LA ROSE A L'ABEILLE
" Viens, Abeille des prés et des parterres, viens reposer ici tes ailes diaprées, où le soleil fait briller tour à tour les mille couleurs qui naissent de sa lumière ; déjà tes étreintes passionnées ont agité mon cceur ; de ce moment la vie me devient précieuse. Fière d'être utile, heureux de te plaire, je me sens consolée des ennuis qu'il ma fallu souffirir. Je comprends la fin de mon être. Bientôt le liquide savoureux que tu puises à longs traits dans mon nectain huçiide, doit enrichir tes rayons abondans. . De tes jeux et de mes plaisirs, va se distiller un miel plus doux que celui de l'hymette^ ambroisie digne de la table des
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dieux» çt jàont la céleste pureté atteste rorigine, le miel ne pou' vait naître que de nos amours. Abeille légère, fille du Zéphîr» de ce tendre ami de ma mère, prolonge, si tu le peux, les délices dont tu m'enivres. Assez long-temps j'avais désiré ta présence. Songe au vide cruel que me laisserait ton départ. Reçois, long^ temps encore, les prémices de ma tendresse. Vainement, te piains-tu qu'un autre ait profané ma couronne virginale. Les saccifices arrachés à ma faiblesse ne sauraient paraître à tes yeux des âiveurs obtenues de mon amour. Ta jalousie ne peut me reprocher des torts qui ne sont pas les miens. I4bre de dispoear de moi-même, je n'eusse rien donné ; j'avais pressenti et j'attendis ta venue.... Mais déjà le frémissement de tes ^es m'annonce ta fuite prochaine. Tu t'arraches à mon sein et me laisses gémir sur un précoce veuvage ; mes sœurs vont recueillir tes inconstantes caresses ; demain, peut-être, tu reviendras vers moi ; de-" main je ne serai plus."