ETIENNE
Et elegeniDt Stephannai, rîniitt pleniini spiritu.
ACTEé DES APÔnHB».
*' Son génie l'entrainait impérieusement vers le théâtre ; il débuta dans cette barrière par la charmante comédie de Brueys et Puhprat, qui fonda sa réputation littéraire. Son mérite ne tarda pas à lui attirer des protecteurs puissans ; il se rendit utile au duc de Bassano, qui se l'attacha; en 1810, et il remplaça Mr. Fiévée cùttone censevr du journal de Vempire, Les deux gendres parurent en 18li ; cette pièce marqua le rang de Mr. Etienne parmi nos hommes de lettres les plus distingués. Il est inutile de nous étendre sur le mérite de l'ouvrage et encore plus d'en donner l'analyse ; un accueil des plus favorables et toujours soutenu fait l'éloge le plus vrai de cette comédie ; il soutint cette haute repu- ' tation par Vlntriganie^ qu'il donna en 1813; cette pièce, qui eut le plus grand succès, fut frappée d'interdiction par la police. Lorsque sous le gouvernement qui succéda à Napoléon cette mesure fut rapportée, l'auteur, au lieu de rendre son ouvrage à l'impatience du public, crut mieux faire de retenir sa comédie et de s'en tenir à la première décision.
Cette premièreépoque des changements t)olitiques devint funeste à la fortune de Mr. Etienne ; il fut dépouillé de toutes ses places ; Napoléon les lui rendit, et le fît ainsi plus coupable aux yeux du gouvernement qui suivit les cent jours. Il fut désigné comme un des hommes qui avaient favorisé le retour de l'usurpateur ; il se défendit avec courage contre une pareille calomnie et eut le bonheur d'échapper aux suites qu'elle devait amener. Depuis lors il se livra tout entier à la littérature et à la politique spéculative. On lut avec le plus grand empressement et le plus vif intérêt ses lettres sur Paris, insérées dans la Minerve Française, lettres dans lesquelles il avait su mettre à la portée de tout le monde les matières abstraites du gouvernement et de la politique."
*' Le succès prodigieux de cet ouvrage annonçait dans leur auteur un esprit également solide et brillant. En 1820, le département de la Meuse lui donna une preuve de l'estime piiblique, en le nommant député, honneur qui lui fut déféré de nouveau en 182!^. Il remplit dignement l'attente générale par son zèle, son talent, son courage, à défendre les intérêts de la nation. Cet orateur fît' la plus grande sensation à la tributle, et Ton cite encore plusieurs passages de ses admirables discours où l'esprit étincelait de toutes pàrtsi"
" Au sein de ces bautes occupations, il poursuivait encore ses travaux littéraires, ou vit de lui les plaideurs sans procès, comédie fort spirituelle, et un opéra ayant pour titre la lampe merveilleuse,
* Charles — Guillaume, né à ChamottUy, près St. Didier» département de la hante Marne, le 6 Janvier, 1778.
L& MKRCURB DB CONORBS. tSTî
Nous nous contenterons de donner ici- le titre de ses autres ouvrages ; il sufËt de les citer pour les rappeller promptement à la mémoire de nos lecteurs : Histoire du Théâtre Français, le Packa de Surtne, 6u V Amitié des Femmes^ Une Heure de Mariage^ Un jour à Paris, Gviisian, CendriUon, Joconde, la jeune femme colère, Jeannot et Colin, Racine et Cavois, le Rossignol, 8fc, ê^Cé
" Mr. Etienne avait été appelle à Tinstitut par le suffî-age libre de ce corps; l'ordonnance de 1815, contre-signée Vaublanc, Ta rayé de la liste des académiciens. Il fut déporté de t Académie: le motif de ce renvoi fut, qu'il se trouva, par hazard, chargé de porter la parole à Napoléon, au nom de Tinstitut, et de lui présenter une adresse qui avait été rédigée par les quatre classer réunies. Les suffrages de toute la France ont bien souvent consolé Mr. Etienne de l'ordonnance de Mr. De Vanblanc, tandisque rien n*a pu consoler Mr. De Vaublanc du mépris qui accueillit son misérable poëme du dernier des Césars."
La plupart des articles insérés dans la biographie des 40 sont écrits avec cette franchise d'opinions qui promet à un ouvrage un succès certain. i F. Châtelain.
Réfutation d'une Accusation de Plagiat.
La Revue Encyclopédique doit nous accuser dans son numéro de lundi prochain d'avoir pris un de ses articles (Jarticle de Mr, Lanjuinais) sans indiquer la source à laquelle nous l'avons puisé.
Nous répondrons à la Revue :
Premièrement, l'article en question est signé dans notre Mercure, Lanjuinais de V Institut, donc nous n avons pas voulu nous parer dés plumes du paon en nous attribuant le dit article : deuxièmement, si madame la Revue* se donnait la peine d'arriver à Londres au moins dans les quinze jours qui suivent son apparition dans la capitale de la France, il nous serait possible de vérifier si un journal qui se publie à Lyon et avec lequel nous sommes en relationf n'a pas copié les articles de la dite revue : troisièmement, enfin, notre intention est de ne citer que le plus rarement que faire se pourra un recueil, qui d'abord, échangeant avec le nôtre,t et ENSUITE affectant des opinions très libérales, -trouve mauvais que nous mettions le nom de ses collaborateurs à côté d'articles dans lesquels nous prouvons souvent la turpitude des hommes qui affichent un libéralisme qui n'est point dans leur cœur, affectation d'autant plus pernicieuse qu'elle séduit les personnes crédules par les dehors les plus brillants.
* Nous disons madame, car il ne suffit pas d'être honnête, il fouteueore être poii.
t Ce journal citant nos articles seulement avec notre tignature, nous agitons de même.
X Depuis le mois dernier nous avons refusé d'échanger.
IM I.B MBRCURB DM I.QKMB6.
Non» détêâtons les tartuffes partout où ïk se trourent, et pour les démasquer, nous sacrifirerions nos intérêts mêmes.
La Revue Encyclopédique qui dans l'analyse qu'elle ûài des journaux publiés en Angleterre se trouve forcée de parler de notre Mercure va sans doute tomber sur nous de toute sa loudeur ; * la secousse sera forte, mais pour amortir ce choc violent, nous nous sommes décidés à nous former un bouclier de tous les articles pesants que renferme la revue, nous sommes surs de cette manière que quelque soit la pesanteur de la bombe, le coup sera entièrement amorti. Au surplus; •
A tout événement le sage est préparé,
aussi attendons nous tranquillement au coin de notre feu le résultat de ce que nous venons d'écrire. Comme on peut quelquefois taire la vérité sans pour cela dire des mensonges, (en ne parlant pas) nous userons aujourd'hui de cette espèce deprivilège*.***. Nos lecteurs voudront donc bien nous excuser de ce que nous ne mettons pas dès à présent en évidence le girouettisme de plusieurs de messieurs les rédacteurs de la revue dite Encyclopédique.
F. Châtelain.