LES AMIS
Durfort est aion ami d'oiâmce ; nous avons jusqu'ici partagé bonne et mauvaise fortune : il est appelé à une place éroînente ; il connait mes ressources, mes besoins, et plus d un emploi est à sa disposition : je suis étonné qu'il ne pense pas à moi ; ses grandes affaires l'oocfupent ; je me montre; il est flatté de me voir, mais il n'est pas obligé de deviner l'objet de ma Visite, (tous les amis Jte ressemblent pas à ceux du Monomotapa.) Il m'en coûte beaucoup, mais enfin je le mets sur la voie il me refiise, mais
là, bien franchement, sans me cacher ses motifs : ** Un refus ne peut
" me fôcher, moi, vieil ami delà maison • Il a fallu contenter
" de préférence des inconnus recommandés dont on courrait risque " de se faire des ennemis ; mais l'occasion se représentera." Elle se représente vingt fois, et toujours les mêmes considérations avec elle. Je prends de l'humeur, je suis prêt à rompre pour toujours avec Durfort, mais je me souviens à propos du précepte de Bacon: "H faut savoir aimer ses amis jusques dans leur pros- ''phitêr
J'étais hier chez Madame de Ste. Luce, avec l'énorme Baron d'Orfeuil, lequel, après diner, digérait péniblement, enfoncé dans une bergère oii il âisait semblant de réfléchir. Un étourdi a la maladresse de parler de la mort récente du pauvre Darcis, ami intime du Baron. On craint qu'il n'ait rouvert une blessure encore vive! on cherche à détourner la conversation: d'Orfeuil la ramène sur ce triste sujet ; il ne tarit pas sur les louanges de son défUnt ami, et termine par ce trait : ** nous étions liés depuis 30 ans; il '* manquait de tout; il est mort dans la misère, et ne m*a jamais " emprunté un écuJ*
Quel est celui qui ne croit avoir fait cette esquisse sur les amis l Pourquoi tous vos écrits ne ressemblent-ils pas à ce chapitre, monsieur De Jouy ?...«. pour moi, je le trouve si vrai, qu'il n'y a p^s huit jours, j'eusse essayé mes faibles pinceaux sur un sujet semblable, s'il n'était trop difficile de vous égaler, quand, dédaigneux d'encenser le pouvoir, vous vous bornez à graver au burin les vices de la société»
BaOUB LoEMIAK et LBBftUH.
Saour, Lebrun de gloire se nourrit.
Aussi voyez comme il maigrit !
Lebrun, Sottise entretient la santé Baour s'est toujours bien porté.
Nous avons la satis&ction d^annoncer à nos lecteurs que depuis l'époque du &tal distique qui assure à M. Baour une cruelle immortalité, la santé de ce poète n'a souffert aucune atteinte.