NEW AND COMPLETE LIBRARY OP MESMERISM AND PSYCHO
LOGY, embracing the most popular works on the subject^ with suitable illustrations. In two volumes of about 900 pp. Bound in library style. Price, 3 dollars. (Pas.de nom d'auteur, pas de date.)
Biology; or the principlbs op the human mind, deduced from physical laws, and on the voltaic mechanism of Man. Illustrated. Price, 30 cents. (Sans nom d'auteur et sans date.)
Electrical psychology, Philosophy dp, in a course of twelve lectures. By John Bovee Dods. Muslin. Price, 87 cents.
Fascination; or the philosophy op charming. Illustrating the principlôs of life, in connection with Spirit and Matter. By J.-B. Newman, M. D. 87 cents.
Mental ALCHEMY, a treatise on the mind, nervous System, psychology, mesmerism, magnetism, and diseases. By B.-B. Williams, M. D. Price, 62 cents.
Philosophy of Mesmerism. Six lectures, with an introduction. By Rev. John Bovee Dods. Paper. Price, 30 cents.
Psychology; or the science of the soul considered physiologically and philosophically. With an appendix containing notes of Mesmeric and Psychical expérience. By Joseph Haddock, M. D. With engravings. Price, 30 cents.
Le millésime d'aucune de ces publications n'est indiqué au catalogue. Mais elles sont nécessairement antérieures à mon édition de 1855 du livre de Dods, car ce n'est pas de cette édition stéréotypée, avec' un superbe portrait gravé de l'auteur, qu*il s'agit dans le catologue.
En donnant la liste d'ouvrages ci-dessus, j ai confiance d'avoir signalé une mine de documents et de lumière sur la questioh incontestablement importante, et pour nous en France si obscure encore, du berceau et des premiers vagissements du suggestionnisme américain.
M. Brown-Séquard, dans sa préface à la traduction française ûe la, Neurypnologie de Braid, MM. BinetetFeré, dans leur Magnétisme animal, et M. Louis Figuier, dans les Mystères de la science, font mention de notre mystérieux Grimes, mais ils n*en parlent visiblement que d'après ce qu'ils en ont lu dans mon Cours de Braidisme ; inutile dès lors de s'adresser à ces auteurs pour le supplément d'information désiré.
Quelque imparfaitement fixés que nous soyons sur le personnage et sur ses titres, j'ai cru devoir l'accepter, sous bénéfice d'inventaire, comme le créateur de l'idéoplastie américaine, cette sœur cadette de l'idéoplastie de Faria, mais qui peut s'appliquer le mot de Shakespeare : the last but not the least, la dernière, mais non la moindre. Et par cette considération, partant de la règle établie de dénommer chaque grande division de la science hypnotique du nom de l'homme qui, soit à titre d'inventeur ou de vulgarisateur, paraît en être le représentant historique le plus qualifié, j'ai uni le nom de Grimes à celui de Faria pour les faire collectivement les parrains de la science spéciale de l'hypnotisme psychologique ou idéoplastie, et de là le nom géminé de Fario-Grimisme.
Ne négligeons pas de faire ici une constatation importante, fort importante, pour Téclaircisscment du point d'histoire scientifique qui vient d'être brièvement examiné. C'est que, à en juger par le livre de Dods^ par les titres d'ouvrages spéciaux précités, et par mes lectures des feuilles américaines, ainsi que
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par mes conversations avec divers Américains touchant les arts occultes, le nom de Braid et son hypnotisme auraient été absolument inconnus aux Etats-Unis à l'époque de Tapparition de TElectrobiologie, ce qui tend très fort à établir qu'il n*y a pas de filiation réelle entre la découverte du chirurgien de Manchest^ et celle que nous attribuons au discutable « professeur Grimes ». En effet, le parallèle et Topposition sont continuels, dans les documents sus-indiqués, entre 1' € Electrobiologie » — désignée encore sous le nom de psychologie électrique et aussi de biologie et de psychologie tout court — et le « Mesmérisme » ou magnétisme animal. On ne rencontre jamais aucune allusion à un troisième congénère.
Et pourtant il est évident que la méthode de la soi-disant électrobiologie se confond avec celle de Braid pour moitié ; car son procédé de- fascination visuelle, qui joue chez elle un rôle principal, ne diffère au fond en rien de celui du braidisme, toute la différence consistant en ce que les électrobiologistes prétendent introduire dans le leur une action électrique, ce qui, bien examiné, ne me parait explicable que comme un stratagème pour donner le change sur la véritable action exercée. Ils emploient, en effet, un petit instrument de construction spéciale pour servir de point de mire dans la préparation faypotaxique; cet objet est une sorte de lentille de zinc de la grandeur d*une pièce d'un franc, avec un rivet de cuivre rouge formant son axe. Ce bouton bi-métallique est destiné à figurer un coupler voltaïque. Le point rouge central doit fixer la vue du sujet; mais le petit objet a en outre une autre vertu et une autre fonction. Etant placé dans le creux de la main, au-dessus d'un point précis par où passe le nerf médian, le bouton bi-métallique exerce sur ce nerf je ne sais quelle influence électrique, qui se propage jusqu'à Torgane phrénologique de Vindioidualité , lequel est le siège intime de la personnalité, etc., etc... I
C'est avec de telles billevesées que Dods ne craint pas d'expliquer l'usage de son bouton à deux métaux. Encore une fois, tout me porto à croire que l'électricité n'intervient en cette affaire que pour masquer la vraie et unique fonction du bouton.
qui est de servir de point de mire au sujet en expérience. Mais quoi! Uauteur lui-même^ dans un moment d'expansion^ ne nous fait-il pas l'aveu de cette pieuse fraude î
Voici sa confidence *: «. Après avoir décrit le bouton électromagnétique (sic)y que je regarde comme ce qu'il y de mieux pour produire le résultat cherché (l'état hypotaxique), et vous avoir instruits de la manière de l'employer, je désire maintenant vous apprendre que cet état peut être provoqué par d'autres substances. On peut l'obtenir en fixant les yeux sur un morceau de zinc seul, et en suivant les instructions données ci-dessus. On peut l'obtenir encore au moyen d'un morceau d'argent, de cuivre, de fer, de plomb ou tout autre métal. Et enfin il peut aussi être obtenu aoec un morceau de bois, ou toute autre matière. De plus, on peut arriver au même but par un simple isolement mental (mental abstraction). »
Le créateur de la méthode américaine aurait-il sciemment et sournoisement emprunté à Braid et à Faria leurs procédés respectifs pour en former un assemblage et un perfectionnement nouveaux, ou bien cette création est-elle entièrement originale et autochthone, et une preuve parmi tant d'autres de l'inépuisable fertilité du génie américain ? C'est encore là une question.
El maintenant j'ai hâte de déclarer que, quant à moi, je n'élève aucune prétention à l'invention ou au perfectionnement d'aucun deâ procédés constituant l'art /ario-grimique, tout en me disant combien l'ignorance et l'insouciance du public m'auraient rendu le plagiat facile si cette spécialité du vol, qui n'est peut-être pas la moins vilaine, eut été dans mes goûts. Mais en même temps je me targue de deux choses, dont l'une tout au moins ne peut soulever de contestation. Jusqu'à présent je me suis flatté d'avoir gravé mon nom sur les tablettes d'airain de la nouvelle science, d'abord, en me faisant son premier missionnaire et son premier champion dans l'Europe continentale, en combattant ses combats, à moi tout seul et contre tous, durant trente ans; ensuite, en lui donnant un corps, une synthèse, une constitution, au moyen d*une théorie hardiment originale et solidement scientifique.
Ces remarques ont un autre but que de faire mon panégyrique ; je les place ici à seule fin d'être une préface à la reproduction de la pièce suivante, que je considère comme un document historique digne d'être conservé. Il n'en existe, en effet, en ce moment, qu'un exemplaire unique, retrouvé par hasard dernièrement dans de vieux papiers de rebut. C'est le manifeste par lequel j*inaugurai mon apostolat électrobiologique sur le Continent, à mon arrivée d'Angleterre en Belgique. L'écrit n'est pas daté, mais il parut à Bruxelles dans les derniers jours du mois de décembre de l'année 1852. Je le reproduis ici in extenso et tel quel. On le trouvera lyrique et débordant d'un enthousiasme naïf, ridicule. O lecteur, soyez indulgent, l'auteur n'avait guère que vingt-cinq ans alors, et dans ce temps là nous ne savions pas encore être « fin de siècle », le siècle n'étant qu'à sa moitié.