CHAPITRE VIII
$ L — Le sENS PRATIQUE DES SANGUINS ET LA VÉRACITÉ
Cinq méthodes, dont les résultats devraient être convergents, s’offrent à l'esprit pour déterminer systématiquement les tendances composées les plus caractéristiques d’un type déterminé :
1° Choisir un individu de ce type et, avec les ressources des mesures expérimentales et de tests bien faits, déterminer les dispositions qui, en moyenne, se retrouvent sous le jeu des tendances singulières pour constituer sa structure ;
20 Dans une collection de psychographies, de préférence faites par des psychologues, sur plusieurs sujets constituant une série relativement homogène, chercher les traits communs ;
30 Ranger plusieurs individus ou plusieurs psychographies dans l’ordre où l’exige la variation régulière d’une propriété fondamentale comme la secondarité, ou dérivée, comme l’aptitude au découragement, et chercher quelles propriétés varient en fonction de la propriété considérée ;
4° Soumettre une population non triée et hétérogène à une détermination statistique ;
50 Enfin, à mesure que la science progresse, déduire et calculer. — Faute d’une documentation suffisamment nombreuse et précise, l’éthologie ne peut encore que dégrossir les divers types de façon sommaire. Ce qu’elle peut faire de mieux, c’est indiquer d’une manière, déjà assez systématique pour créer de la confiance autour de cette indication, la tendance composée qui doit diriger la vie des hommes de divers caractères. Nous avons vu que le vagabondage affectif pouvait servir à systématiser beaucoup d’actes des nerveux; que la serviabilité
inspirait un grand nombre de ceux des colériques ; nous allons tâcher de montrer, de manière à rendre cette conclusion acceptable, que les sanguins peuvent être provisoirement définis par le sens pratique.
On peut, en premier lieu, le vérifier directement, d’après les réponses provoquées par la question 29, 10 et 29. D'après 29, 10, sont dénombrés les gens doués de sens pratique et inventifs ; d’après 29, 20, au contraire, ceux qui en manquent. Représentons les résultats par deux courbes en indiquant pour les rendre comparables, non les nombres qu’indiquent les réponses à 29, 20, mais la différence entre 100 ei ces nombres ; nous obtenons les deux lignes suivantes :
40 u Amorphes Apathiques Nerveux Sentimentaux Sanquins Flegmatiques Colériques Passionnés-
La correspondance des deux lignes est satisfaisante. La supériorité positive réprésentée par le trait continu, celle qui consiste dans la possession de la qualité considérée, appartient nettement aux sanguins. Si leur supériorité négative, celle qui consiste dans l’incapacité du défaut opposé est moins frappante, est vraisemblablement qu’à partir d’un certain point, toute supériorité (ou toute infériorité) s’atténue : la ligne pointillée est dans l’ensemble plus proche du plafond que la ligne continue.
Si l’on considère les nombres de plus près, l’impression ne s’affaiblit pas. En général, la secondarité favorise le sens pratique : apathiques 50 > amorphes 49 ; sentimentaux 47,8 > nerveux 41,9 ; passionnés 75,5 > colériques 71,6.
Au contraire, les sanguins l’emportent très nettement sur les flegmatiques. L’affaiblissement de l’émotivité, qui leur est