‹ Le Mercure de LondresChapitre 19 sur 125 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Sans amis, comme sans famille, Ici bas vivre en étranger ; Se retirer dans sa coquille Au signal du moindre danger ; S'aimer d'une amitié sans bornes ; De soi seul emplir âa maison ; En sortir, suivant la saison, Pour ûdre à son prochain les cornes ; Signaler ses pas destructeurs Par les traces les plus impures ; Outrager les plus tendres fleurs Par ses baisers ou ses morsures ; Enfin, chez soi, comme en prison, Vieillir de jour en jour plus triste ; C'est l'histoire de FEgoïste Et celle du Colimaçon.

Abnault.

44 hR MUICURE DB UTNI^RBfi.

LE Ï>ETIT ERMITE.

(II et dernier Artiele^^tMdr Notre 1er, No*)

Le çecoûd volume du Petit Ermite n'est pas moins digne que 1q premier de fixer Fattention. La cour des messageries^ La tnaison de prêt, La Morgue, Un duel, sont des tableaux peints d'après nature. Il est fâcheux de voir Mr. de Jouy adulateur de Napoléon, Fappellant* le ph» puissant des moMLrqaes, \ephu grand des, capitaines, s'oublier au point de tracer les lignes suivantes : f

" La France, le 30 mars, gémissait sous le joug de Buonaparte ; " le 31, elle était libre, et appell^t Louis XVIIL"

EUe appellait Louis XVIII ! ah ! Mr. De Jouy s'il en eut été ainsi, cette dégoûtante masse de chaire, nommée Louis XVIII, serait- elle venue escortée des bayonnettes de tous les ennemis de la France !

Et plus loin, Mr. de Jouy^ quand vous parlez du comte d'Artois (maintenant Charles X) " tout, dites vous, était français " dans sa personne ; sa grâce, ses manières, cette expression " d'amour et de confiance qui caractérise sa noble race, cet habit ** national, et ce panache national aussi "

Il &ut avouer, monsieur l'Ermite que vous êtes bien plat lorsque vous devenez courtisan. Dites-moi, cette bannière aux trois couleurs devant laquelle presque toutes les nations s'étaient prosternées, ne vous semble- t-elle pas pour le moins aussi noble que votre drapeau blanc qui cesserait d'être sans tâche, s'il étaifr couvert de tout le sang innocent qu'a répandu l'odieuse dynastie des Bourbons. Mais j'ai tort de vous . en vouloir, c'est dans votre maladie î que vous avez tenu un pareil langage, et la preuve que vous avez rétracté ce que vous avez eu l'indiscrétion d'émettre alors, c'est que dans votre tragédie de Sylla, vous avez cherché à faire revivre ce héros sous le joug duquel vous gémissiez.

Vous eussiez dû, monsieur l'Ermite, faire un chapitre sous ce titre : Les Girouettes. Vous n'auriez eu besoin pour le rendre conforme à son titre, que d'y retracer l'histoire de votre vie.

De mon Ermitage de Queen Street^ (pourquoi ne serai-je pas Ermite aussi bien qu'un autre !) il me semble vous voir gonflé d'indignation à la lecture de cet article ; que voulez-vous Mr. De Jouy ? à Londres, ce n'est pas comme à Paris, les articles des journaux ne sont pas faits par l'auteur de l'ouvrage dont on rend compte! demandez plutôt à Mr, le Marquis! à Paris il passait pour un grand homme, car il se fut jugé lui-même et Ton connaît l'intrépidité de bonne opinion qu'il a de sa petite personne, ici c'est un homme qui n'est pas plus grand qu'un autre. Calmezvous donc, Mr. l'Ermite, pour vous prouver que nous estimons votre talent, nous allons donner à nos lecteurs votre esquisse sur les amis.

* lPag« 57, II Volume. f Page 212, II Volume.

} Voir le chapitre, maladie de V Ermite, page 214.

LE MERCURE BS LOl^DRBS. 4A

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