UN SCEPTIQUE ADMINISTRE LES SECOURS
On peut juger par ce qui précède de ce qu'étaient les secours meurtriers, et si réellement ils méritaient ce nom. On conçoit aussi l'impression qu'ils devaient produire sur les assistants. Il paraissait si invraisemblable que le corps humain pût résister à de pareils assauts (( qu'un grand physicien.. . un philosophe. .. au récit de ces faits, soutint qu'ils ne pouvaient être vrais, parce qu'ils étaient physiquement impossibles selon lui. Il objectait, entre autres choses, que la flexibilité, la mollesse et toutes les autres qualités qui composent essentiellement la nature de la peau et des chairs sont diamétralement incompatibles avec une force et une consistance si extraordinaires. . . On le laisse faire ses démons-
» Ce caillou venait de Port-Royal. [Dict. des sciences médicales, art. Convulsionnaire.) Montgeron, II, p. 47.
Ualions anatomiques, étaler toutes ses preuves, et à la fin, pour toute réponse, on lui dit : Venez voir et éprouver vous-même la vérité des faits. 11 accourt, et dès la première vue il est saisi d'étonnement; il doute s'il doit croire ses yeux 5 il demande à administrer lui-môme les secours. . . On lui met aussitôt entre les mains les instruments de fer les plus forts et les plus assommants, il ne s'épargne pas, il frappe avec la dernière violence, il enfonce dans les chairs l'instrument dont il est armé, il le fait pénétrer jusqu'au fond des entrailles. Cependant la convulsionnaire rit de tous ses vains efforts, tous les coups qu'il lui porte ne servent qu'à lui faire du bien sans laisser la moindre impression, la moindre trace, le moindre vestige, non-seulement dans les chairs, mais môme sur l'épiderme de la peau '. »