‹ Le mentor vertueux, moraliste et bienfaisantChapitre 49 sur 53 · VERS DORÉS DE PYTHAGORE · texte numérisé non relu

VERS DORÉS DE PYTHAGORE

V^RAiNDRE, adorer les D.'enx c'est la première loi. Révère du serment l'irrévocable foi.

Bienfaiteurs des humains , les héros et les sages, Des cœurs reconnaissants exigent les hommages. Sois parent seryiable et fils respectueux. Que ton meilleur ami soit le plus vertueux. Défère à des conseils modérés, salutaires; Ne romps point Pamitié pour des fautes légères : Aatantque tu le peux observe ce devoir, El tu le peux toujours, si tu le sais vouloir.

Aux sens , aux passions commande avec empire. Dompte les mouvements que la colère inspire.

Surmonte le sommeil, et la table, et Tamour. Ne fais rien qui ne puisse éclater au grand jour. Rien qui blesse en secret ton respect pour toi-même. Que iVxacte équité soit ta règle suprême , Que la raison fapprenne en tout temps, eu tous lieux. A juger par ses lois , comme a voir par ses yeux ; A n'oublier jamais, dans tes jours peu durables, Que les plaisirs sont courts , les grandeurs périssables ; Que nos biens sont en butte au caprice du sort, Et qu'il n'est rien pour nous de certain que la mort. Accepte sans murmure, et souffre avec courage, La portion de maux qui t'échoit en partage ; Cherche à les adoucir, et crois que le destin, Ne livre point le juste à des malheurs sans fin.

Distingue les discours qui sont faits pour instruire. De ceux dont Tart briîlaLit n'est propre qu'à séduire. Garde-toi d'admirer leurs dangereux défauts, Mais profite du vrai, sans t'irriler du faux. Dans le meilleur parti , malgré l'effort contraire, Que ton choix décidé, constamment persévère. Délibère long-temps, consulte avant d'agir. Si de les actions tu ne veux pas rougir. Malheureux qui trop tard connaît son imprudeacel Préviens les repentirs de l'inexpérience , Et laissant les objets que tu ne saurais voir, N'apprends. pour être heureux, que ce qu'on peut savoir

De ton corps avec soin ménage les services , Sois sobre en tes repas comme en tes exercices ; Tu préviendras ainsi les maux et la douleur. Dans tes foyers sans luxe, habités par Thoaneur,

MORALISTE ET BIENFAISANT. ô

Que la pro|)ielt; rtgae avec la modestie; Trop de faste rerolte , II excite Tcuvie. La sordide avarice engendre le mépris; Evite eo tout Tes ces, nul bonhcnr qu'à ce prix.

Avant que le sommeil te ferme la paupière. Sur tes œuvres du jour porte un regard sévère. Ce jour que je finis, comment Tai-je employé? Quel devoir ai-je enfreint, quel aulre ai-je oublié? Qu'ai-je dit? qu'ai je fait? Sonde ainsi tes pensées; Les actions ainsi devant toi retracées, Répandront dans ton cœur la joie ou les regrets, Et tu seras jugé { ar tes propres arrêt?. Cette heureuse habitude affermira (ou àme. Dans les saintes vertus dont le désir t'enflamme.

r^e faits, n'entreprends rien sans invoquer les dieux, Tu sauras, éclairé d'un rayon précieux.

Que les êtres divins et la race mortelle^ Sont distincts , mais liés parla chaîne étemelle; Et qu'enfin la natnre, en ce vaste univers. Est la même partout sous des aspects divers. Apprends par cette étude, et jamais ne l'oublie. Qu'espérer l'impossible est orgueil ou folie. Ce ses propres revers l'homme est souvent l'auteur, Les dieux à ses côtés ont placé le bonheur; il le voit, il le sait, court après des chimères, Et s'obstine a serrer le rœud de ses misères. Peu savent le briser. Infortunés mortels, Vous roulez au hasard parmi des maux cruels: La révolte du cœur avec nous pris naissance. Il faut, sans l'irriter, la réduire au silence.

Grand Dieu, que de malheurs épargnés aux huinains,

3t36 LE MENTOR VERTUEUX^

S'ils coanaissaient leur être et tes sages desseins! Mais pour toi, prend-; courage, et, dans ton origine, Distingue mieux les tr.iits de l'essence divine, l-coute la nature, elle parle, et sa voix Par des signes sacrés fait connaître ses lois ; Instruit par elle, exempt de nos divers caprices,. Tu fouleras aux pieds les erreurs et les vices ; Kt lorsqu^un jour la mort dissoudra ce limon.. . Qui formait pour ton âme une obscure priiou, Sur un char éclatant, conduit par la sagesse, Loin du triste séjour de rhuroaine faiblesse, Tu rejoindras ta sphère, et monteras aux cieux , Impassible, immortel, et pur comme les Dieux.

( Far M. le Franc. }

V\*V^ w-vxvs.

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