‹ Le Mercure de LondresChapitre 48 sur 125 · LE PROSCRIT · texte numérisé non relu

LE PROSCRIT

Le printems créateur a reverdi la plaine ; Un feuillage naissant couronne le coteau ; La colombe revient près de Fépoux qu'elle aime, Et moi.. .si jeune encor, je descends au tombeau.

La nature a repris ses vêtemens de fête ; Tout célèbre à Tenvi, son éclatant réveil ; Les zéphirs amoureux, se bercent sur ma tête. Et moi... je vms dormir de l'éternel sommeil.

Les champs sont embaumés, une volupté pure Anime tous les corps de ce vaste univers ; Partout, des chants d'amour j'entends le doux murmure, Et moi. ..d'hymnes de mort, je forme mes concerts.

Le soleQ radieux, sourit à la prairie

Comme une jeune épouse à son fils nouveau né :

Il luit sur la chaumière où je reçus la vie,

Et sur la triste couche où je meurs, délaissé

Demain, auront cessé mes maux et ma misère ; Demain, de mes bourreaux, j'aurai fui les fiireurs. Banni de mon pays, loin de ma tendre mère.

Je descends au tombeau, sans regrets, sans douleurs.

Adieu champs paternels, adieu France chérie,

Objets que j'adorais, recevez mes adieux ;

Ne pleurez point ma mort, mourir pour sa patrie

Victime des tyransi est un sort glorieux. FaéDéBic.

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