TRAIT TIRE DE L HISTOIRE DES ARABES
Hégiàge, célèbre guerrier arabe, mais d'Un ea^ ractère cruel et féroce^ avait condamné plusieurs prisonniers de guerre à la mort. L'un d'eux ayant obtenu d'flégiage un moment d'audience^ lui tint ce discours: vous devriez, SeigiT^ur^ m'aceorder ma grâce; car un jour Abdarrahman ayant prononcé des imprécations contre vous, je lui représentai qu'il avait tort, et dès cet instant j'ai toujours été brouillé avec lui. Ilégiage lui ayant demandé s'il avait quelque témoin de ce fait, l'officier nomma un prisonnier prêt à subir la mort ainsi que lui: Le général fit avancer
ce dernier, et après l'avoir interrogé j il accorda
lerai ni i TOgéj il
îa }ri';\ce que Taiilre sollicilail; ewsuife il demànila à celui qui avait servi de témoin, s'il avait aussi pris sa défense contre Abdarrahman. Celui-ci j. continuant de rendre hommage à la vérité, eut le courage de répondre qu'il n'avait pas cru devoir le faire. Ilégiage, malgré si férocité, fut vivement frappé de tant de franchise et de grandeur d'âme. Eh bien ; reprit-il après un moment de silence^ si je vous accordais la vie et la liberté, seriez-vous encore mon ennemi? Non^ seigneur j répondit le prisonnier. Il sulïit, dit Hégiage^ je compta entièrement sur cette simple parole^ vous m'avez trop prouvé l'horreur que vous cause le mensonge, pour que je puisse douter de vos promesses^. Conservez celte vie qui vous est moins chère que l'honneur et que la vérité, et recevez la liberté, comme la juste récompense due à tant de vertu.
Vous voyezj mes enfants, contintia la baronne, que la véri'*, ?/msi que l'a dit votre mère, nous sert même dans les circonstances où elle semble qu'elle pourrait nous èti-e funeste. IN 'auriez- vous* pas cru que, dans cette occasion, elle eût dû redoubler la fureur d'un homme impérieux et sanguinaire? cependant elle est si belle et si touchante, qu'au lieu d'irriter un tyran, elle l'adoucit et le désarma. Et puis , dit Pulchérie , quand une fois on a prouvé qu'on est bien vrai ^
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oj^ 11 a pas besoin d'affirmer ce qu'on dit. Sans doute les protestations sont inutiles i un simple oui persuade mieux que tous les serments que pourrait fain; une personne tlonl la sincérité ne serait pas bien reconnue. Vous vous rappelez à ee sujet sans doute la {jlorieuse preuve d'estime que Xënoerate reçut des Athéniens. Je vous ai lu ce trait. On ne peut posséder cette précieuse qualité sans être véritablement vertueux; aussi tous les grands^'liommes ont-ils été parlieulièremeut recomm.tndables par leur amour pour la vérité; entre autres Xénocrate, cet illustre philosophe, et Epaminondas, ce héros si vertueux, qui avait pour règle consiante de ne mentir jamais, même en riant. ( Madame de Genlis. )
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LE MAURE ET l'eSPAGNOL.
La. plupart des Maures qui font leur séjour dans les villes d'Afrique, tirent leur extraction des malheureux proscrits qui ont été chassés dEspagne en divers temps; et c'est une opinion presque unanime parmi ces barbares, que le plus agréable sacrifice qu'on puisse faire h Dieu est de tuer un chrétien. Ali Pélégrini, un de leurs généraux , ayant un jour débarqué sur la côte quelques prisonniers Espagnols, après un sanglant
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combat, un Maure s'approcha de lui, et se jetant à ses pieds: « Sei{jneur, lui dit-il, vous êtes bien heureux d'avoir tué tant de chrétiens, et de trouver 1 occasion d eu tuer tous les jours; vous serez couvert de gloire dans le Paradis. Pour moi j je fi'ai jamais eu cette satisfaction 5 mais il ne tiendrait qu'à \ous de me le procurer en m'ahandonnant un de ces" misérables esclaves pour 1 immoler à Dieu. ^ Ali parut consentir à cette demande, et montrant au Maure un Espagnol jeune et robuste, lui dit de se rendre dans le bois voisin où il lui enverrait sa proie. En même temps il fit part à l'esclave des desseins du Maure, lui periiietliint de se défendre s'il était attaqué.
L'Espagnol ayant pris un sabre et un fusil , entra hardiment dans le bois: mais son ennemi le voyant armé prit la fuite, et revint trouver le général, auquel il avoua que la crainte lavait empêché d'exécuter son projet. Alors Ali lui dit d'un ton sévère: « Apprends, malheureux, que la mort d'un chrétien n'est agréable au Tout-Puissant et à son prophète^ que lorsqu'on le tue avec bravoure , et qu'il n'y a aucun mérite devant Dieu à massacrer des gens qui sont dans l'impuissance de se défendre. » Le Maure se retira couvert de confusion, et tous les Turcs applaudirent aux sentiments généreux de leur chet.
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l'héroïsme héréditaire.
UuRAKT les troubles de la lijjue, Barri, gouverneur de Leucale en Languedoc, fut fait prisonnier par je ne sais quel accident, et conduit à Narbonne dont les Ligueurs étaient les maîtres. Ils le pressèrent vivement et inutilement de leur livrer sa place. On le menaça à la fin de le condamner à mort, à moins qu'il n'obligeât sa fenimcj demeurée à Leucale, à leur en ouvrir les portes: il fut inébranlable. La femme, avertie du danger de son époux, répond que si les Ligueurs veulent commettre une injusticCj elle ne croit pas devoir les arrêter par une lâcheté, et qu'elle ne rachètera jamais la vie de son mari en livrant une forteresse pour la conservation de laquelle il se ferait gloire de mourir. Irrités d'une constance que des gens plus généreux auraient admirée, les Ligueurs exécutèrent leur cruelle menace. Henri IV, donna le gouvernement de Leucate au lils de deux personnes comparables à ce que l'anliquilé a eu de plus grand. Sous le règne suivant, une armée espagnole forma le siège de celte ville. Serbellon, qui la commandait^ fil tenter le gouverneur par les promesses les plus magnifi- «!ues.<(Que vous me connaissezmal.régonditBari
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à l'envoyé: l'honneur mç sera toujours plus cher que toutes les richesses du monde, que la vie même. A Dieu ne plaide que je dé^j^ënère de la vertu de mon père et de ma mère, et que je ne suive pas le grand exemple de couratje et de fidélité qu'ils ont laissé dans leur famille. L'un aima mieux mourir que de livrer Leucate aux ennemis de son roi, et l'autre refusa constamment de racheter par une trahison la vie d'un époux tendrement aimé. Donnerai-je pour quelques pis.tôles ce que ma mère n'a pas voulu donner pour une chose qu'elle estimait sans prix? si j'ai le malheur de ne pouvoir conserver Leucate, je conserverai du moins mon honneur et ma réputation. Jaime mieux être pauvre dans ma patrie, que riche chez ses ennemis. »
Le suborneur^ voyant qu'il ne gagnait rien, annonça à Barri que la place serait vigoureusement battue dès le lendemain. Que jaime à vous entendre parler de la sorte! répliqua le gouverneur. Si les Espagnols m'attaquent fortement, ils me donneront occasion d'acquérir une double gloire: j aurai résisté à leurs promesses trompeuses et à leurs vains efforts contre une place mieux défendue qu'attaquée. Barri tint parole. Il fit une résistance opiniâtre. Le duc d'Halluin vint à son secours, et battit l'armée de Serbellou On trouva parmi les morts des femmes déguisées
en hommes. In Français ayant demandé aux prisonîiiers espagnols s'ils connaissaient ces nouvelles Amazones: « Vous vous trompez, répondit spU rituellement un d'entre eux^ ce ne sont point des femmes. S'il y en avait dans notre armée, ce sont les lâches qui ont pris la fuite. »
SAINT BASILE ET SAI>T GRÉGOIRE DE îsAZIAiSZE.
Modèles pour les Etudiants,
Saint Basile et Saint Grégoire de Nazianze étaient tous deux sortis de familles fort nobles selon le inonde, et encore plus selon Dieu. Ils naquirent presque en même temps, et leur naissance fut le fruit des prières et de la piété de leurs mères, qui dès ce moment même les offrirent à Dieu, dont elles les avaient reçus. Celle de Saint Grégoire le lui présentant dans l'église, sanctifia ses mains par les li^Tes sacrés qu'elle lui fit toucher. Us avaient l'un et l'autre tout ce c^ui rend les enfants aimables*, beauté de corps, agrément dans l'esprit, douceur et politesse dans les manières.
Leur éducation fut telle qu'on peut se l'imagilUer dans ces familles où la piété était, si l'on eut parler ainsi, héréditaire et domestique^ et
|^ père^ mère, frères, sœur^, aïeux^ décote et
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{rautrCjélaicnl tous des Saiuls, et des Saints fort illustres.
Le naturel heureux que Dieu leur avait accordé j fut cultivé avec tout le soin possible. Après les études domestiques on les envoya séparément dans les villes de la Grèce qui avaient le plus de réputation pour les sciences, et ils y prirent \çs leçons des plus excellents maîti'es.
Enfin ils se rejoignirent à Athènes. On sait que eelte ville élait comme le théâtre et le centre des belles lettres et de toute érudition: elle fut aussi comme le berceau de l'amitié fameuse de nos deu\ SaintSj ou du moins elle servit beaucoup à enserrer les nœuds d'une manière plus étroite. Une aventure assez extraordinaire y donna occasioa. Il y avait à Athènes une coulume fort bizarre, par rapport aux écoliers nouveaux venus, qui s'y rendaient de différentes provinces. On commençait par les introduire dans une assemblée nombreuse de jeunes g^ens comme eux, el là ou leur faisait essuyer mille brocards ^ mille railleries, mille insolences^ après quoi on les menait aux bains publics en cérémonie, à travers la ville, escoiiés et précédés par tous ces jeunes gens qui marchaient deux à deux.Lorsqu'ony étroit arrivé j toute la troupe s'arrêtait, jetait de grands cris, et faisait mine de vouloir enfoncer les portes, corn-; me si 1 on refusait de les leur ouvrir. Quand le
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nouveau Venu y avait chi admis, pour lors il recouvrait sa liberté. Grégoire^ qui était arrivé le premier à Athènes ^ et qui savait combien cette ridicule cérémonie était contraire et coûterait au caractère grave cl sérieux de Basilej eut assez de crédit paftnt ses compagnons pour l'en faire dispenser. Ce fut là, dit saint Grégoire de Nazianze dans l'admirable récit qu'il fait lui-même de cette aventure, ce qui donna lieu à notre sainte amitié, ce qui commença à allumer en nous cette flamme qxii ne s'éteignit jamais, et ce qui perça nos cœurs d'un trait qui y demeura toujours,
Gette liaison formée et commencée comme je viens de le dirr, se fortifia de plus en plus, surtout lurs(jue ces deux amis, qui n'avaient rien de secret l'un pou rFautre^ eurent reconnu qu'ils avaient tous deux le même but et cli erchaient le même trésor, je veux dire la sagesse et la vertu. Ils vivaient sous le même toit, mangeaient à la même table, avaient les mêmes exercices et les mêmes plaisirs, n'étaient, à proprement parler, qu'une même âme»
Ces deux Saints ^ et l'on ne peut trop le répéter aux jeunes gens, brillèrent toujours parmi leurs compagnons par la beauté et la vivacité de leur esprit, par leur assiduité au travail, par le succès extraordinaire qu'ils eurent dans toutes leurs études, parla facilité et la prompUlude
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avec laquelle ils saisirent toutes les sciences qu'on enseijjnailà Athènes, bellesleltres, poésie, éloquence, philosophie^ mais ils se distinguèrent encore plus par une innocence de mœurs qui était alarmée à la vue du moindre danger, et qui craignait j^usqu'à l'ombre du mal^ ♦Jn songe qu'eut Saint Grégoire dans sa plus tendre jeunesse, et dont il nous a laissé en vers une élép-ante description, contribua beaucoup à lui inspirer de tels sentiments. Pendant qu'il dormait, il crut voir deux Vierges du même âge et d'une égale beauté, vêtues d'une manière modeste et sans aucune de ces parures que cherchent les personnes du siècle; elles avaient les yeux baissés en terre et le visage couvert d'un voile^ qui n'empêchait pas qu'on n'entrevît la rougeur que répandait sur leurs joues une pudeur virginale. Leur vue me remplit de joie, car elles paraissaient avoir quelque chose au-dessus de l'humain. Elles, de leur côté, m'embrassèrent et me caressèrent comme un enfant qu'elles aimaient tendrement: et quand je leur demandai qui elles étaient, elles me dirent, l'une qu'elle était la pureté, et l'autre la continence, toutes deux les compagnes de J. C. et les amies de ceux qui renoncent au mariage pour mener une vie céleste. Après elles s'envolèrent au ciel, et mes yeux les suivirent le plus loin qu'ils purent.
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Tout cela n'était qu'un songe, mais qui fit un effet très réel sur son cœur. 11 n'oublia jamaiscelte inia{jc si ajjrcable de la chasteté, et il la repassait avec plaisir dans son esprit: ce fut, comme il le dit lui-même, une étincelle de feu, qui, s'enflammantdeplusen plus, Vembrùsa d'amour pour une continence parfaite.
Ils avaient un grand besoin, lui et Basile, d'une telle vertu pour se soutenir au milieu des périls d'Athènes, la ville du inonde la plus dangereuse pour les mœurs, à cause de ce concours extraordinaire de*jeunes gens qui s'y rendaient de toutes parts, et qui y apportaient chacun leurs viees: a Mais, dit Saint Grégoire, nous eûmes le bonheur d'éprouver dans cette ville corrompue, quelque chose de pareil à ce que disent les poètes d'un fleuve qui conserve la douceur de ses eaux au milieu de l'amertume de celles de la mer, d'un animal qui subsiste au milieu du feu. Nous n'avions aucun commerce d'amitié avec les méchants. Nous ne connaissions à Athènes que deux chemins; l'un qui nous conduisait a l'église et aux saints Docteurs qui y enseignaient, l'autre qui nous menait aux écoles et chez nos maîtres de Littérature : pour ceux qui conduisaient aux fêtes mondaines, aux spectacles, aux assemblées, aux festins, nous les ignorions absolument.»
Il semble que des jeunes gens de ce caractère,
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qui se séparaient de toulc sociétOj qui n'avaient aucune part aux plaisirs et auxdivertissemenls de ceux de leur âge, dont la vie pure et innocente était une censure continuelle du dérèfjlement des autres, devaient être en butte à tous leurs compagnons, et devenir l'objet de leur haine, ou du moins de leur mépris et de leurs railleries. Ce fut tout le contraire 5 rien n'est plus glorieux à la mémoire de ees deux illustres amis, etj j'ose le dire, ne fait plus d'honneur à la piété même qu'un tel événement. Il fallait en effet que leur vertu fut bien pure, et leur conduite bien sage et bien mesurée, pour avoir su non^seulement éviter l'envie et la haine, mcTis s'attirer généralement l'estime, Tamour et le respect de tous leuTs compagnons.
C'est ce qui parut d'une manière bien éclaiante, lorsqu'on apprit qu'ils songeaient à quitter Athènes pour retourner dans leur patrie. La douleur fut universelle; les cris et les plaintes retentissaient de toutes parts, les larmes coulèrent de tous les yeux; ils allaient perdre, disaient-ils, tout l'honneur de leur ville et la gloire de leurs écoles.
Je ne sais s'il est possible d'imaginer un motlèle plus parfait pour les jeunes gens que celui ^ue je viens d'exposer à leurs yeux, où l'on
MOHALISTI: ET BIKNFAISANT. ^Q
trouve réunis tous les traits qui rendent la jeunesse aimable et estimable: nol»lcsse du sanjj, beauté d'esprit^ ardeur incroyable pour l'étude, succès merveilleux ^lans toutes les sciences, manières polies et bonnctes, modestie étonnante au milieu des louanges , une piété «t une crainte de Dieu que les mauvais exemples ne firent qu'accroître et fortifier. (M. Duguet.)
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TUAIT JIEROIQLE.
L'empeti-eur Âcbmet I«r succéda à Maboniel Iir. il monta sur le trône l'an IG02. Il n'avait alors que quinze ans, cl ce fut la première fois qu'on vit un prince <aussi jeune régner en Turquie. Iln'y avai?t que peu de mois qu'il était parvenu à l'empire, lorsque le grand Visir mourut. Acbmet ne cboisit aucun <le ceux qui l'environnaient pour remplir cette importante dignité. Murad , pacba du Caire , était un vieillard sage et plein d'expérience. Au milieu des troubles du règne précédentj il avait maintenu tous les états d'Afrique dans la plus profonde paix, et fait passer exactement tous les impôts au trésor public, sans vexer les peuples et sans s'enricbir. N'ayant jamais vu son nouveau maître, il était loin de prévoir sou
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élévation j et ii'imugiuall pas qu'avec un monarque aussi jeunCj les soins d'un sujet fidèle dussent l'emporter sur les intrigues de la cour. Cependant au fond de l'Ej^ypte il reçut les sceaux et l'ordre de se rendre à Constaiitinople. Ce choix d'Àcliniet annonçait à l'empire un prince qui désirait le bien, et qui saurait aimer ses peuples. Quelques années après, lajjuerre contre les Perses fut résolue malgré les avis de Murad qui fut chargé du commandement des armées , et qui choisit pour lieutenant Nasuf, jeune homme actif, entreprenant, qui avait acquis de p-randes richesses dans différents gouvernements. Le grand Visir partit à la tète de ses troupes 5 et loin de presser sa marche, il mit la plus grandq lenteur dans toutes ses opérations. Ce dtfaut d'activité fit naîtie au perfide Nasuf l'idée de supplanter son bienfaiteur et son ami. Il écrivit secrètement à la Porte, et il offrit à l'empereur soixante mille sequins pour les frais des approvisionnements , si sa hautesse voulait le faire grand Visir à la place de Murad. Le sultan, plein d'estim€ et de reconnaissance pour son ministrcj J fut indigné de l'ingratitude de Nasuf. Il envoya sa lettre à Murad, en lui mandant qu'il le laissait maître absolu du sort de son lieutenant^ qu'il lui permettait également de le conserver, de lé dégrader, ou enfin de le faire étrangler. Murad , sur-le-chcmip fit ordonner à Nasuf de se rendre \
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dans sa tonte, et lui montra la lettre de l'empereur. Nasuf crut lire l'arrêt irrévocable de sa niorl. O'pendant il voulut entreprendre de se justifier, ou plutôt descendre à des prières, lorsque Murad l'interrompant: « Vous avez fait une •» perfidie, lui dit-il, mais vous avez de grands ta- )) lents. Je vous crois en effet capable de comman- » dcr l'armée^ ainsi je vous en remets la charge, » et les sceaux de l'empire devenus trop pesants T) pour mon âge. Soyez fidèle à l'empereur: puis- » sent vos armes être victorieuses ! » Aussitôt Murad assembla les troupes, et proclama luimême son successeur. Murad finit tranquillement ses Jours dans une retraite agréable. La Providence ne permit pas que Nasuf jouît long-temps du fruit de sa trahison. Devenu grand Yisir , il épousa une fille de l'empereur; mais ayant indignement abusé de sa faveur, il fut étranglé par les ordres d'Achmet.