‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 80 sur 115 · EXPÉRIENCES DE M. HOME · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE M. HOME

A. — frémissement (F une maison. Accordéon jouant seul. Apparition de mains. Sonnette se promenant et sonnant en l'air. M. Home enlevé en Vair '.

M. Home a acquis dans ces dernières années une célébrité qui ne permet pas de passer sous silence les phénomènes rapportés dans son ouvrage. Plus d'un de nos lecteurs ayant peut-être assisté aux expériences nombreuses données par lui soit à Londres, soit à Paris, dans les premiers salons de ces deux capitales, sera à même de contrôler la vérité de narrations dont nous ne sommes que le rapporteur. Forcé de choisir au milieu des nombreux faits cités par l'auteur, nous avons tenu à donner un aperçu des résultats variés auxquels il ditétre arrivé . Le narrateur auquel M. Home laisse la parole dans son livre les rapporte ainsi :

« A cette seconde soirée, nous étions huit encore : un avocat distingué et fort connu, un homme de lettres, auteur d'une réputation établie, et d'autresT personnes, tous croyants, excepté l'auteur.

)) Le tremblement qui se produisit la soirée précédente dans les murs et le plancher se répéta bientôt : la table s'agila et tourna plus violemment que la veille, et s'éleva perpendiculairement à trois ou quatre pieds du sol, où elle resta suspendue environ une minute, puis descendit doucement et graduellement à sa première place, comme 1 Révélations, ■p9%'e%\%.

un large flocon de neige. Un accordéon joua sous la pression de doigts invisibles, pendant qu'une personne du cercle le tenait dans sa main ; il joua ensuite dans la mienne : je le tenais au-dessus du dos de la chaise où j'étais assis, mon bras appuyé sur le sommet de celle-ci en laissant pendre l'instrument derrière la chaise. En face de moi, de l'autre côté de la table, étaient assis M. ilome et la dame de la maison. L'accordéon joua également pendant qu'il était sur le parquet, ainsi que sur la table, où d'invisibles agents le transportèrent. La musique était d'un caractère impressionnant et solennel.

» Une petite main d'enfant , chaude et douce , loucha la mienne et y plaça une petite clochette, puis, à ma prière, la reprit et alla, par-dessous la table, la donner à la dame de la maison, qui était sa mère. Elle paraissait parfaitement convaincue que c'était la main spirituelle de son petit garçon qu'elle avait perdu depuis trois ou quatre ans, à l'âge de huit ans, et elle reçut, à la faveur de l'alphabet, maintes réponses, telles que l'esprit d'un enfant décédé peut en adresser à sa mère.

» La sonnette fut apportée à plusieurs personnes du cercle et placée dans leurs mains; enfin elle s'éleva audessus de nos têtes, et carillonna dans l'air en tournant sur elle-même et en touchant nos têtes sans ^oublier la mienne. Je pus la voir quand elle fit le tour de ma tête, en face de la croisée, et chaque fois aussi quand elle passait entre moi et la fenêtre, dont les rideaux avaient été baissés par un agent invisible. Des morceaux de géranium et de mignonnetie furent placés dans mes mains et en dedans de mon gilet. Je vis distinctement une de ces mains d'Esprit au moment où elle passait entre la croisée et moi : la clarté d'une soirée d'été et celle des becs de

gaz de la rue l'avaient rendue parfaitement visible, en dépit du store baissé de la fenélre.

» Les rideaux de la croisée furent enfin tirés, et JVf, Home nous annonça qu'il allait être élevé en l'air : un instant après, en effet, il traversait la table, par-dessus la tôte des personnes du cercle. Je le priai de faire une marque au plafond avec un crayon ; mais il nous répondit qu'il n'en avait pas; je me levai en lui disant que j'allais lui prêter le mien, et ce ne fut pas sans user de toute la longueur de ma taille et de mon bras que je pus atteindre sa main, qui était bien à sept pieds du soi: j'y glissai le crayon, et sa main tint quelque temps dans la mienne, me soumettant aux caprices des pérégrinations aériennes, jusqu'à ce que je fus obligé de la laisser, m'étant heurté contre un tabouret. Pendant son voyage M. Home ne cessa de sonner de la clochette , pour désigner sa position dans !a chambre, qui avait bien quarante pieds de long sur trente de large, et je vis son corps éclipser, en passant, deux rayons de lumière tamisés par les peintures supérieures d'une porte s'ouvrant sur une pièce brillamment éclairée : M. Home nous apprit ensuite qu'il avait été replacé sur sa chaise avec toutes les délicatesses possibles ; quant à ceci, je ne le vis pas. »

B. — Sensation de ftvid. Engourdissement.

La sensation du froid semble jouer un rôle important dans les manifestations dont M. Home est le médium. Il raconte que, pendant une de ses expériences, il éprouva, « durant tout le temps, une sensation de frisson et d'engourdissement répandue sur tout son corps' » ;

1 Révélations,, page 59.

ailleurs « plusieurs fois, durant une séance, les assistants sentirent des courants d'air froid soufflant sur la table ' ». Enfin il est dit, à propos d'une autre expérience : « Je dois mentionner que, pendant nombre de jours précédents, j'avais souffert d'un froid perçant, qui n'avait aucun rapport avec l'air atmosphérique, mais qui me glaçait le corps et surtout les jambes; Cette sensation ne me quittait plus, et tout moyen artificiel employé pour la détruire avait été sans succès. Ce môme air était maintenant senti à la fois par ma sœur et par M. Home , à un degré tel qu'il éveillait en eux une impression également pénible. J'ai depuis reconnu que c'est là souvent le précurseur des manifestations^. »

Page 1