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LE MENSONGE AGRESSIF

Depuis longtemps, le sens commun a reconnu que l’amour peut se transformer en haine et la même loi a été retrouvée sous ses spécifications ; l’enfant qui se frappe, parce qu’il a été grondé, fait penser au suicide qui serait, suivant Schopenhauer, de l’égoïsme renversé ; dans les deux cas, une tendance produit des effets opposés à ceux qu’elle aurait produits dans les circonstances positives. Si l’altruisme peut être symbolisé grossièrement par l'expression EA + (E > A) + nEpg, éventuellement 1l deviendra de l'hostilité, en vertu de la loi indiquée.

Considérons, en effet, ce qui doit se passer suivant que l’altruisme est uni à la primarité ou à la secondarité. Dans le premier cas, l’objet de l’altruisme est actuel et momentané ; il changera suivant les temps ; il doit en résulter une serviabilité générale envers les diverses personnes qui se présenteront, et quand cette puissance d'action, quiest l’essence de l’altruisme, se trouve renversée par l'hostilité du passant, elle deviendra agressive,

wuitte à ne l’être que momentanément, comme la primarité l'exige, puisque la réconciliation rapide (question 18, Colériques 71,6 maximum. Moyenne 46,1) est au plus haut degré chez les colériques. Il est logique que pendant cette courte période d’agressivité, la dépréciation de l’adversaire se manifeste par des altérations passionnelles de la vérité.

Chez les secondaires, l’esprit d'organisation, que la secondarité favorise en multipliant les moyens issus des expériences passées, doit servir l’agressivité comme la serviabilité. Il doit en résulter plus de puissance. Mais la secondarité, quand elle est unie à l’émotivité et surtout à l’étroitesse du champ de conscience, a cet effet de localiser les sentiments. Pour réaliser une action profonde et durable, il faut se spécialiser. La spécialisation de l’altruisme engendrera l’altruisme familial, professionnel, national, d’où il résulte logiquement quand la famille, la profession, la nation sera menacée, ou seulement contenue, qu’il naisse une agressivité proportionnelle à l’altruisme, à l'encontre des autres familles, des autres professions, des autres nations. Ce sera la source de calomnies et de médisances mêlées. Nous aurons à y revenir quand nous aborderons l’étude des

passionnés.

$ V. — L’insuRE

Le goût des injures est un superlativisme dépréciatif. ee tant que superlativisme, il manifeste :

19 La forte émotipité soit générale, soit spéciale, soit singulière, en premier lieu. Les sujets qui injurient ordinairement les autres possèdent une forte émotivité générale. L’injure occasionnelle naît de ce que lémotivité a été violemment

secouée : par exemple, il est rare qu’un émotif, ayant échappé

à un accident, n’éprouve pas le besoin de décharger l’énergie qui a été très rapidement libérée par l’organisme ; l’injure peut être une des formes de cette décharge, si l’accident a failli se produire par la faute réelle ou apparente d’un autre. Au besoin même, le sujet ému injuriera un simple témoin. Dans d’autres

linjure se présente seulement à l’esprit d’un émotif, à l'égard d’une personne détestée. Enfin, il peut se faire qu’un concours de circonstances exceptionnel, qui provoque anormalement l’émotivité, provoque l’injure chez un sujet par nature peu disposé à injurier ;

20 La deuxième condition est l’existence d’un obstacle extérieur ou intérieur. Un colérique n’injurie que les gens qui empêchent la satisfaction d’un désir impatiemment ressenti. Une inactive très émotive injurie ceux qui l’obligent à un effort;

39 La troisième condition est la représentation qu’une personne est responsable d’un mal. À l'inverse du juron qui n’est pas dirigé, l’injure est orientée contre quelqu'un ; mais il y a bien des vocables de transition ;

49 La quatrième est l’égoïsme. Un sujet altruiste n’injurie que si une de ses tendances très fortes est sollicitée ; il est fréquent, par exemple, qu’une mère gronde ses enfants : c’est d’abord que son émotivité est généralement forte ; qu’ensuite rien ne la touche plus que ce quileur arrive. Plus elle est altruiste, plus souvent elle craint pour eux. Chaque fois que sa crainte est excitée, la souffrance qui s’y attache provoque l’égoïsme de la mère qui cherche à s’en débarrasser. Puisque les enfants apparaissent comme sa cause, la mère injurie ses enfants. Au contraire, l’égoiste trouve dans l’injure une satisfaction directe,

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