A CAROLINE
Caroline, il n'est rien qui résiste à tes charmes : Ton empire est égal à Tempire des dieux ; Et qui pourrait te voir sans te rendre les armés. Ou bien serait sans âme, ou bien serait sans yeux.
Pour moi, je ravoaerai, sitôt que je t'eus vue. Je ne résistai pojnt, je me rendis à toi ; Mes sens furent charmés, ma raison fut vaincue. Et mon cœur toiit entier se rangea soua ta loi».
Je vis sans déplaisir ma franchise asservie \ Sa perte n'eut pour moi rien de rude et d'afireux : J'en perdis tout ensemble et l'usage et l'envie } Je me sentis esclave et je me crus heureux..
Je vis que tes beautés n'avaient pas de pareilles ; Tes yeux, par leur éclata éblouissaient les miens ; La douceur de ta voix enchanta mes oreilles, Les nœuds de tes cheveux devinrent mes liens.
Je ne m'arrêtai pas à ces beautés sensibles,
Je découvris en toi de plus rares trésors ;
Je vis et j'admirai ces beautés invisibles
Qui rendent ton esprit aussi beau que ton corps.
Ce fut lors que voyant ton mérite adorable Je sentis tous mes sens t'adorer tour-à-tour ; Je ne voyais en toi rien qui ne fut aimable, Je ne sentais en moi rien qui ne fût amour.
Ainsi je fis d*aimer Theureux apprentissage ; Je m'y suis plus depuis, j'en aime la douceur ; J'ai toujours dans l'esprit tes yeux et ton visage, J'ai toujours Caroline au milieu de mon cœur.
Oui, depuis que tes yeux allumèrent ma flamme, Je respire bien moins en moi-même qu'en toi ; L'amour semble avoir pris la place de mon âme. Et je ne vivrais plus, s'il n'était plus en moi.
Vous qui n'avez point vu mon adorable amante,
Vous, .sylphes amoureux qui peuplez ce séjour,
Mêlez dans vos concerts son beau nom que je chante
Et n'oubliez jamais sa gloire et mon amour.
ACADÉMIE FRANÇAISE
De Quelen.
Mr. Pastoret est académicien ; pourquoi Mr. De Quelen ne le serait-il pas ? X.