‹ Le mentor vertueux, moraliste et bienfaisantChapitre 21 sur 53 · TRAIT D AMOUR FRATERNEL · texte numérisé non relu

TRAIT D AMOUR FRATERNEL

anecdote portugaise.

EiN 1385, des troupes Portugaises qui passaient dans les Indes, firent naufrage. Une partie aborda dans le pays des Cafres, et l'autre se remit en mer

'8l?. LE MENTOR VERTUEUX)

Siir une barque construite des débris du vaisseaii. Le pilote, s'apercevant que le bâtiment était trop chargé, avertit le chef Edouard de Mello que l'on va couler à fond si on ne jette dans l'eau une douzaine de victimes. Le sort toml)a entre autres, sur un soldai dont l'histoire n*a point conservé le nom. Son jeune frère tomba aux genoux de Melloj et demanda avec instances de prendre la place de son aîné. « Mon frère, dit-il, est plus capable que moi 5 il nourrit mon père , ma mère, et mes sœurs; s'ils le perdent^ ils mourront tous de misère: conservez leur vie en conservant la sienne*, et faites-moi périr, moi qui ne :puis leur être d'aucun secours. » Mello y consent, et le fait jeter à la mer. Lé jeune homme suit la barque pendant six heures; enfin il la rejoint. On le menace de le 4uer, s'il tente de s'y introduire: l'ameur de la conservation triomphe de la menace: il s'approche, on veut le frapper avec une épée qu'il saisit et retient jusqu'à ce qu'il soit entré: sa constance touche tout le monde: onlui permet enfin de rester avec les autres, et il parvient ainsi à sauver sa vie et celle de son frère.

Page 1