LE VOILE DE MESDEMOISELLES
*' Ma chère je Fai beaucoup plus noiif qMt le tien (c'était d'un *' voile dont on parlait) — Tiens ! comment le sais-tu ? qui te l'a " dit ? — ^ma chère, je l'ai vu ce matin lorsque nous allâmes au bain. *' Mais ma chère, dis-moi donc ? c'est drôle ! mon mouchoir sent '' l'odeur et cependant je n'a! pas mis d'odeur à mon mouchoir!"
Tel fut le préambule spirituel de la spirituelle conversation qui s'établit entre deux personnes très bien parées qui, dans un petit cabinet particulier d'un restaurateur d'Hay-market, charmaient l'ennui de l'attente de leur monsieur respectif.
Enveloppé dans notre capuchon d'Ermite, nous avions reconnu ces deux dames a leur arrivée, pour être, des danseuses de l'opéra; de celles qui figurent dans le pas de six du bal champêtre, et sachant, par expérieuce, que le peu d'esprit qu'elles possédaient était dans leurs jambes (ce qui ne les empêche pas de danser souvent très mal) nous n'avions pas la moindre envie de: les écouter. Cependant, auditeur involontaire, nous avons entendu mille choses qu'il serait impossible d'écrire. Nous éroyons donc qu'il est de notre devoir d'engager ces dames à être un peu plus circonspectes à l'avenir, et à parler moins haut de leuirs affaires, QuHmporte au public qiie ces affaires soient noires, blondes ou de tonte autre couleur, il suffit pour ces dames qu'une dixaine ou une vingtaine d'amateurs trouvent les dites affaires très belles et c'est ce que nous leur souhaitons, persuadés, comme nous le sommes, qu'dles font tous leurs efibrts pour en tirer un excellent parti.
L'Ermite de Queen Streei.
ACADÉMIE FRANÇAISE
Pabceval Grandmaison.
'< O imitatoref seimm pecus !"
A la routine fidèle, L'imitatfeur Parceval, Prit Delille pour modèle Jaloux d'être son rival.
Du reste, il cmt la grammaire Chose fort peu nécessa^ Pour grimper au double mont, .
Car on retrouve en son style, Plus l'école de Delille ^ue l'école de l'homond.
f firiraîl ifttfie Mfe lier facxrilémie.;
U MSROURB DB LOK0RBt. 8|l
Pour proiiT«r ce que nous avftnçcmB, nous exhumons de la poussière oublieuse les parchemins académiques de Monsieur Paroeval Grandmaîson, c'est-à-dire, ses amour» êpiqueê. Nous ouvrons ce prétendu poëme, à chaque page, se présentent à nous des fiiutes grammaticales ; tache condamnable dans tout écrivain, et insoutenable dans un académicien. Exemple :
.... Des Pharrasius la peinture éclatante Fait sentir et parler la toile palpitante, Chefs'd autre enivrant du magique pinceau. . . .
Si le mot dief-d'œuvre est sans s le vers est faux \ si on lui en donne un, c'est une faute contre la langue, puisque chef-d'œuvre n'en prend point au pluriel et qu'il n'y a que ehef qui soit déclinable ; voila certainement une bévue qui mériterait d'être relevée par le plus pauvre écolier.
Nous pourrions faire d'autres citations surtout dans le moment où Didon exprime le regret de ne pas présenter Ascagne,
Fumant aux lèvres de son père.
Nous pourrions montrer à nos lecteurs la triple hécate entendant hnrUr les murs des cités, nous pourrions leur présenter encore des vers aussi harmonieux que ceux-ci :
Voila quels crâ, Didon, contre ma tête impie Vomit avec sa rage et son sang et sa vie.
Mais nous leur ferons grâce de ces citations. Nous leur dirons seulement que des poëmes mal traduits, et des licences gramma- HcakSf
Qu'en termes très exprès, condamne Vaugelas,
Sont les seuls titres de Mr.Parceval, aux honneurs du fauteuil.