‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 56 sur 115 · EPREUVE DE TRANSMISSION DE SENSATION · texte numérisé non relu

EPREUVE DE TRANSMISSION DE SENSATION

« Je n'ai obtenu cet effet, dit M. Lafontaine', qu'une fois encore sur une personne magnétisée pour la première fois. Ce fut à Leeds, en Angleterre, sur un négociant {M. Oldenbounj), en séance publique. En dix minutes, je l'avais endormi, et quelques instants après il était arrivé au somnambulisme. Je plaçai à côté de lui le sujet dont je me servais habituellement, je lui mis une des mains dans celle de M. Oldenbourg, voulant montrer l'insensibilité sur les deux personnes, je piquai M. Oldenbourg, qui ne donna pas signe de sensation. Je piquai ensuite mon sujet, miss Mary : elle n'accusa pas de sensation; mais » Page 86.

M. Oldenbourg se récria sur ce qu'on lui faisait mal, et qu'il ne voulait pas être piqué. Cependant Mary ne sentait rien lorsqu'on piquait M. Oldenbourg; lui seul avait la transmission de sensation. Je répétai plusieurs fois cette expérience, et toutes les fois que je piquai Mary, M. Oldenbourg se plaignait; et lorsque je le piquai lui-môme, il n'accusa jamais de sensation.

» Clarisse Nau , une de mes somnambules , me présenta cet effet d'une manière bien exacte. Dans une petite séance à Tours, M. Renard, le proviseur du collège, voulant faire cette expérience d'une manière concluante, me pria de descendre dans la cour de l'hôtel. Un médecin descendit avec moi, et me pinça, me tira les cheveux, les oreilles, me piqua les jambes, et il eut l'idée de me mettre le doigt dans la bouche, ce qui me causa presque un vomissement. Pendant ce temps, Clarisse Nau éprouvait toutes les sensations et à chaque endroit oiî l'on me faisait souffrir. »

§ VH.

EXEMPLE DE TRANSPLANTATION DE MALADIE d'uNE JEUNE FILLE A UNE PLANTE. — GUÉRISON DE LA JEUNE FILLE. — MORT ET RÉSURRECTION DE LA PLANTE.

La méthode curative désignée sous le nom de trans' plantation , et par laquelle on prétendait jadis guérir en faisant passer une maladie du corps d'une personne dans celui d'une autre personne, ou dans un animal ou un végétal, a été pratiquée par les magnétiseurs. Au nombre des faits de ce genre relatés dans le Journal du magnétisme, on trouve le suivant, tome XV, page 537.

(( Une jeune fille, mademoiselle A. V..., somnambule, prise de jalousie pour une autre somnambule, sa rivale.

quitta brusquement le salon d'expérience de son magnétiseur. Soit l'effet de la saison, soit chagrin, mademoiselle A... tomba gravement malade; une fièvre violente la dévorait depuis plus de trois semaines, tout remède fut impuissant à la sauver, et elle répétait sur son lit de douleur à sa famille navrée : « Oh ! il n'y a que M. G... qui puisse me guérir; mais je l'ai blessé en le quittant. — Et moi, je

suis convaincu, répondit son frère, qu'il viendrait »

M. G... n'hésita pas une minute... 11 trouva la malade en proie à une fièvre intense, et la transpiration avait inondé jusqu'au second matelas. Il la magnétisa avec foi, force et charité. La jeune fille se trouvant un peu calmée, M. G... avisa sur la fenêtre une magnifique plante de chanvre. « Tenez-vous beaucoup à ce chanvre? dit-il à la . mère. — Moi, monsieur, je ne liens qu'à la santé, à la vie de ma fille! » Alors M. G..., s'avançant vers la fenêtre, s'approcha du chanvre, et dégagea sur lui tous les miasmes morbides qu'il avait puisés auprès de la malade. Le lendemain, nouvelle magnétisation sur la jeune fille, dont le mieux était déjà fort prononcé; le chanvre avait pris une teinte jaune. Le jour suivant, mademoiselle A... est tout à fait bien; ce môme jour, le chanvre est desséché comme si la lave d'un volcan avait passé par là. Le lendemain, la malade était guérie et le chanvre mort! Madame V... dit au magnétiseur : a Tenez, monsieur, je vais arracher ce chanvre; à quoi bon garder une plante morte? — Non, madame, de grâce, interrompit M. G..., laissez-moi faire mon expérience. » Alors donc le magnétiseur s'approcha du triste chanvre, dont la tige jaune était inclinée, et dont les feuilles criaient sous les doigts comme les feuilles mortes en décembre crient sous les pieds qui les froii'sent. 11 se mit à magnétiser la plante défraîchie en

sens inverse pour la dégager de tous ces miasmes pestilentiels dont il l'avait saturée. Puis il se fit donner un vase d'eau, qu'il magnétisa aussi pour lui donner une vertu bienfaisante, et 'en arrosa lentement et complaisamment le chanvre flétri, ignorant ce qui en pourrait résulter. Le lendemain, les tiges étaient relevées, et les feuilles mortes commençaient à se détacher. Le troisième jour, toutes les vieilles feuilles étaient tombées, et le chanvre avait reverdi. Le quatrième jour (et la malade parfaitement guérie), la plante était admirable et luxuriante d'une repousse de branches et de feuilles pleines de vie et d'ardeur Malade moi-même et charmé de ces faits, continue le narrateur, je me suis empressé de me procurer deux plantes , que M. G... a aussi magnétisées avec le fluide et la volonté de transplanter le mal. Ma tête se dégage, ma fièvre diminue, mais, en revanche, le bégonia discolor incline ses feuilles jaunissantes, le rosier est grillé comme s'il eût été victime d'un incendie, et j'ai la cruauté d'assister avec plaisir aux derniers moments de mes deux fleurs désignées à la mort. »

§ VIIL

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