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qui eut lieu le surlendemain, 29 janvier. Un plaisant écrivit en gros caractères sur la porte ces vers si connus :
De par le Roi , défense à Dieu De faire miracle en ce lieu.
Chassés du cimetière Saint-Médard, les jansénistes ne poursuivaient pas moins l'œuvre des convulsions, lorsqu'une ordonnance du 17 février 1733 ' , défendit aux convulsionnaires de se donner en spectacle en public,
paroisse de Saint-Médard et notamment à roccasion des mouvements et agitations prétendues involontaires de différents particuliers qui affectent de s'y donner en spectacle, Sa Majesté aurait jugé à propos de donner ses ordres pour en faire arrêter plusieurs et les faire examiner par un nombre considérable de médecins et chirurgiens, pour en dresser leur rapport et porter leur jugement sur la cause et la nature desdits mouvements et agitations; ce qui ayant été exécuté, lesdils médecins et chirurgiens ont attesté et déclaré unanimement que lesdits mouvements n'ont rien de convulsif ni de surnaturel, et qu'ils sont entièrement volontaires de la part desdits particuliers; d'où il résulte qu'on a cherché manifestement à faire illusion et à surprendre la crédulité du peuple. Sa Majesté a jugé nécessaire de faire absolument cesser un tel scandale, et le concours du peuple, qui est devenu d'ailleurs une occasion continuelle de discours licencieux, de vols et de libertinage ; et Elle s'est portée d'autant plus volontiers à prendre cette résolution, qu'Elle empêchera par là toute contravention et désobéissance au mandement donné par le sieur archevêque de Paris le i 5 juillet dernier. Vu les rapports en date des il, 15, 17, 18, -19 et 23 janvier, signés par les médecins et chirurgiens y dénommés. Sa Majesté a ordonné et ordonne que la porte du petit cimetière de la paroisse de Saint-Médard sera et demeurera toujours fermée; fait défense de l'ouvrir, si ce n'est pour cause d'inhumation ; et défend pareillement à toutes personnes, de quelque état et qualité qu'elles soient, de s'assembler dans les rues qui environnent ledit cimetière et autres rues, places ou maisons, le tout à peine de désobéissance, même de punition exemplaire, s'il y échet. Versailles, 27 janvier 1732. »
* Nous en donnons le texte : « Ordonnance du roi, du 1 7 février 1 733, contre les prétendus convulsionnaires. De par le Roi, Sa Majesté étant informée que depuis l'ordonnance qu'elle a rendue le 27 janvier 1732 pour faire fermer le petit cimetière de Saint-Médard, plusieurs personnes, par un dérèglement d'imagination ou par un esprit d'imposture, se prétendent attaquées de convulsions, et qu'elles se donnent même en spectacle dans les maisons particulières, pour abuser de la
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même dans des réunions parliculfères. Défense illusoire! la police put bien arrêter d'un seul coup trois cents convulsionnaires et les enfermer à Yincennes; mais l'épidémie n'en fit pas moins explosion. « A peine eut-on interdit l'entrée du cimetière, raconte Montgeron, que les prodiges se multiplièrent. Un peu de terre recueillie auprès de l'illustre tombeau fit éclater les plus merveilleuses guérisons dans tous les quartiers de Paris et jusque dans les provinces '. » L'envoi de cette terre les propagea, en eflet, dans plusieurs villes, notamment à Troyes, à Corbeil et à Montpellier. On remarqua que d'autres églises et leurs cimetières participaient aux mêmes effets que le cimetière et l'église Saint-iMédard ; l'église Saint- Séverin à Paris, notamment, que choisissaient de préférence pour se faire inhumer les appelants les plus déterminés.
crédulité du peuple et faire naître un fanatisme déjà trop semblable, par de chimériques prophéties, à celuy qu'on a vu dans d'autres temps; et comme rien n'est plus important que d'arrêter par les voyes les plus efficaces et les plus promptes de pareils excès, toujours dangereux pour la religion et contraires à toutes les lois de la police, qui ont été faites pour empêcher toute sorte de concours du peuple et d'assemblées illicites; Sa Majesté a cru devoir encore interposer son autorité sur un sujet aussi important pour la tranquillité publique, et marquer de nouveau toute son indignation contre les auteurs d'un pareil scandale : a ces causes, Sa Majesté a fait trèsexpresses inhibitions et défenses à toutes personnes se prétendant attaquées de convulsions de se donner en spectacle au public, ny même de souffrir dans leurs maisons, dans leurs chambres ou autres lieux, aucun concours ou assemblées à peine d'un emprisonnement de leurs personnes, et d'être poursuivies extraordinairement comme séducteurs et perturbateurs du repos public. Défend pareillement à tous ses sujets, sous peiiae de désobéissance, d'aller voir ni visiter lesdites personnes, sous prétexte d'être témoins de leurs prétendues convulsions; enjoint Sa Âlajesté au sieur Hérault, conseiller d'État, lieutenant général de police de la ville, prévosté et vicomte de Paris, et aux sieurs intendants dans les provinces, de faire toutes les diligences nécessaires pour l'exécution de la présente ordonnance, qui sera lue, publiée et affichée partout où besoin sera, à ce que personne n'en ignore. Fait à Marly, etc. » 1 Tome II, p. 38.
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