‹ Le Mercure de LondresChapitre 60 sur 125 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Après avoir vu l'éloge des ouvrages de Mt, Moreàu, vice consul de France à Londres, membre de l'institut royal de la gïrande

Bi9lRgiiio et-dek Société Royale Askdque de b grande Bretagne et. 4e Vlrlmàef menibre étranger du conseil d'agriculture et de la Société pour l'encourageant des arts, du commerce et des manu^ fiK^tures dat» l'empûre Britannique, membre ccnrespondant de l'Académie Royale des sciences, arts et belles lettres de Marseille, de celle de Dijon, &c* &c«> et dans le Moming Past, et dans le Britùh Presi, et dans le Su», et dans VAge^ et dans le eourier de Londres, et dans le New Timeg, et dans VOrieiUal Herald^ et dans VAnaiic JourtuU, et dans le Memihly Magaseme^ et dans YAmeirir ean Moniior, enfin dans presque tous les journaux Anglais, et dans les journaux Français les mieux rédigés» teb que le Conrtù tuHtnmely le Globe, &c., nous nous sommes procurés les différents ouvrages de notre compatriote dans l'intention d'en faire nousmêmes un examen critique.

Le pbemieb de ces ouvrages est fétat dm commerce de la Orande Bretagne avec touies les parties du monde*, ou apperçus divers, depuis 1697 jusqu'à lSft% inclus, année par année (celles de paix distinctes de celles de guerre) : de la valeur ofiBcielle du commerce d'importation et d!exportation de la Grande Bretagne avec l'Europe, l'Asie, l'Afrique, et l'Amérique réunies ; de son commerce séparé avec chacune des .parties du monde, et chacui^ des royaumes, états et colonies qui en dépendent ; du revenu net du produit des Douanes ; du tonnage anglais et étranger à la sortie ; du nombre des banqueroutes ; du prix des fpnds publics, (actions de la banque et trois pour cent .consolidés) r du terme moyen de la valeur de chaque commerce par périodes de guerre et de paix, tels qu'ils se sont succédés ; et d'un relevé chronologique des événements contemporains ; le tout établi avec soin sur les rapports documens et tableaux les plus authentiques, rédigés à l'usage du parlement, et du bureau de commerce, et des colonies.

Ce tableau présente une quantité effrayante de chiffres. Ces chiffres sont plus éloquents que des paroles, car, ici ils représentent des faits de la plus scrupuleuse c^ctitude. Il est facile de vérifier ces faits, le tabkan de F état du commerce de la Grande Bretagne est parfaitement imprimé, et fait le plus grand honneur aux presses de W. Clowes.

Le sficoND ouvrage de M. Moreau a pour titre, situation financière de la compagnie des Indes orientales, d'après des documents officiels, ou tableau de l'état passé et de l'état présent des possessions britanniques dans l'Inde, sous le rapport de leurs revenus, de leurs dépenses, de leurs dettes, de leurs ressources, de leur commerce et de leur navigation.t

Le troisième est intitulé, Origine et proorès du commercé des soieries en Angleterre, X depuis les tems les plus reculés jus-

* Prix 7 Shillings. t (1885) Prix I guinée— 27 francs

X Prix 5 ebilUngs.

IM LB MfiRCURE DE LONDRES.

qu'à l'époque actuelle (féyrir 1826), fondé sur des documens^o^ ficiels, accompagné de nombreux tableaux présentant depuis 1701' les quantités de soie brute et torse importées dans la grande Bretagne, et ce qui en a été ensuite exporté ; les quiantités pestants pour la consommation des manufactures, le prix de chaque espèce de soie ; le taux et le produit des droits ; ainsi que la quantité et la valeur des étoffes de soie sorties des manufactures anglaises pour être exportées à destination de tous les pays.

Et enfin lb quatrième, dédié par Fauteur aux agriculteurs, aux manu&cturiers et aux négocians de la Grande Bretagne, et de rirlande, portant pour épigraphe ce passage de Voltaire :

** Quiconque veut lire Vhistoke en citojfen et en philoiophey re- ** cherchera entre autres connaissances^ comment et jusqu'à quel ** point une nation s'est enrichie depuis un siècle, les registres des " exportations peuvent rapprendre''

Est l'état annuel* et divisé en époques de guerre et de paix, des produits du sol et de l'industrie de F Angleterre, de FEcosse et de FIrlande qui sont sortis des ports de la Grande Bretagne pour être exportés à destination de chacun des royaumes, états, colonies des quatre parties du monde, depuis 1694 jusqu'en 1824 inclusivement.

Nous AVOUONS notre insuffisance^ il nous serait impossible de rendre compte par nous mêmes de ces trois derniers ouvrages. Dabord rétraçant les opérations les plus compliquées et les plus importantes du commerce pendant des siècles, il Êiut avoir des connaissances très étendues en matière de commerce pour pouvoir dignement les apprécier ; ensuite, qu'il nous soit permis de le dire, comment peut-iise faire que la France à laquelle Mr.Moreau appartiendrait même s'il n'était pas Français (puisqu'un homme dont les études embrassent toutes les parties du monde, doit appartenir de droit à l'univers entier) ; comment se fait-il, dis-je que la France, permette que des ouvrages aussi éminemment utiles que ceux que nous venons de citer, soient litographiés au lieu d'être imprimés ! le gouvernement français ne devrait-il pas venir à Faide d'un homme qui consacre sa vie au bien-être de ses semblables, comme le fait Mr. Moreau et ne serait-il pas mieux d'avoir un évêque de moins, par exemple, et quelques bons ouvrages de plus ?

Certes la litographie est une belle découverte, mais dans aucun cas elle ne pourra remplacer l'imprimerie ; si les ouvrages de Mr. Moreau étaient imprimés, ils deviendraient plus populaires et nos hommes d'état les consulteraient plus souvent. Quoiqu'il en soit nous avons eu le bonheur de trouver des personnes que la Jtnultitude de chiE&es qu'on rencontre dans ces difierents ouvrages, n'a pasépouvimtées, ces personnes sont des négociants distingués, chacun d'eux. a bien voulu nous promettre d'examiner cet immense

* Prix 5 Shillings.

LE MBRCURfi DE LOl^DRÉS. 108

tntrûl et de nous feire parvenir leur opinion sur les recherches la- -boriettses de Mr. Moreau.*

Pour nous, pour prouver que Mr. Moreau joint au mérite de compilateur exact, le mérite plus grand d'apprécier justement toutes choses, nous allons citer l'introduction qui précède le dernier de ses ouvrages :

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