‹ Le Mercure de LondresChapitre 13 sur 125 · ISOLINA · texte numérisé non relu

ISOLINA

Bella Stella matutina

E Isolina Délia rosa deW Aprile Più gentile; tout ceci devient un contresens que la voix tremblottante de Melle Bonini ne saurait faire excuser, et cependant Melle Bonini parait moms jolie que dans il crodato,

Velluti. Si des sons flûtes dans le genre de ceux que le public anglais a eu la patience de supporter dans il crodato peuvent divertir, chaque spectateur a dû être fameusement diverti ! à propos nous voici page 23, Le superbe Duo si pompeusement annoncé «st chanté par Velluti et Curioni. D'où vient qu'il produit peu d'effet ? cependant Curioni la parfaitement chanté.

* Nom despersonnageê. Nom des acieurt,

,Bohemoud d'Âltembourg M. Curioui

Theobald, son fils, d'abord sous le nom de Sigert . . M. Vellotî

Hermann, de Tromboarg M. Porto

Isolina, fille d*hermann Melle BoaSnt

Gerald, fils d^ermaun M. DevlJle

Clemenza, attachée à la famille de Trombourg . . Mdme Castelli

LB MBRCURB DE LONI>RBS. 39

CusioKié Don adeur, excellent chanteur.

Final. Si fra Parmi ^ lo vedreie. Cette phrase musicale, très bien dite par Curioni est fort jolie. Quel est celui qu'il faut accuser de plagiat ou du malheureux père de Finfortuné Teobaldo ou du brillant Rossini ?

gmeACTE.

ScèNE IV. Belle scène, bien rendue par Curioni. Rossini, estce encore à toi le motif qui me rappelle ton magnifique quatuor Crudele sospetto de 7a donna del lagoî, . . . c'est le seul morceau de l'opéra qui ait été répété, le seul surtout qui méritât de l'être.

Page 50 ou plutôt page 48 — romance Caro mono hmnghier chantée par Velluti.

Il faut vous dire M. Figaro le bruit qui circulait dans la salle. On disait que, chagrin de ce que dans la donna del lago son camarade Curioni avait eu beaucoup de succès en chantant sa ro- , mance Aurora ah sorgerai ! M. Velluti avait résolu de faire la nique à Curioni en chantant aussi une romance. Cette romance (toujours si l'on en croit les on disait) aurait été intereallée dans l'opëra, quoiqu'à la première représentation d*il crociato, pour favoriser

une cantatrice qui débutait dans le rôle de ou eut réfusé

d'accorder semblable faveur, tant on avait d'égards pour le public, auquel on ne pouvait donner tel air pour être de tel compositeur tandis qu'il était de tel autre ! ! ! Or donc Teoboldo e Isolina aurait été monté seulement pour la romance en question.

Cette, romance maussade est chantée plus que faiblement. Je suis fâché de toujours m'interrompre, monsieur Figaro, mais il faut bien vous expliquer la cause des applaudissemens qui l'ont suivi. Sachez donc, que le dit jour 25 février, il n'avait été distribué aucuns billets de faveur à aucuns de M. M. les artistes, Melle Bonini et M. Velluti exceptés. M. Velluti en avait donné 20 à Pierre, porteur de mains aussi dures que son nom, 20 à Paul, digne rival de Pierre, 40 à des individus à peu-près semblables, enfin une soixantaine peut-être à des romains aussi intrépides que ceux dont M. Anceht se sert pour faire applaudir ses homélies tragiques. En conséquence de ce, la romance est applaudie fortement et redemandée vivement par les romains. Le croiriez- vous !

ks romains succombent. Trois fois Velluti se présente pour tâcher d'endormir les spectateurs en recommançant son chant soporifique, trois fois il est forcé de battre en retraite accueilli par des St qui équivalent ici aux huées des habitués de vos théâtres de t ambigu et de la gaité. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que, pendant tout le cours de cette pitoyable conception, aucune loge n'a donné le moindre signe d'approbation et jamais silence ne fut plus significatif. • L'opéra de Teobaldo a coûté environ 1000 livres sterlings. Les costumes sont neufs, il y a 7 décorations. La dernière est magnifique.

logne, et on lui laisse gaiement le choix de se couper la goi^, ou de se brûler la cervelle ; en Angleterre on met perruque et habits bas au milieu de la rue et on se domie des coups de poing jusqu'à satiété. Ce genre de rage, le moins fou de tous, en ce qu'il est moins dangereux, a ses règles particulières, aux quelles les combattans ne dérogent jamais, et que maintiendrait d'ailleurs la Galerie, n est défendu d*empoigner son homme par quelque partie que ce soit ; ce serait un crime de le prendre aux cheveux, s'il en a, ou de le frapper à terre ; on le tue debout si Ton peut, et le vainqueur est reconduit en triomphe par les assistans émerveillés.

Cela me rappelle une anecdote très vraie et très-peu connue,* du maréchal de Saxe, Il était à Londres dans un de ces intervalles où les hommes, las de s'égorger, avaient signé un de ces traités qui n'obligent qu'autant qu'on veut bien les tenir ou qu'on n'a pas la force de les enfreindre. Le maréchal de Saxe donc se promenait dans son carosse et allait voir la nouvelle exposition du Diorama^ lorsqu'au milieu de Régent Street^f son cocher se prit de querelle avec un boueur fortement constitué. Le boueur arrête l'équipage, ouvre la portière, et prie le maitre de lui faire raison de l'insolence de son valet. Le maréchal doué, comme l'on sait, ou comme l'on ne sait pas, d'une force de corps extraordinaire, laisse dans son carosse son épée et son habit, et saute sur le pavé.

Si quelque chose peut prouver qu^ le coeur humain n'est qu'un assemblage bizarre de toutes les passions et de tous les extrêmes, c'est de voir aux prises avec un boueur de Londres, le fils d'un roi de Pologne, élu duc souverain de Courlande, vainqueur à Fontenoy et à Faufeldt.

Le maréchal reçoit le premier coup, et saisit son boueur par la nuque du cou: les spectateurs se récrient; il l'enlève d'un bras nerveux, et le lance dans son tombereau. La populace que séduit toujours l'extraordinaire, crie Bravo! détèle les chevaux et traîne chez lui Maurice de Saxe, qui pouvait s'applaudir de la seule de ses victoires qui ne coûtât de larmes à personne.

Depuis quelques années les lords, qui ne se soucient plus de ressembler au petit peuple, ont adopté l'usage plus noble de se casser mutuellement la tête avec un pistolet. Cet exemple a été suivi par quelques officiers et autres qui sont bien aises de singer les grands ; et le pugilat est abandonné aux chefs de bureaux de correspondance pour les journaux étrangers, aux mouchards de toutes les nations, et de toutes' les espèces sua portefaix et aux ivrognes de toutes les classes. X.

Notre prochain numéro contiendra un article de M. Lanjui- NAis de Vinstitut.

* Ah ! M. X. meusoDge de journaliste, qui ne oooDait cette anecdote ? f Ce que c'est que la manie de conter ! ne Foilà-t-il pas le maréchal de Saxe, qui se rend au Diorama. £b bien ! Tolla pourtant comme on écrit This-

toire ! F. Chatela i n .

De r Imprimerie de C. Kicharim, 100, St. Martine Lan«> C'haring Crot~

LE

PAR

Mb. F. CHATELAIN.

1ère année — iVb. Sin^. — Samedi 11 Mars 1826.

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