vient à se spécifier, l’altruisme devient un égoïsme familial, national, professionnel. L’individu se dévoue au groupe, et la défense active des intérêts de ce groupe entraîne l'agressivité à l’égard des autres. La guerre procède de l'intensité d’action propre aux EA ;
30 Enfin, 1l faudrait étudier l’action des autres propriétés fondamentales sur l’altruisme : largeur du champ de conscience (L), esprit analytique (An), sexualité (Er), et aussi des aptitudes spéciales. De ces autres propriétés fondamentales, les plus importantes sont les tendances. Le sujet chez qui, abstraction faite
(1) L’étude éthologique de la sympathie comporterait une recherche aussi longue que celle qui est l’objet principal de ce volume. On peut seulement penser que la sympathie dépend :
1° De l’aptitude à percevoir chez autrui l’expression d’un procès de conscience, particulièrement d’un procès de conscience affectif ;
2° De l’aptitude à le produire par soi-même.
L’émotivité doit renforcer la première ; l’activité la seconde. Mais, évidemment, la sympathie doit dépendre de beaucoup d’autres facteurs, finesse de la perception, nature des tendances d’autrui et des nôtres, secondarité de nos rapports antérieurs avec autrui, etc. En outre, elle doit comporter beaucoup de modalités. On peut par exemple distinguer :
a) La sympathie pratique ou limitation : d’après la question 33, 7° talent d'imitation, le maximum appartient aux EA (colériques 12,5, passionnés 10,4, moyenne 8,5). Assurément, talent d'imitation et penchant à imiter font deux ; mais la généralisation du premier au second est vraisemblable pour les raisons qui ont été dites, car l’imitation est une action plus facile, une utilisation. En outre, elle comporte l’aptitude à percevoir limité, surtout quand il est intéressant, que P et E doivent favoriser, et celle à le reproduire que À doit servir ;
b) La sympathie intelle:tuelle. Elle coïncide avec l'intelligence rapide (question 27, 1°), dont le maximum appartient aux sanguins (63, 2, moyenne 52, 4, colériques 59,9, passionnés 58) ;
c) La sympathie affective, directement indiquée par la question 55, 4° pour laquelle le maximum est aux EA.
Il est net que pour ces diverses formes, la primarité est favorable, car les secondaires les plus favorisés sont ceux qui s’approchent le plus des primaires, les passionnés. ‘On le comprend aisément : la primarité tourne vers le dehors ; la secondarité vers le «dedans. Ces faits me paraissent résumer ce qu’il y a de vérité dans l'opposition soulignée par lung entre «l’homme extraversif » et «l’homme introversif ».
de tout ce qui précède, les tendances vitales, la sexualité sont très importantes, restreindra son altruisme pour leur donner satisfaction. C’est le taux moyen de ces tendances vitales, qui constitue le contenu de l’égoïsme pur.
Pour conclure, l’altruisme objectif paraît formé par trois éléments :
a) L’intensité du groupement EA, qui crée la plus grande facilité de l’action ; b) L'importance relative de E par rapport à À, qui accroît sans doute l’aptitude à la sympathie ;
c) La réduction de l’égoïsme pur.
On pourrait done le définir par l'expression :
KA + K'E+{(E> A) + K”nEz, en appelant Eg l’égoïsme pur.
D’après ce qui vient d’être dit, il faudra s’attendre à ce que le mensonge des colériques tienne moins du rêve que celui des nerveux, mais tende vers le mensonge utilitaire, avec cette correction qu'il doit être fréquemment empreint d’altruisme. N'est-ce pas contradictoire ? Ce le serait si, comme J'ai eu plusieurs fois l’occasion de le répéter, notre action n’était, à des degrés divers, mais toujours, polytélique. Le nerveux est à un plus haut degré empli de Iui-même :
Question 72.
Nerveux UColériques Moyenne