SONETTO
Trahit sua quemque voluptas,
Sui rami gareggiar l'Uccello gode ; Nel mare il Pesce ognor guizzante pasce ; Rugge il Léon nel bosco ov'egli nasce ; Nel buco il Topo si trastuUa e rode ;
Latrante è il Cane suUa soglia e prode ; La Serpe fîschia dove ottien le fasce ; Sul poUaio e nel nido, in cui rinasce, Chicchirichl del Gallo spesso s'ode;
* (Il tire une mancheO
t (Il remet sa manche.)
6 LB MERetJR& D£ LONIHl^.
Il Cavallo nitrisce in prati b^ ; L'Aquila ama fissar del sol la face ; Cercan Toseuro i soli Pipiatreî ;
Ciascuno infine al genia suo compiaee ; £d îo imbecîlle Bafal non safei.
Se non facessi pur quel che mi piace?
S. Arriohi, Professore di Letieratma e Ungna italiana.
ACADÉMIE FRANÇAISE
Lemebcier.
M. Lemercier est. le chef de cette école qui médite une révolution dramatique, laquelle parait aujourd'hui, aussi inévitable que la révolution politique Tétait en 1788 ; la civilisation qui chaque jour fait des progrès immenses, donne de plus en plus au siècle le goût du positif et du vrai, et nous approchons du moment où la tragédie, avec son classique appareil, va s'exiler du théâtre ; car on est bien las de pleurer, dans lès formes, sur de vieux héros ampoulés. Le peuple qui a .crié plus de privilègesy plus deBcLstUley criera plus d^unités, plus d^Aristote, et les jeunes novateurs lui offriront sur nos, théâtres, au milieu des convulsions de Vacadémie, des catastrophes récentes, ou contemporaines, dans lesquelles le crime et la vertu parleront le langage de la nature' et de la vérité. Ce besoin d'innover, d'une part, et d'applaudir» de l'autre, est en ce moment si universellement senti, qu'un théâtre national et romantique, s'il s'urgissait tout^à-coup porterait un coup, mortel aux autres théâtres. Les martyrs de SouH^ que M. Lemercier vient de livrer à Tipipression, tragédie écrite d'après les idées nouvelles, relèverait in&illiblemcnt de leurs ruines les deux théâtres français. En vain objeetecait-on que», les entraves une fois ^otées, les auteurs dramatiques aejetteraientdansdllMMrnbles écarts ; eh! le public ne serait-il pas toujours là p^ur faire justice de ces écarts ? les mêmes sifflets qui s'acharnent si souvent et depuis si long-tems contre des tragédies bien classiques, ne puniraient-ils pas aussi l'auteur extravagant qui aurait abusé de sa mission ? Il y aurait toujours les mêmes élémens de chute et de succès, et le public y gagnerait plus de jouissance.
On peut dire que cette révolution dramatique est depuis longtems la pensée dominante de,M. Lemercier: fasse le ciel qu'il ne meure pas comme Moïse, en We de la terre promise 1 il semble qu'il n'ait fait son Agamemnon que pour prouver à ses adversaires qu'il eut pu, comme un autre, créer de bonnes tragédies grecques et romaines, si la mission spéciale de son génie ne l'eut appelle hors des sentiers battus. Voici ce qu'il écrivait en 1 789 aux rédacteurs de la décade philosophique.
'' J'espère offrir bientôt au public une comédie achevée depuis " un mois ; eUe porte le titre de Pinto. Mon soin, en la composant,
LB MBRCUBB DB LONDRBS. 7
** a été de dépouiller une grande action de tOut^menieBt poëtîqiie '* qui la déguise, de présenter des personnages pailiemt, agissant '* comme on le fait dans la vie, et de rejeter le prestige quelque» ** fois infidèle, de la tragédie et des vers. Heureux, après m'être " effî>Fcé dans Agamemtum à prouver mon respect pour les lois de ** Melpomène, si je pouvais ouvrir une route nouvelle au théâtre, ** où Ton suit trop Souvent les ornières des chemins battus.'*
NéPOMUCèNB-<LBMBBCI£B.
Pinto révéla à la France un genre dramatique tout nouveau; cette comédie, si remarquable, si empreinte d'originalité, fut ac- Giieilfie avec enthousiasme. Son succès aurait dû accélérer les progrès du genre ; mais les avocats du classique étaient alors si nombreux et si puissans que Pinto fut bientôt oublié. Sa réputation s'est pourtant toujours conservée dans la niémoire des gens de goût ; on relit toujours avec admiration, puisqu'il n'est pas permis de la revoir, cette œuvre du génie, où les évènemens politiques soiit présentés sous un aspect comique, où chaque personnage parle le langage de sa situation, où le peuple joue un rôle, où les masses agissent, où- une grande conspiration enfin se trame sans que les principaux héros dérobent aux spectateurs les acteurs d'un rang subalterne.
La tragédie à'Agamemnon, qui avait fondé la réputation de M. Lemercier, avait été d'abord jouée en 1797 ;] mais les évènemens politiques de l'époque ne permettaient pas alors aux littérateurs et au public de juger du mérite d'mie tragédie : elle fut reprise quatre ans après, et cette reprise fut une vraie première représentation; des critiques acerbes attaquèrent Agamemnon, de grands éloges y répondirent. On reprochait à M. Lemercier d'avoir construit le plan de sa tragédie sur une intrigue dégoûtante de débauche, et d'avoir gâté Alfieri en le copiant. On censurait même la poésie, qu'on trouvait en général barbare et rocailleuse. Le tems a fait justice de ces critiques : Agamemnon est resté comme un modèle d'imitation de la simplicité grecque. L'intrigue horrible d'Ëgiste et de Cly temnestre, parfiûtement conduite, amène naturellement la catastrophe du dénouement. Le rôle de Cassandré est une belle création ; les critiques dont nous avons parlé prétendaient que cette Cassandre était ridicule avec ses prédictions, qui ne trouvaient que des incrédules ; mais il nous semble que c'était le sort de la malheureuse Cassandre, telle que l'antiquité nous l'a donnée de ùârë des prédictions, et de ne rencontrer jamais que des esprits sourds.
Nunquam crédita Teucris.
M. licmereier n'a jamais mieux fiût qa' Agamemnon ; c'est, de ses tragédies, la seule qui soit restée au théâtre et qu'on y applaudit tot^ours. Il fiiut, à M. Lemercier, une école et un théâtre nouveaux ; son génie est trop à l'étroit dans l'école ancienne. Sans
cesse tourmenté par le besoin d'innover, et de faire du beau et du vrai ; il a pris, dans les annales modernes, un magnifique sujet de tragédie, hs martyrs de Souli: cette tragédie n'a pu être représentée, mais elle a obtenu, à la lecture, un succès de vogue. M. Lemercier s'y est élevé à une immense hauteur de philosophie et de talent : la poésie en est naturelle sans être triviale ; les caractères principaux en sont largement tracés; le rôle tout nouveau de Crùtol, colonel nègre, qui parle créole, a paru bizarre à quelques gens trop délicats ; mais les gens raisonnables conviendront qu'un créole ne peut parler que le langage de son pays, et qu'il aurait été ridicule de le faire parler autrement : faisons des vœux pour quW pareil ouvrage soit représenté sur la première scène française.
Un événement malheureux a failli dernièrement enlever M. Lemercier aux lettres, et à l'amitié ; les suites n'en ont pas été fâcheuses, et la France n'a pas eu a déplorer la perte d'un homme qui unit le plus beau talent au caractère le plus sublime.
Le franc parleur.
Note du rédacteur du Mercure de Londres.
De nos brillans jardins les stériles ormeaux Courbent servilement leurs timides rameaux ; Mais le chêne nourri dans la forêt sauvage Porte jusques aux cieux son superbe feuillage.
Tel est M. Lemercier. Sa noble indépendance ne s'est jamais démentie. Son génie ne pouvait être mieux et plus dignement apprécié que par l'honorable écrivain qui a bien voulu nous envoyer le bel article que l'on vient de lire. Cet article n'est pas le seul que nous ayons reçu de Paris. Les plus estimables littérateurs nous en ont déjà envoyé plusieurs que nous publierons successivement. Par leurs soins. Le Mercure de lÂmdres, va devenir le refuge de tout ce que la capitale de la France possède de plus distingué dans les lettres, les sciences et les arts.
Notre nouveau journal, Lejlambeau, exclusivement consacré à la politique, paraîtra toujours dans le mois d'avril prochain. On souscrit d'avance à Paris chez Mr. Lemière, No. 42, rue St. Augustins ; et à Londres, au bureau de notre journal.
F. Châtelain.
LITTÉRATURE FRANÇAISE
Le Petit Ermite,
ou
Tableau des mœurs françaises ; tiré de l'Ermite de la Chaussée d'Antin,etc. de Mr. Jouy, suivi de notes et précédé d'une notice par L, T, Ventouillac, éditeur des classiques français. Londres : S, Low, Lamb's Conduit-street ; J. Booker, 61, New Bondstreet ; et au bureau de notre journal.
L£ MERCURB DE LONDRES. 9
(1er artick.)
La notice que Mr. Ventouillac a consacré à la vie et aux ouvrages de Mr. Etienne Jouy est écrite avec chaleur, précision et clarté. L'auteur y &it une comparaison qui nous a paru très juste entre FËrniite de la chaussée d'antin, le Rambler de Johnson et le Speetator d'Addison et de Steele. Nous partageons sa manière de voir sur tous ces points, seulement nous croyons qu'admirateur zélé de notre Ermite, il a jugé trop favorablement la tragédie de Sylla ; cette tragédie a dû une grande partie de son succès au jeu sublime de notre grand tragédien Talma, et à Vépoque oii elle a été représentée; ou nous nous trompons beaucoup, ou la postérité cassera le jugement qu'en a porté Mr. Ventouillac.
Cette critique une fois faite, nous n'avons que des éloges à donner à l'éditeur du Petit Ermite, le choix fait par lui des principaux morceaux qui ont le plus contribué à la gloire de M« Etienne Jouy, atteste un discernement fin, et un goût épuré. Dans le premier volume dont nous nous occupons seulement aujourd'hui, nous avons distingué le chapitre ayant pour titre Le8 Tartuffes, On y trouve le portrait suivant tracé de main de maître: