TRAIT TOUCHANT
Li'AGK aimable de l'adolescence devient plus intéressant encore par les premiers élans d'un ccBur aimant et généreux. Au retour d'une re-s présentation de Vindigeiit, drai^ie par M. Mercier» une jeune personne de douze ans, pénétrée de ce qu'elle venait de yoir et d'entendre, eut avec ta mèrt la conversation que je vais vous rendra
WORALISTE ET BIENFAISANT. laS
Maman, il est donc des {yens assez mallieu> reux pour être exposés ;.insi dans des {jalclas à périr de froid et de faim? Que je hais ce M. Dunoir! Peut-il y avoir dcshammcs aussi méchants? El le frère de cette jeune personne qu'il veut avilir. Non , sans cet honnête notaire qui leur a résisté et a réparé tout, je crois que je n'aurais pu y tenir, tant j'avais le cœur serré de douleur et d'indi{jnalion. — Ma fille, je suis enchantée que la pièce ait produ t sur vous ces impressions. 11 n'est que trop de aialheureux dans l'état que vous y avez vu dépeint. — Ah! maman , il faut les secourir, il mesl venu nie idée pendant que nous revenions des UulienBj nous mettrons dans une boursJi, mon papa, vous et moi, ce que nous pourrons, et puis nos amis, îous ceux qui viennent ici nous ai'leront. C'est surtout les deux jours de la semaine où nous avons assemhlée, qu'api es le jeu je ferai une quéle générale. Ceux qui gagnent me donneront au moins leur gain ^ carilsn'ont p:is besoin de cela. — J'applaudis à votre idée, ma Uîe, et les honnêtes gens s'cmprtsseront, je crois, de contribuer à celle bonne action: car ce qu'en }*rd au jeu doit être un superflu qu'on consacre à son amusement et ce qu'on y gagne devrait être réellement le patrimoine des pauvres. Fourquoi le fruit de nos plaisirs ne serait-il pas destiné à diminuer bespei»^
MlG LE !rtE«TOÏl VERTUEUX,
lie nos semblables? I.e plus (jraiidde nos plaisirs même est «x-lii; de faire le bien. — Maman , je ■vMJus assiire que ce sera désormais le plus vif d<îs miens. — Ces intentions sont très belles, mesdames, repris-je alors, mais ilfaut les remplir avec tout le discernemeni qui vous est naturel. Prenons carde d'alimenter , avec des secours pécuniaires, le vice, et surtout l'oisiveté qui en est la source. C'est en aidant les indijjents autant Je ses conseils que de sa bourse, en leur itispi» rant l'amour de la relijjioH, du travail , de l'ordre, delà proprelc, qu'on fait essentiellement leur bonbeur. li faut leur fournir plus de secour* que d'argent. Une bonne nourriluife, dû ling^> des habits, et des matières de travail qu'on se fait représenter employées', voilà les moyens dé soùiag^er.la misère sans la fomenter. Vos intentions louables me répondent du sucées^ et si vous trouvez bon que j'y contribue, je prie mademoiselle de vouloir bien accepter ce <|ue ma bourse <M)ntient. Ces deux louis seront un à campte. Monsieur, dit la mère, je veux que vous nous aidiez à en faire usagée. Nous donnerons deux fois la semaine quelques moments du matin à visiter les pauvres, et surtout les pauvres honteux. Ma tille verra dans cette classe des g^ens qui ont joui de l'opulence; elle apprendra que ceux qui en! prodigue l'or pour des 8Uj>er-
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fl ailés, l'eu vent en venir, par des évcneinoiils imprévus, à manquer du nécessaire, elle rceevua de bonne heure, par rexemple,la leron iniporlanle du malheur. *- Oui, maman, el j'esj>ère •que cette leçon m'en préservera. !Mais à propos de linge, que M. regarde comme un des premiers objets à fournir, c'est un secours que nous avons sous la main. Il y a ici tant de paires de drap?, MOUS pouvons donc, sans nous priver, en distraire un certain nombre de celle quantité, et nous préserverons beaucoup de malheui*eux de coucher sur la paille. — Voilà, dis-je,une bonne idée, et qui vous laissera tous vos fonds pour suffiYG à d'autres besoins. Si tous les riches qui ont ( suivant l'expression d'un auteur moderne ) des magasins de linge, dhabits, et de meubles, ae- «ordaienl ainsi l'excès de leur superflu à l'urgenl nécessaire des malheureux , tous seraient soulages.