‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 22 sur 115 · MUTISME. — SILEXCE. — DON DES LANGUES ET DE LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

MUTISME. — SILEXCE. — DON DES LANGUES ET DE LA MUSIQUE

« J'ai vu une convulsionnaire, et cela est arrivé à plu- . sieurs, qui devenait muette pendant ses convulsions... La parole lui était rendue lorsqu'elle prenait des reliques entre ses mains *. »

c( Ce n'est pas seulement mademoiselle G... (Guy) qui a des convulsions de silence, son frère et leur fille de boutique en ont aussi, et cela est même assez public. Un homme de province arrivé depuis peu à Paris ayant demandé un bon bonnetier, on lui enseigna M. G... Il y alla et trouva dans la boutique la sœur de ce marchand; il lui demanda des bas, elle répondit par une inclination; le frère vint, et l'étranger lui ayant aussi demandé des bas, il répondit de môme par une inclination; la (ille de boutique étant survenue, elle fit la même chose : alors l'acheteur, croyant qu'on se moquait de lui, sortit de la boutique tout en colère... Ces convulsions de silence leur duraient ordinairement trois jours ^. »

« 11 est de notoriété publique que mademoiselle Lordelot, sœur d'un avocat au parlement, qui, depuis sa nais-

1 Montgeron, III, p. 733.

2 Poncel, vu" lettre, p. 127.

3 Addition au Journal historique, p. 10.

sance, a toujours eu une assez grande difficulté de parler, prononce néanmoins ses discours en langue inconnue * avec toutes les grâces et la facilité possibles, malgré nombre d'aspirations et de mots tellement difficiles, que d'autres personnes ne pourraient les articuler qu'avec beaucoup de peine, et quoiqu'e//e n ait point du tout de voix , elle chante très -mélodieusement des cantiques en cette langue.

» Mademoiselle Dancogné , dont les convulsions sont si intéressantes, et qu'on sait aussi n'avoir jamais eu de voix, chante de même parfaitement bien des cantiques en langue inconnue et d'une inusique extraordinaire qui fait l'admiration de tous ceux qui l'entendent : mais ce qui surprend encore davantage, il lui arrive souvent, dans certains temps de ces extases, iS' entendre le sens de tout ce quon lui dit en quelque langue quon lui parle, et de répondre à tout d'une manière très-juste, c'est ce que quantité de personnes ont éprouvé ^. »

§ ÏI-

DON DE l'ouïe pendant LA DUREE DES GBANDS SECOURS.

Lorsqu'ils recevaient les grands secours, les convulsionnaires pouvaient acquérir, outre le don d'invulnérabilité, des propriétés toutes particulières relatives h leur état personnel. Montgeron cite l'exemple d'une fille presque

* Nous avons déjà fait (p. 45) quelques réserves à propos de la prétention au don des langues de la part des convulsionnaires. 11 faut reconnaître qu'en effet ce don aurait été fort rare parmi elles. Si ce que Montgeron raconte de mademoiselle Dancogné est une preuve qu'il se soit manifesté dans leurs rangs, on n'en saurait dire autant de ce qui concerne mademoiselle Lordelot. Montgeron assure que cette demoiselle parlait une langue inconnue; mais si elle est inconnue, où est la preuve que cette langue soit réelle?

2 Montgeron, Idée de l'état des convulsionnaires, p. 55.

entièrement sourde qui, dans son état naturel, n'entend que lorsqu'on parle très-haut et fort près d'elle. « Cependant, ajoute-t-il , durant tout le temps qu'elle reçoit les grands secours, elle entend aussi parfaitement qu'on puisse entendre \ »

B. — Phénomènes nei^veux.

Ces phénomènes se sont produits chez les enfants aussi bien que chez les adultes. Poncet^ dit avoir vu un enfant de sept ans qui avait été condamné par ses convulsions à faire maigre. Or, à cet âge, ni la volonté ni l'imagination ne peuvent laisser supposer \ intention de rechercher une rigoureuse pénitence. Les enfants subissaient donc les mêmes effets que les convulsions déterminaient chez les hommes faits. Nous signalons cette particularité. Qu'on nous permette aussi, avant d'entrer en matière, d'appeler l'attention sur la troisième scène de crucifiement citée plus loin : aucun commentateur ne l'a rapportée, quoiqu'elle se trouve dans le même volume où ils ont puisé les autres. Est-ce oubli? On en jugera.

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