‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 82 sur 115 · THÉORIE DE M. DE GASPAKIX · texte numérisé non relu

THÉORIE DE M. DE GASPAKIX

M. de Gasparin attribue les phénomènes à l'action d'un fluide mis en mouvement par la volonté des opérateurs. Après avoir admis que ces derniers donnent naissance à

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îtîi fluide ou à une force particulière ^ ^ il ajoute : « Maintenant, faisons un pas de plus. La volonté dispose de ce lluide. Il ne donne l'impulsion aux objels extérieurs que lorsque nous le voulons , et dans les parties que nous voulons^»... « Je ne dis pas : les tables tournent parce que mon lluide est rotatif; je dis : les tables tournent parce que, recevant une impulsion ou subissant une attraction, elles ne peuvent pas ne pas tourner' »... « L'hypothèse du fluide est donc soutenable, elle s'accorde avec la nature des choses et avec la nature de l'homme. Je n'ai pas la prétention d'aller plus loin et d'apporter dès aujourd'hui une explication définitive. Mais je suis tranquille. Que les faits soient admis , et les explications ne manqueront pas. Ce qui paraît impossible paraîtra très-simple alors*. »

Rappelons d'abord que l'auteur a obtenu comme résultat de ses expériences : V la rotation et le soulèvement des tables; 2" leur soulèvement à distance; 3° enfin des nombres pensés ont été devinés par les tables. Ces phénomènes, d'après M. de Gasparin, seraient dus à un fluide émanant de l'opérateur (voir séance du 9 novembre), mis en mouvement par sa volonté et conducteur de sa pensée. Cette théorie est-elle en harmonie avec les faits? M. de Gasparin nous dif'^ que la table, pri':voyant les soupçons de quiconque supposerait dans les soulèvements la fraude des opérateurs, ne se soulève précisément que quand toute fraude est impossible et alors que le phénomène est mécaniquement en raison inverse des influences qui devraient le provoquer. Cette prévoyance fort extraordinaire et si

' Des tables tournantes, deuxième édition, t. !'■■, p. 92.

2 /d., ibid., p. 92.

3 /(/., ibid., p. 9o.

♦ Id. , ibid. , p. 97.

■'' Voir ci-Hprès\ p. 429 (Appendice, pièce D).

bien constatée par l'auteur dénote donc , au moins pour lui, un calcul, un jugement personnels à la table s'exerçant en dehors et indépendamment du fluide que l'opérateur est censé lui injecter. Mais alors, et toujours pour M. de Gasparin, quel est le rôle de ce fluide dans la rotation ou le soulèvement du meuble? Autre objection encore : si la table ne peut jamais énoncer dans son langage que ce qui est dans notre esprit (car c'est bien ce que prétend M. de Gasparin), comment répond-elle catégoriquement à l'interrogateur dans une langue qui est tout à fait inconnue à celui-ci? (Voir plus haut page 342.) En ce qui touche les nombres pensés et devinés, comment M. de Gasparin entend-il que ce phénomène s'opère à cause de la puissance physique développée et appliquée hors de nous par V effet de notre volonté ' ? Dans toqs les pays, chez tous les peuples, deviner est l'acte d'une intelligence étrangère à celle de l'individu qui interroge; donc, la table ne peut pas deviner parce que le fluide de l'opérateur passe dans elle, car sans cela l'intelligence de l'opérateur étant seule en jeu, l'action de deviner n'existerait pas, puisque l'opérateur se répondrait à lui-même. Le prétendu y^mV/e n'a donc rien à voir dans ce phénomène, et M. de Gasparin, affirmant que la table a maintes fois deviné, affirme du même coup l'intervention d'une intelligence étrangère et supérieure à celle de l'opérateur. Explication par le surnaturel, s'il en fut, du mystère des tables tournantes ! Toutefois , M. de Gasparin répète à plusieurs reprises qu'il n'y a absolument rien de surnaturel dans ces phénomènes; mais alors, nous venons de le voir, l'explication par le fluide étant inacceptable, à quelle théorie se rattache l'auteur?

Voir ci-après, p. 421 (Appendice, pièce D),

M. Thury a donc eu raison, en parlant des explications de M. de Ga^sparin, de dire (page iO) : « Soufflez dessus, et je crois qu'il n'en restera pas grand'chose debout. »

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