I. INTRODUCTION. il
anUiropomarphe invisible , présidant à Tastre divin visible. En religion les noms, comme les autres choses, se maintiennent dans la tradition alors même qu'ils n expriment plus les mêmes notions. Aussi les Scythes, même après ce changement, ont-ils conservé à la divinité ainsi métamorphosée l'ancienne épithète traditionnelle de le plus rapide des dieux (Hérod. I, 216), laquelle, proprement, ne convenait plus au dieu anthropomorphe postérieur, comme elle avait convenu au Soleil zoomorphe primitif, considéré comme cheval ou coursier. C'est pourquoi les Scythes, comme les Hindous, les Perses, les Rhodiens, les Lacédémoniens, etc., continuèrent à consacrer au nouveau Dieu antftropofoorphe du soleil le cheval, le plus rapide des quadrupèdes, par la raison que cet animal était anciennement consacré à lancien dieu Soleil, zoomorphe, considéré autrefois lui-même comme cheval. C'était, en effet, au Dieu du soleil anthropomorphe qu'étaient consacrés les chevaux blancs que, du temps d'Hérodote, les Scythes entretenaient, pour le culte de cette divinité, dans les gras pâturages sur les bords du lac Hypanis (Hérod. IV, 52).
L'ancien dieu zoomorphe, le Soleil, étant devenu un dieu anthropomorphe f comme dieu présidant au disque du soleil, les Scythes chasseurs, pasteurs, et guerriers lui donnèrent des attributions kumainês, conformes à celles que comportait particulièrement leur genre de vie. Ils le considéraient, par conséquent, comme un dieu
chasseur ou pasteur, qui poussait {norr. veida, pousser, chasser, paître) devant lui, dans le ciel, considéré comme un vaste pâturage ou plaine, son troupeau ou son gibier céleste. Or, dans les idiomes soythes, vaita (génit. vaitu) signifiait j>â^ra^6 et citasse (norr. veida; ail. weidcy weidiverk)^ et sku/rus signifiait /rmwsaw*, prompt (polonais skory; norr. skiarr). C'est pourquoi les Scythes donnaient au Dieu du soleil, considéré comme héros-chasseur, le nom de Vaiturskurus (Prompt à la chasse). Des inscriptions scytho-grecques (Bœckh, Cod, inscriptj n° 6013) ont reproduit ce nom en grec par Oitoskuros, et Hérodote Ta rendu par Oitoswros (voy. Les Scythes y p. 36-41), attendu que la consonne chuintante sk était exprimée en grec, tantôt par sk, tantôt par s on z (cf. /Sikalmoskis et Zalmoski; /SAauromatai et /Sauromatai).
Plus tard les peuples scythes nomades, qui, dans Torigine, étaient principalement chasseurs, se dédoublèrent en peuples chasseurs et en peuples pasteurs. Comme le pasteur poussait devant lui, comme Ton disait, son troupeau, de la même manière que le chasseur poussait ou poursuivait le gibier, le nom de vaiia, par lequel on désignait la chasse, continua aussi à servir pour désigner le pâturage (ail. weide)\ et c'est pourquoi Tancien nom de Vaitu- skwrus, signifiant Prompt h la chausse, prit aussi la signification à! Alerte a pâturer.
Les Scythes, chasseurs et pasteurs, mais toujours