LOUIS GILLET
fjotJis Gillet, marëcbal-des-lojis dans te rcglment d'Artois cavalerie, di'puis 21 ans, et .nu Jrrvlce du Roi depuis 45 ans, se relirait de Nevers, où ékiit son régiment, à Antin, près de Siànte-ÎMeneliould, lieu de sa naissance, comblé de faveurs de sa majesté, dont il était honoré d'un brevet de retraite et de 200 liv, de pension, A quelques lieues d'Anlin, il se détourne de sa route, s'ég^are dans des landes, des haies et dcs^ broussailles j et continue son chemin, dans l'espoir de rencontrer quelqu'un, qni lui dira par où il faut aller pour gajjner le villajje prochain, lorsqu'il entend des cris lamentables, qui lui font tourner ses pas de ce côté: il voit deux assassins cachés derrière une haie, qui avalent ouvert dopuis le haut jusqu'en bas, avec un poijynard, les jupes et la chemise d' mie fille de 26 ans, 1 a^ va'ent mise à un arbre, lui avaient volé 3 liv. quelques sous, lui avaient arraché du cou une croix d'ar,'jent, et l'avaient jetée par terre. L'un des deux assassins tenait un poijjnard de 18 à 20 pouces de lame sur le soin droit de la jeune lille, en la menaçant de la percer si elle criait, tandis que 1 autre lui annonçait dune autre
maiiuTc qu'elle allailêfrcla viclinie de leur brut:ilité. Le in:irëolial-dîîs-lo{jis arrive sans îlreiii aperçu ni entendu, à cause du bruit que cctic fille faisait en sedëlenchni, et d un covip dcsabi'o il abat la joue droite Je lassai-sin qui tenait io poi{jnard, et qui le laisse tomber. L'autre mallieureux tire à l'instant de sa poclie un pistolet à deux coups pour vcn^jer son camarade, et reçoit lui-même un coup qui lui abat le poijjnet et luit tomber son pistolet. Ces deux scélérats preur.ent la fuite dans des bos(jueIs où il cul peut- ('Ire été dangereux au sieur Gillct de scnyager. Il retourne à la fdle évanouie, rétablit ses vêlements et sa cbemise avec les épingles de sa coif- 1 are, la l'appelle à la vie, et l'accompagne jusques eliez ses parents, à qui il laremet. Le poignard rt le pistolet fufeut déposés dans le greffe de la malécliaussée du lieu, cl l'on se mil à la poursuite des deux coquins. Cependant quelques insîar.ces qu'on fît au maréehal-dcs-logis, il refusa cons- Mmment de nommer 1 endroit où cette aventure lui était arrivée. Je suis, dil-il, assez fiallé d'avoir fait par ce trait de bravoure, e1 à l'âge de près de 7O aus^ le dernier usage du sabre que le Koi à bieu vo!ilu me donner.
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